Extrait du site de l’éditeur :

Au matin de Thanksgiving, on découvre dans le paisible petit village québecois de Three Pines le cadavre d’une vieille dame aimée de tous. L’inspecteur-chef Armand Gamache, de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête. Qui pourrait souhaiter la mort d’une vieille dame aussi gentille ? Le mystère s’épaissit à mesure que l’on met au jour des oeuvres d’art que la victime a longtemps gardées secrètes. Rustiques, primitives et troublantes, ces peintures touchent différemment tous ceux qui les voient… Le premier volet d’une série qui a reçu les récompenses les plus prestigieuses.

J’ai enfin fait connaissance avec l’inspecteur-chef Armand Gamache ! Depuis le temps que j’en entends parler ! Je me suis dit que ma semaine de congé se prêtait bien à cette première rencontre et celle-ci m’a bien plu. Je ne suis pas certaine qu’il soit nécessaire d’en dire plus sur le contenu (j’ai fini par avoir l’impression d’être la seule personne sur Terre à n’avoir jamais lu Louise Penny), alors je me contenterai d’évoquer mes impressions de lecture.

J’ai apprécié l’atmosphère « à la Barnaby » (pas autant de morts à l’épisode, tout de même, en tout cas dans celui-ci !). Une petite communauté avec son club de tir à l’arc, son petit bistro familial, son concours de peinture. Et soudain, le meurtre inattendu et inexplicable de la vieille institutrice retraitée.

J’ai aimé le sympathique duo Gamache-Beauvoir et cette insupportable nouvelle recrue imbue d’elle-même, Yvette Nichol (tellement à côté de ses pompes qu’elle en devient attachante).

Et puis, j’ai savouré la lecture de certains passages bien tournés, comme ceux-ci :

Chaque année, des chasseurs tiraient sur des vaches ou des chevaux, sur des chiens ou des chats, et les uns sur les autres. Incroyablement, il leur arrivait de se tirer eux-mêmes, peut-être au cours d’un épisode psychotique où ils se prenaient pour du gibier. Les gens intelligents savaient que certains chasseurs – pas tous, seulement quelques-uns – ont de la difficulté à distinguer un pin d’une perdrix ou d’une personne. (p.11)

Cela se produit trop souvent. Généralement, la mort vient la nuit, surprend une personne dans son sommeil, arrête son cœur ou la réveille par un chatouillement, l’amène à la salle de bains avec un mal de tête atroce et inonde son cerveau de sang. Elle attend dans les ruelles et les stations de métro. A la nuit tombante, des gardiens en blanc débranchent des appareils, et la mort est invitée dans une salle aseptisée.

Mais, à la campagne, la mort vient sans invitation, en plein jour. Elle prend des pêcheurs dans leurs chaloupes. Elle saisit des enfants par les chevilles tandis qu’ils nagent. En hiver, elles les appelle sur une pente trop abrupte pour leurs jambes balbutiantes et croise les extrémités de leurs skis. Elle attend sur la rive, là où il n’y a pas si longtemps la neige rencontrait la glace, mais où maintenant, à l’insu des yeux brillants, un peu d’eau touche la rive, et le patineur décrit des cercles un peu plus larges qu’il ne l’aurait voulu. La mort guette dans les bois avec un arc et une flèche, à l’aube et au crépuscule. En plein jour, elle fait sortir des voitures de la route, et les pneus glissent furieusement sur la glace, la neige ou les feuilles d’automne aux couleurs vives. (pp. 172-173)

Nature morte, Louise Penny, Actes Sud (Babel)