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Lucie Aubrac, résistante

Quatrième de couverture :

« Je voudrais vous parler d’une femme exceptionnelle qui, pendant la guerre, a fait preuve d’une force de caractère et d’un courage hors du commun. Elle s’appelait Lucie Aubrac. C’était ma femme. »
Septembre 1939. Après l’invasion de la Pologne par les troupes de Hitler, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. Lucie est professeure d’histoire et Raymond Samuel ingénieur.
Ensemble, ils vont s’engager dans la Résistance et lutter contre le nazisme ; ensemble ils combattront pour la liberté des hommes. Leur amour sera leur force.

Pour faire écho à Moi, Malala, j’ai sorti de la PAL un autre livre destiné aux jeunes lecteurs (ados) sur une femme remarquable et j’y ai appris beaucoup, une fois de plus ! De Lucie Aubrac, je ne connaissais que l’évasion audacieuse qu’elle organise pour son mari Raymond, arrêté en même temps que Jean Moulin à Caluire en juin 1943.

Dans ce livre, Philippe Nessmann se met justement dans la peau de Raymond Samuel, ingénieur des Ponts et Chaussées, pour raconter le destin de Lucie Bernard, d’origine modeste, professeure agrégée d’histoire, qu’il rencontre à Strasbourg en 1938 alors qu’il rentre d’un an aux Etats-Unis et qu’elle envisage de demander une bourse pour y aller elle aussi pendant une année. Ils sympathisent très vite, Lucie obtient sa bourse et est prête à embarquer pour les USA quand la guerre est déclarée en 1939. Elle renonce à partir et se débrouille pour revenir à Strasbourg, zone interdite aux civils (l’Alsace étant considérée comme la région qu’Hitler envahira quand il se décidera à combattre) et retrouver Raymond. Autant lui est pondéré, réfléchi, autant elle est vive, audacieuse, sportive et très intelligente.

Après la débâcle de l’armée française et l’armistice signé par Pétain en juin 1940, Raymond est fait prisonnier avec son régiment à Sarrebourg. Une première fois, Lucie le fera évader de ce camp de prisonniers avant qu’on le transfère en Allemagne. Le couple s’installe en zone sud, à Lyon, et, sous l’impulsion d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, s’engage très rapidement dans la Résistance. Au début leur rôle consiste surtout à diffuser des tracts et des journaux clandestins ; plus tard, Raymond deviendra avec Lucie le fondateur et le chef du réseau Libération-Sud, qui n’avait pas de branche armée. Fin 1942, suite à la victoire alliée en Afrique du nord, les Allemands occupent la zone libre de France, l’action de la Résistance devient d’autant plus risquée. Lucie est utile dans « un domaine dans lequel ses qualités firent particulièrement merveille : par son dynamisme, son tempérament bagarreur, son aptitude à monter des coups et son optimisme qui lui laissait croire que rien n’était impossible, elle devint une spécialiste des évasions. » Elle le sera une deuxième fois pour son mari quand celui-ci est arrêté le 15 mars 1943. Je ne vous raconte pas les détails si vous voulez découvrir cette histoire, mais sachez que Lucie va faire preuve d’une audace incroyable pour délivrer Raymond, et cela marche ! Le couple prendra quelques jours de vacances avec leur petit garçon Jean-Pierre avant de rentrer à Lyon, de reprendre ses activités militantes, de fusionner les mouvements de la zone sud à l’initiative de Jean Moulin et, alors que des têtes du mouvement tombent à Paris, d’organiser une réunion secrète – dont un des points serait de nommer Raymond inspecteur de la zone nord à Paris – chez le docteur Dugoujon à Caluire. On connaît la suite : sans doute sur dénonciation, l’arrestation de Jean Moulin, de Raymond Aubrac et de plusieurs autres, la détention au fort de Montluc (que j’ai eu l’occasion de visiter), les interrogatoires musclés… Lucie apprendra rapidement – de la bouche de Klaus Barbie lui-même – que Raymond a été identifié comme « terroriste » et sera exécuté. Avec un courage et un soin incroyables, elle organise et réussit la troisième évasion de son mari lors d’un des transferts entre la prison de Montluc et l’Ecole de Santé (là où étaient interrogés les résistants). Suivront plusieurs semaines de cache, de survie dans la montagne avant l’exfiltration en Angleterre, alors qu’elle est presque sur le point d’accoucher de leur deuxième enfant. Jusqu’à la libération de la France et de Paris…

Quelle personne extraordinaire que cette Lucie ! Sa personnalité solaire, équilibrée, courageuse, audacieuse, ses valeurs de liberté et de résistance, l’amour tellement fort qui unissait son couple, voilà ce que l’on peut retenir sans doute de cette femme. Le couple gardera le nom d’Aubrac après la guerre. Plusieurs écoles de France portent désormais son nom. A chaque début de chapitre, le contexte historique est précisé, avec la situation des combats, des zones nord et sud, l’évolution et la répression de la résistance. A la fin du livre des photos complètent le récit bien documenté de Philippe Nessmann.

Philippe NESSMANN, Lucie Aubrac résistante, Flammarion jeunesse, 2014

Petit Bac 2022 – Prénom 1