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Quatrième de couverture :

Il y a trois ans, Madison Culver a disparu dans la forêt nationale de Shookum, Oregon. Elle aurait aujourd’hui huit ans. Certains que quelqu’un l’a enlevée, les Culver se tournent vers Naomi. Enquêtrice connue de la police comme « la femme qui retrouve les enfants », Naomi est leur dernier espoir. Elle comprend des êtres comme Madison parce qu’elle aussi a été portée disparue. Alors que Naomi suit la piste de l’enfant, les fragments d’un rêve sombre transpercent ses défenses, lui rappelant une perte terrible depuis longtemps refoulée.

Encore une lecture de saison (et décidément j’enchaîne les bonnes surprises en ce moment) avec ce roman à la fois policier et noir qui se passe en Oregon, un état immense du nord-ouest américain couvert de nombreuses forêts et dont le climat est particulièrement rude en hiver. Un pays de trappeurs et de forestiers aussi rudes que le temps.

C’est ici que Naomi, l’enquêtrice, « la femme qui retrouve les enfants », a ses racines, du moins sa famille adoptive et une amie très chère. Elle ne se lie pas avec grand monde, Naomi, elle n’accorde pas facilement sa confiance. On l’a appelée en désespoir de cause pour tenter de retrouver Madison, une petite fille de cinq ans disparue trois ans auparavant dans la forêt et dans la neige. Pour beaucoup de gens, il ne fait aucun doute que la gamine est morte de froid et qu’on ne retrouvera jamais son corps. Mais Naomi, à la fois réaliste et déterminée, se met sur la piste de la petite fille, qui adore les contes.

Bientôt, on demandera à la jeune femme de rechercher un autre enfant disparu dans la même petite ville, un bébé dont tout le monde croit que la mère, déficiente, l’a tué.

Parallèlement à l’enquête, le lecteur est transporté dans les rêves de Naomi, qui font peu à peu émerger un secret enfoui lié à sa propre disparition lorsqu’elle était enfant, dans la vie qu’elle a réappris à vivre à la ferme de Mrs Cottle, sa mère adoptive, avec Jerome, l’autre enfant adopté, et il est aussi amené à découvrir ce qui est arrivé à Madison depuis trois ans (et qui m’a un peu fait penser, à hauteur d’enfant, à Lettre à mon ravisseur).

Ces aller et retours entre passé et présent, rêve et réalité, ville et forêt, créent un rythme palpitant et ce roman, où la nature souvent hostile est omniprésente, est passionnant, les pages se tournent toutes seules. C’est à la fois sombre et lumineux grâce à la personnalité très attachante et mystérieuse de Naomi. J’ai hâte de connaître la suite (quand elle paraîtra en poche : La fille aux papillons), car on comprend bien à la fin que Naomi va partir sur les traces de son propre passé d’enfant enlevée et cela nous promet encore bien du suspense.

« Elle voyait de tout petits oiseaux à gorge rouge dans la neige. Elle entendait le bruit sonore du battement d’ailes d’un grand-duc dans les arbres noirs. Au-dessus de sa tête, des rapaces décrivaient des cercles, se déplaçaient si lentement qu’ils semblaient faire partie du ciel. A plusieurs reprises elle avait vu des aigles à la gorge aussi blanche que la neige en contrebas.
La forêt était vivante. »

« Parfois, au milieu des ténèbres, des éléments de la forêt venaient à elle. Des rameaux pénétraient son corps, s’insinuait en elle, dans les endroits les plus intimes. Son corps appartenait à la forêt et si, parfois, la forêt venait et s’insinuait en elle… c’était le prix à payer, non ?
A payer pour quoi? interrogeait son cœur.
A payer pour vivre, répondait son âme. »

« Longtemps elle avait pensé qu’il n’est pas de lieu sûr, même dans nos pensées. Même là, il peut exister des pierres. Au détour du chemin on peut trouver un secret qui moisit dans le noir tel un champignon vénéneux. Le rêve était tel un sombre démon qui traînait derrière lui des lambeaux du passé. Il était difficile de différencier ce qui était squelette qu’il fallait enterrer et trésor qu’il fallait révéler. »

« Tu dis ça pour que je t’accepte dans mon lit ? lui demanda-t-elle d’une voix débordant d’émotion.
– Non. » D’un ton affectueux.  » je dis ça pour que tu m’acceptes dans ton cœur. »

« Elle me dit que ce sont des gens comme nous qui sauveront le monde : ceux qui ont marché du côté du chagrin et qui ont vu l’aube. »

Rene DENFELD, Trouver l’enfant, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil, Rivages/Noir, 2020 (Rivages, 2019)

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