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Une mort pas très catholique par Dumont

Quatrième de couverture :

Un cadavre sur un lit derrière une porte fermée à clé de l’intérieur : classique. Dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve : plutôt inédit !
S’il y a meurtre, qui aurait tué ? Voleur dérangé ou tueur missionné ? Étudiant shooté ou sugar baby affolée ? Arpentant la ville piétonne, un flic retraité et un inspecteur débutant unissent leurs forces pour secouer les apparences…

Nous sommes à Louvain-la-Neuve, le siège de l’UCL, Université catholique de Louvain, d’où la boutade du titre sans doute. C’est aussi la ville où se sont installés les éditions Quadrature et Patrick Dupuis, qui s’est associé avec Agnès Dumont, une Liégeoise, pour ce polar à quatre mains.

La découverte suspecte ? Un homme trouvé mort et bien rangé au dessus de sa couette, trop bien rangé pour être honnête. Cela met la puce à l’oreille de René Staquet, un flic retraité qui arrondit ses fins de mois en étant gardien d’immeuble, et du jeune agent chargé des constats, Paul Ben Mimoun. Les deux hommes vont bien s’entendre et contre l’avis du supérieur de Paul qui voudrait classer l’affaire, ils vont profiter du week-end prolongé du 21 juillet pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Ils vont vite se rendre compte que le défunt, Pio Alessandri, n’était pas un saint : accointances avec la contrefaçon, goût prononcé pour les très jeunes femmes, entre autres. L’enquête va mener Paul et René sur les traces de l’associé du mort, de sa veuve soulagée de ne plus subir les pressions de son ex-mari, du médecin de son immeuble, d’une étudiante en journalisme qui défend les étudiants sans-papiers et fait un master sur les réseaux de sugar babies. Autant de suspects potentiels, autant de pistes que les deux policiers devront dénouer grâce à leur savoir-faire mais surtout grâce à la bonne vieille intuition qui vient à bout des mystères les plus opaques.

Ce duo d’enquêteurs est bien sympathique et on se plaît à arpenter les rues et les quartiers de Louvain-la-Neuve en leur compagnie. D’ailleurs la ville, vidée de ses étudiants en ce mois de juillet mais pas morte du tout, est un élément essentiel de ce roman rythmé, on aurait envie d’y vivre et de profiter de ses rues piétonnes, de ses cafés sympas et de ses coins de verdure autour du lac. La narration à quatre mains est fluide (je serais curieuse des secrets de fabrication entre Agnès Dumont et Patrick Dupuis), le final mouvementé à souhait et le tout est pimenté par une petite touche d’humour bienvenue. Encore une bonne pioche de la série Noir Corbeau !

Je ne vous propose que des extraits qui parlent de la ville et de son environnement :

« Paul ne connaissait pas encore très bien cette ville. Ici, tout se louait, et de plus en plus cher. Louvain-la-Neuve était victime de son succès. Et dire qu’à sa création, on parlait d’un campus en plein champ auquel on prédisait un avenir sombre et une mort rapide.

-On a vraiment dit cela ?

-Oui,  et bien plus encore. Louvain-la-Neuve, ville sans cimetière parce que sans vieux ; Louvain-la-Neuve, cour de récréation pour étudiants bourrés ; ville sans âme. Que sais-je encore… Ah oui, ville condamnée à terme parce que les piétons y sont prioritaire et les voitures reléguées au sous-sol, du moins dans le centre. » (p. 25)

« Le soleil qui inondait la cuisine, combiné à l’odeur du café en train de passer, lui remonta le moral. Après tout, il aimait conduire et le temps était beau. Il ne prendrait pas l’autoroute et accomplirait la trentaine de kilomètres qui le séparaient de la ville universitaire en musardant sur de petites routes de campagne. Une occasion qu’il saisissait de temps en temps, et qui lui faisait découvrir des coins charmants à deux pas de chez lui : lourdes fermes en carré typiques des paysages brabançons, placettes de village, paysages vallonnés, prairies grasses et champs de betteraves s’étendant à l’infini. Il ne fallait pas nécessairement aller au bout du monde pour l’admirer. » (p. 86)

« Paul n’aurait pas dû le lancer sur cette voie. Quand il s’agissait de défendre sa ville, Roger était intarissable. Il évoqua la circulation automobile en sous-sol dans le centre, les nombreuses voies piétonnes, la nature présente partout pour peu qu’on se donne la peine de s’aventurer dans les quartiers… » (p. 92)

Agnès DUMONT et Patrick DUPUIS, Une mort pas très catholique, Weyrich, Collection Noir Corbeau, 2020

Le Mois belge 2021 – catégories Noir Corbeau et Impressions nouvelles

Petit Bac 2021 – Adjectif