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Bonne fête de Pâques à tous et à toutes, même si cette année elle a une saveur très particulière. J’espère que vous avez l’occasion et le moyen d’être reliés à d’autres par la technologie.

Je me permets de remettre ici un poème que j’avais déjà proposé en avril 2017. Je suis « retombée dessus » en cherchant autre chose sur le blog et je le trouve vraiment et toujours d’actualité.

Je sais la mort, le vide, l’angoisse suante.
Je pourrais hurler au mal, à la nuit.
Crier le temps à l’œuvre en moi :
la lente corruption des sources,
la chair qui se défait
et le cœur qui s’effrite.
Les pans d’ombre dévorant le soleil
et la vie s’échappe et fuit par toutes les issues.
Les espoirs mort-nés,
les soifs mal étanchées.
Les folies douces et noires,
les suicides rêvés
et l’usure de l’être,
la solitude, le gel de l’âme,
les illusions fanées,
les amours avortées.

Je dis la beauté du monde toujours offerte,
là, sous mes doigts, sous mes yeux.
La joie pudique et la fête sans lendemain.
L’espérance apprise,
la sève obstinée,
la chanson patiente.
Les instants d’éternité et l’éternité entrevue.
L’aventure inouïe d’un réveil,
le jaillissement de la création
et l’invention de l’amour.
Le bonheur surpris et la mort apprivoisée.

Je ne maudirai pas les ténèbres,
je tiendrai haut la lampe.

Colette NYS-MASURE, La Vie à foison, éditions Foissart, 1975

Arbres du parc de mon école, que j’ai hâte de retrouver