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Quatrième de couverture :

Comme chaque année début décembre, Benedikt se met en chemin avec ses deux fidèles compagnons, son chien Leó et son bélier Roc, avant que l’hiver ne s’abatte pour de bon sur les terres d’Islande. Ce qui compte avant tout pour ces trois arpenteurs au cœur simple, ce sont les moutons égarés qu’il faut ramener au bercail.
Ils avancent, toujours plus loin, de refuge en abri de fortune, dans ce royaume de neige où la terre et le ciel se confondent, avec pour seuls guides quelques rochers et les étoiles. En égaux ils partagent la couche et les vivres. Mais cette année, le blizzard furieux les prend en embuscade…

Comme tous les premiers dimanches de l’Avent, Benedikt se met en route avec le joyeux chien Leo et le paisible bélier Roc, le bien nommé. Cela fait vingt-sept ans que Benedikt part à la recherche des moutons égarés sur les hautes terres d’Islande, et lui-même a deux fois vingt-sept ans, tout un symbole. Symbole, au sens de « quelque chose qui relie, qui rassemble » tout comme cette amitié qui relie l’homme et ses animaux, qu’il considère comme ses égaux, comme ce souci de ramener les moutons perdus dans leurs troupeaux. Rien, à chaque fois, ne se passe jamais comme prévu, mais cette année, le goût pour la solitude de Benedikt est mis à rude épreuve par des fermiers qui l’accompagnent pendant un temps et son expédition enfin solitaire est soumise aux rigueurs d’un blizzard particulièrement fort. L’homme va devoir puiser dans ses ressources intérieures, sa connaissance de la montagne, ses refuges solides et la fidélité de ses animaux pour pouvoir revenir dans sa ferme.

C’est un tout petit texte (69 pages) paru en 1936, d’une grande richesse, empreint de simplicité, de dépouillement consenti, témoin d’une unité possible entre l’homme et la nature. La traduction participe au calme souverain qui émane de ces pages. A lire et à relire pour en goûter toute la beauté.

« Comme née de toute cette blancheur, sur laquelle se dessinaient les cercles noirs des cratères, et des piliers de lave grise comme des fantômes ça et là, une bénédiction semblait baigner ce dimanche dans les montagnes, étreignant presque le cœur; un grand calme solennel, aussi blanc que l’innocence, se levait des petites fermes éparpillées au loin, en contrebas, dont le feu des cheminées s’évanouissait dans une poussière de neige -une paix inconcevable, pleine d’une promesse insoupçonnée – l’Avent, l’Avent ! »

« Depuis des années, tous les trois étaient inséparables. Et cette connaissance profonde qui ne s’établit qu’entre espèces éloignées, ils l’avaient acquise les uns des autres. Jamais ils ne se portaient ombrage. Aucune envie, aucun désir ne venait s’immiscer entre eux. »

« Chaque homme vit sa vie de façon différente. Les uns parlent sans discontinuer. Les autres sont familiers du silence. Certains ont besoin d’être entourés d’autres hommes pour se sentir bien. D’autres ne sont eux-mêmes qu’en se retrouvant seuls, au moins de temps en temps. Benedikt n’était pas ennemi du genre humain. Mais il l’évitait pendant ses randonnées de l’Avent. Quand il était dans la montagne, il en faisait partie, d’une certaine façon. »

« Des rafales de vent, surgies de la nuit sombre, se précipitaient sur eux en tourbillons menaçants. Les gens qui marchent dans la nuit sont étrangement perdus l’un pour l’autre. Mais dans la montagne, le sentiment d’isolement prend un tour différent. Tant qu’on entend d’autres voix que la sienne, tant qu’on sent, près de soi, une respiration, le vide profond de l’univers, au ciel et sur la terre, ne vous étreint pas tout à fait de ce froid glacial, à la racine des cheveux. »

« Quand un homme se trouve dehors, par une telle nuit, loin de toute présence humaine, à des lieues de tout abri, entièrement abandonné à son propre jugement, il lui faut garder la tête froide. ne pas offrir la moindre fissure aux esprits de la tempête pas la moindre fente où la peur et l’hésitation puissent s’insinuer. C’est une question de vie et de mort. Du courage et un esprit indomptable. Ignorer le danger. Continuer. C’est aussi simple que ça. Du moins pour un homme comme Benedikt. « 

Gunnar GUNNARSON, Le Berger de l’Avent, traduit de l’islandais par Gérard Lemarquis et Maria S. Gunnarsdottir, Zulma poche, 2019

C’est chez Aifelle que j’avais découvert ce livre avec lequel je commence le défi Un hiver au chalet catégorie La chasse-galerie (conte) et le Cold Winter Challenge menu Magie de Noël catégorie Under the mistletoe (ce n’est pas du tout de la romance ni du feel good mais ça se passe en Avent et ça fait beaucoup de bien !)