Pour terminer ma ligne belge du Petit Bac, fin avril, j’ai lu deux livres très différents… et tous deux des déceptions à des titres divers. J’ai hésité mais je me suis dit que j’en ferais quand même un billet.

Tout d’abord, j’ai lu l’avant-dernier roman de Valérie Cohen, auparavant éditée par Luce Wilquin en Belgique et maintenant éditée chez Flammarion en France. Une attachée de presse me l’a proposé en « envoi surprise » que j’ai accepté sans réfléchir.

Quatrième de couverture :

Joli brin de femme épanouie à la carrière radieuse, Emma semble avoir une vie toute tracée. Développer son entreprise de prêt-à-porter, cultiver ses amitiés, aimer paisiblement son mari et son fils.
Mais une fois par an, elle revient à ce jour, il y a vingt ans, où son amour de jeunesse l’a quittée. Quand elle apprend que cet homme est actif sur un site de rencontre pour personnes mariées, la tentation est grande de revisiter ses souvenirs.
Quelle trace laisse un premier amour ? Est-il possible d’apprivoiser le passé quand il s’immisce dans le présent ? Peut-on tourner la page sans renoncer à hier ?

Bon, je suis bien ennuyée mais comme Le hasard a un goût de cake au chocolat, je n’ai pas aimé ce roman, je l’ai même abandonné à la page 119/378. Je savais que Valérie Cohen a retrouvé un éditeur français, mais rien que la formulation de ce titre m’avait retenue. J’ai l’impression d’avoir lu un roman feel-good ou romance, je n’ai pas du tout l’habitude de ces genres (même pas des romans basés essentiellement sur une histoire d’amour) et mon avis sera sans doute lapidaire mais franchement, j’avais l’impression qu’à la page 119, on était toujours dans la présentation des personnages principaux, qu’il ne s’était encore rien passé de décisif. Le style m’a très vite lassée : on sait tout des moindres actions, du moindre détail physique des personnages avec pléthore d’adjectifs. Pas vraiment de place à l’imagination du lecteur, tout vous est servi sur un plateau… indigeste. Et bien sûr, on est dans le registre « gentil », avec plein de valeurs morales que je respecte infiniment, comme Valérie Cohen l’est dans la vie, mais… je préfère des personnages et des histoires plus rudes, avec des failles, des aspérités, des travers (qui, me semble-t-il, donnent des romans plus attrayants mais ce n’est que mon avis…). Pardon mais je crois que je vais en rester là…

Valérie COHEN, Depuis, mon coeur a un battement de retard, J’ai lu, 2022 (Flammarion, 2019)

Ensuite j’ai sorti un livre des éditions Esperluète parce que je n’en avais même pas lu pour le Mois belge. J’ai choisi le court texte (87 pages) de Véronika Mabardi, Pour ne plus jamais perdre, illustré par Alexandra Duprez. Ici aussi je vous copie la quatrième de couverture pour que vous ayez une idée du récit.

Quatrième de couverture :

bientôt tu tomberas, malgré la coquille et le nid. tu traîneras tes pieds dans les feuilles mortes, le long des trottoirs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de nuits, d’herbe
ni de cailloux.
tu apprendras la ville et la nuit, les hommes qui tendent des mains aux paumes crasseuses. tu liras dans ces lignes un poème, tu écouteras les rengaines et les rumeurs. penchée sur le rebord du pont, plus rien ne pourra te retenir. un abandon plus facile que les tempêtes.

Trois moments pour dérouler le temps et arpenter la mémoire : une femme nous emmène dans la maison d’une grand-mère, vers les sentiers au fond du jardin et là où tout se trouble. La marche et l’errance urbaine y réveillent le souvenir et dessinent un nouveau territoire à parcourir.

Texte de passage, de prise de conscience, de renoncement à un temps idéal qui passe par le deuil – pas seulement des proches, mais d’une idée du monde, d’une liberté de rêver. Une écriture puissante, à vif, qui nous entraîne là où le quotidien devient poésie, là où le souvenir tisse sa trame.

Ici mon sentiment principal est plutôt la perplexité : si j’ai compris le but de la première partie, je me suis perdue dans les deux suivantes. Il est question de deuil, et du coup la narratrice (je crois que c’est une ou non un narrateur) erre dans la ville en s’arrêtant devant des personnes marginales, des sans abri, des jeunes en décrochage, entre autres. Elle explore ainsi le sentiment de la perte. L’écriture est poétique mais elle s’est révélée opaque pour moi, tantôt des blocs de texte, tantôt des lignes plus épurées, sans aucune majuscule. J’avoue que cette lecture ne me laisse aucun souvenir… Ce texte est paru trois ans avant le premier roman de l’autrice, Les Cerfs, que j’avais beaucoup aimé. J’ai encore deux titres de Véronika Mabardi à lire et je ne me laisserai pas décourager par la déception présente !

Véronika MABARDI et Alexandra DUPREZ, Pour ne plus jamais perdre, Esperluète, 2011

Petit Bac 2022 – ligne Belge Ponctuation et Verbe