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Quatrième de couverture :

Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l’État le moins peuplé d’Amérique. Y découvrir le corps d’une jeune Asiatique étranglée est plus que déconcertant. Le coupable paraît tout désigné quand on trouve, à proximité, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n’est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite. D’autant que le sac de la victime contient une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à ses souvenirs de la guerre du Vietnam.

Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes dont les échos inattendus nous entraînent à un rythme haletant des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming.

Petit billet sur le Gallmeister du mois.

C’est la quatrième enquête du shérif Walt Longmire que je lis et j’ai trouvé celle-ci passionnante et attachante.

Enquête passionnante parce que le roman mêle deux époques et deux enquêtes de Walt Longmire dans un contexte historique sensible, celui de la guerre du Vietnam. Dès qu’on trouve le corps de la jeune Asiatique dans son comté, Walt reconnaît immédiatement une jeune Vietnamienne. La photo retrouvée dans le sac de la jeune femme renvoie le shérif en 1968 peu avant ce qu’on a appelé « l’offensive du Têt ». Walt était alors enquêteur pour les marines : ses investigations sur un très gros trafic de drogue lui font connaître une jeune prostituée que l’on retrouvera assassinée. Le jeune Walt n’échappera pas à l’enfer des combats pour résoudre ces énigmes. Cela nous permet donc de comprendre encore mieux le shérif dans son comté d’Absaroka et sa détermination à trouver le meurtrier de Ho Thi. Seul Henry Standing Bear, qui a lui aussi fait la guerre du Vietnam, est à même de comprendre les motivations profondes de Walt.

Enquête attachante pour cette amitié unique entre le shérif et « la Nation cheyenne », pour le souci que se fait Walt envers sa fille Cady, en pleine rééducation physique et mentale (voir L’Indien blanc) et pour le maelstrom sentimental dans lequel le secoue son adjointe Vic.

Et bien sûr, toujours autant d’humour, d’auto-dérision dans le chef de mon shérif préféré.

« La beauté, c’est le télépéage de la vie. Moi, j’avais la chance de pouvoir emprunter la bande d’arrêt d’urgence. »

« – Ta chemise aurait besoin d’être repassée, Walter.
Gêné, je lissai les poches de mon uniforme et essayai désespérément de me souvenir du nom de son mari.
– Oui, madame. Comment va George ?
– Il est mort.
Voilà ce qu’on gagne à demander des nouvelles de personnes âgées. »

« Il savait que nos chemins n’étaient pas si différents l’un de l’autre. Nous nous étions tous les deux enfuis le plus loin possible de la guerre, jusqu’aux franges de notre société, mais le Vietnam nous avait rattrapés..
Peut-être n’était-ce pas tant que nous étions hantés, mais c’était la manière dont nous choisissions de gérer ces échos dans notre vie et le moment que nous choisissions pour le faire qui faisaient de nous des êtres à part. peut-être que le combat que j’avais choisi de mener au Vietnam avait laissé des marques. C’était un héritage qui me liait plus fortement aux morts qu’aux vivants. C’était là, disait Ruby, mon défaut. »

« – Vic dit que la plupart des avantages à vivre dans le Wyoming sont inattendus.
– C’est une femme moderne et elle a de grandes attentes. »

Craig JOHNSON, Enfants de poussière, traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister Totem, 2014 (Gallmeister, 2012)

Un an avec Gallmeister – thème de novembre : On mène l’enquête

Petit Bac 2022 – Famille 4