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Quatrième de couverture :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Voilà, nous sommes déjà le 4 avril et c’est mon premier billet de lecture pour ce Mois belge. Il me semble que d’habitude je suis un peu plus au taquet pour mettre en ligne un billet de lecture. En fait je suis assez motivée à lire, le confinement ne me dérange pas trop – il faut même dire que c’est Back up qui m’a bien mis le pied à l’étrier – mais la rédaction des avis laisse à désirer… Donc je pense que ces avis ne seront peut-être pas très longs…  Allez, c’est parti !

J’ai trouvé Back up à la bibliothèque (et c’est le confinement qui m’a permis de le lire à l’aise en dépassant la date de remise pour cause de fermeture des bibliothèques…). Autant le dire, retrouver Paul Colize dans ce titre a été un vrai coup de coeur !

L’histoire est palpitante, la construction narrative est éblouissante, la trame de fond (l’histoire du rock and roll, les années 60) est passionnante. Voilà. Carrément. (Je développe un peu quand même ?)

L’homme qui est renversé à la Gare du Midi et est atteint du syndrome d’enfermement revisite sa vie et dans le livre, s’entremêlent ses souvenirs, depuis son enfance jusqu’à son retour à Bruxelles la veille de son accident, en passant par Paris, Londres et Berlin, une vie marquée par la timidité, la fuite, les paradis artificiels mais surtout le rock – ses souvenirs donc (à la première personne, forcément), l’enquête et les soins qui lui sont apporté pour tenter de savoir qui il est et ce qui lui est arrivé – avec un kinésithérapeute dont tout le monde rêve – et aussi ses réactions face à ces recherches, réactions forcément intérieures puisqu’il est incapable de s’exprimer. Autant dire que ce mélange fait tourner les pages à toute vitesse, et quand on arrive à la fin, quand on croit que l’histoire est bouclée, Paul Colize continue à nous faire frissonner jusqu’à la dernière ligne, glaçante.

C’est vrai que ce qui est arrivé aux Pearl Harbor ou plutôt ce qu’on a fait d’eux fait froid dans le dos. Je ne vous en dirai rien, c’est le noeud du roman mais j’imagine que Paul Colize s’est documenté sur le sujet, sur cette forme de manipulation. Il aime aussi le rock, l’auteur, cela se sent, cela se déguste et vous pouvez en profiter grâce à la play-list abondante fournie dès le début du livre. Le titre lui-même a un lien avec ce monde musical, j’ai appris plein, plein de choses grâce à cette lecture.

Enfin, malgré le côté plus sombre de ce roman (par rapport aux deux que j’ai déjà lus, ici et ici), l’auteur réussit toujours à y glisser un grain de fantaisie avec la jovialité du kiné et les titres de chapitres constitués des derniers mots de ceux-ci.

Un coup de coeur donc. Qui m’a donné envie d’écouter les Beatles en montant le son à fond.

« J’ai jeté un coup d’œil à la pochette. La chanson titre s’intitulait Love Me Do. Le groupe , inconnu s’appelait The Beatles. Sur la photo, quatre types à l’air songeur posaient tels des quadruplés, deux assis, deux debout. Ils étaient vêtus du même costume gris souris et portaient une coupe de cheveux identique ; un montage capillaire qui ressemblait au balai à franges que ma mère utilisait pour laver le carrelage de la cuisine. J’ai mis le disque sur le plateau, j’ai posé l’aiguille et les anges sont descendus du ciel . »

Paul COLIZE, Back up, Folio policier, 2018 (1è édition : 2012)

Le Mois belge – Rendez-vous Polar