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Quatrième de couverture :

Pete Miller, un jogger vieillissant, a été l’ami de Steve Prefontaine, une légende du demi-fond américain. Arrivé à l’âge de la retraite, il décide de raconter – avec pour toile de fond la participation des Nifty Tortoises, son équipe de vétérans, au célèbre Hood to Coast Relay et l’histoire des États-Unis des années cinquante à nos jours –, l’épopée sportive de celui que ses supporters surnommaient « Pre ». Un athlète qui professait une haute opinion de son sport : « Selon Steve, l’important n’était pas la victoire, mais la manière. Gagner une course en la gérant, restant prudemment derrière pour démarrer dans le dernier tour, c’était bon pour les poules mouillées, pour les comptables. Ce n’était pas ainsi que lui, Steve Prefontaine, voyait la course. “Et comment la vois-tu, la course, toi, Plouc, avait demandé Bowerman ? – Comme une œuvre d’art, coach ! Une œuvre d’art.” ».

Ce n’est pas la première fois que Daniel Charneux s’inspire d’un personnage bien réel pour écrire un de ses romans : dans Nuage et eau, il nous racontait l’histoire du moine bouddhiste Ryôkan. Ici c’est de l’athlète américain Steve Prefontaine (1951-1975) qu’il raconte le parcours : un coureur doué, obstiné, spécialisé dans les distances de 1500 à 10 000 mètres, qui a « profité » de ses études universitaires pour s’entraîner sérieusement et se faire connaître déjà au-delà de son état natal l’Oregon et des Etats-Unis et qui se préparait aux J.O. de Montréal quand il perdit brutalement la vie dans un accident de voiture. C’était un athlète particulier, qui préférait le style et le panache à la tactique  : faire la course en tête du début à la fin, c’était son idée, comme prouver qu’un coureur issu d’un milieu modeste pouvait se hisser au rang des grands (au prix d’un courage et d’un travail acharnés).

Daniel Charneux fait raconter ce destin par Pete Miller, un narrateur lui-même très amateur de jogging qui a été l’ami de celui qu’on appelait Pre. Veuf, vieillissant, Pete se souvient de celui qui a détenu de nombreux records des Etats-Unis au temps où il courait, mais aussi de sa propre femme morte d’un cancer et d’une course de relais ambitieuse à laquelle il a participé avec tout un groupe de copains quelques mois auparavant.

C’est donc un roman qui parle de course à pieds, de performances, d’ambition mais aussi d’amitié, de deuil, de résilience, de mémoire. Le tout dans la langue fluide et élégante de Daniel Charneux. Bon, je n’ai pas été aussi séduite que le moine Ryôkan (je ne suis définitivement pas sportive) mais j’ai passé un bon moment en compagnie de Steve et de Pre. En toile de fond, l’Amérique des droits civiques, de la guerre au Vietnam, les Jeux olympiques de Munich en 1972 avec l’attentat palestinien, entre autres. De plus, le profane comme moi apprendra quelques anecdotes intéressantes sur l’entraînement et l’équipement des coureurs à pieds.

Merci à Gérard Adam et aux éditions M.E.O. !

Daniel CHARNEUX, A propos de Pre, éditions M.E.O., 2020

Comme tout se passe dans l’Oregon, je peux inscrire ce roman dans le Mois américain.