Le Mois belge 2017 : les résultats du concours

Avec ce billet, le mois belge s’achève vraiment : voici les réponses aux questions et les résultats du tirage au sort. Dix personnes ont participé au concours.

Les réponses d’abord :

Comment s’appellent les enfants du couple royal belge ?

Elisabeth, Gabriel, Emmanuel, Eléonore

Quelle est la devise de la Belgique ? L’union fait la force

Quel est le point culminant de la Belgique ? Le Signal de Botrange (694 m)

Quelle est la longueur en kilomètres de la côte belge ?  66 km

Combien de costumes possède Manneken Pis ? 969 (fin avril) et même 970 depuis le 4 mai

Qu’est-ce qu’une babelutte ? Un caramel long aromatisé au miel ou à la vergeoise (créé à Furnes)

Citez les six bières trappistes belges.  Achel, Westmalle, West-Vleteren, Chimay, Orval, Rochefort

A quel instrument sera consacrée la session 2017 du Concours international Reine Elisabeth de Belgique ? Le violoncelle

Quels sont les prénoms de messieurs Galler et Marcolini, célèbres chocolatiers ? Jean et Pierre

Quelle maison d’édition belge se consacre exclusivement à la nouvelle ? Quadrature

Et maintenant… (roulement de tambour)… les résultats du tirage au sort :

Kathel gagne L’année dernière à Saint-Idesbald, de Jean Jauniaux.

Danny gagne Bruxelles à contre-jour, de Catherine Deschepper et Martine Henry.

Fanny gagne Nuage et eau suivi de Maman Jeanne, de Daniel Charneux.

Bravo à tous les trois ! Il vous reste à m’envoyer par mail vos coordonnées postales pour que les livres vous parviennent. (Pour rappel : adtraviata[@]gmail.com)

Encore un grand merci à tous et à toutes et à l’année prochaine !

Etranges étrangers

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Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes de pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés
Polaks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Beléares ou du cap Finistère
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Frejus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baihnez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoques chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boite de cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
départriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des hommes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez .

Jacques PREVERT (mort il y a quarante ans en avril 1977)

Les notes du jeudi : Anniversaire de Philippe Herreweghe

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Philippe Herreweghe a eu 70 ans ce 2 mai 2017. S’il a évolué du baroque vers la musique romantique et post-romantique avec l’Orchestre des Chaprs-ELysées qu’il a fondé, difficile d’oublier ses premières et le Collegium vocale de Gand qu’il a créé en 1970 alors qu’il était encore étudiant. Voici deux vidéos de l’Opus ultimum d’Heinrich Schütz. Bon anniversaire, Monsieur Herreweghe !

Le hasard a un goût de cake au chocolat

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Quatrième de couverture :

Le hasard existe-t-il ? Les coïncidences peuvent-elles avoir un sens ?
Impossible, vous dirait Roxanne. La charmante jeune femme vit aux côtés d’un compagnon peu loquace, d’une mère angoissée et d’une inséparable sœur. Lorsqu’elle reconnaît, sur un marché aux puces, une photographie de son arrière grand-oncle, ses certitudes sont ébranlées. Cette improbable rencontre la bouleverse.
Persuadée que les signes du destin guident ses pas, sa tante Adèle mettra tout en œuvre pour en convaincre sa protégée. Entre simples coïncidences et clins d’œil de l’existence, le quotidien tranquille de la jeune femme vacille…

Un roman plein d’humour et de tendresse sur les synchronicités et les hasards qui n’en sont peut-être pas. Un récit qui fait du bien, au cœur et à l’âme.

Bon, il me faut l’avouer et je ne ferai pas dans la guimauve : je n’ai pas aimé ce dernier roman de Valérie Cohen. Je suis un peu déçue, parce que j’avais beaucoup aimé Nos mémoires apprivoisées, mais je n’ai pas encore lu les romans intermédiaires, donc je ne jette certainement pas le bébé avec l’eau du bain !

Après avoir tout lu, je me suis dit que l’argument romanesque tenait vraiment à presque rien. J’attendais la révélation d’un secret de famille, de liens particuliers après cette découverte par Roxanne du portrait de son aïeul dans une brocante et la répétition insistante du fait que sa tante Adèle veut protéger ses petites-nièces jusqu’au bout. Finalement, la « révélation » des derniers chapitres est décevante. Toutes ces répétitions sur l’état d’esprit de chacune des femmes de cette famille à qui Valérie Cohen donne successivement la parole, sur les hasards de la vie auxquels on croit ou on ne croit pas, ce rythme leeent,  ce sentiment d’ennui qui m’a souvent prise (et pourtant le roman n’est pas long) : : tout ça pour ça ??  L’intérêt pour les hasards et les synchronicités, les romans étiquetés « feel good », déjà ça ne ma branche pas trop, mais si c’est creux, non merci. Même le style m’a paru mièvre et convenu…

Je suis désolée de ne pas avoir aimé…

Les premières lignes (déjà le coup des pieds gonflés, ça ne m’a pas plu…)

« « Tu es certaine que tu vas bien ? Chérie, regarde-moi. »
Certaines choses ne changeront donc jamais, soupire Adèle en ébauchant un sourire rassurant en direction de son époux. La couleur incertaine des yeux d’André, par exemple, lorsque l’inquiétude s’empare de lui. Ses prunelles vertes se voilent alors d’une nuance de gris, et elles lui font immanquablement penser à un océan avant la tempête. Adèle a toujours adoré l’océan, ses embruns et le bruit de ses colères. L’Atlantique, surtout. Peut-être, parce que c’est le seul dont elle a foulé les plages. Un peu de sable, recueilli dans une bouteille à sirop en verre, traîne depuis des années dans un tiroir de la cuisine. Elle ne sait qu’en faire et rechigne à le jeter. On ne se débarrasse pas si facilement d’un souvenir.
Consciente des regards trop appuyés du notaire et de son époux, Adèle repose le stylo avec délicatesse sur la table en verre. « Une ineptie, ce mobilier moderne », se dit-elle avec aigreur. La vue de ses pieds gonflés par la chaleur et sanglés dans des sandales ouvertes lui paraît éminemment intime, et elle replie, un peu plus encore, les jambes sous la chaise en cuir noir. Un décor minimaliste, savamment étudié pour ne pas laisser trop de place aux émotions. Une étude notariale, antichambre des événements marquants d’une existence, ne peut absorber qu’un quota limité de plaintes et de larmes. »

Valérie COHEN, Le hasard a un goût de cake au chocolat, Editions Luce Wilquin, 2017

Mon Mois belge 2017

Voilà le résultat de cette édition 2017, avec un bilan de 16 livres lus, tous genres confondus et une ambiance assez belgo-belge dans mes lectures : en effet, beaucoup des romans lus se passaient bien dans divers coins de Belgique ou se situaient dans un contexte historique bien belge.

J’ai d’abord lu sur la seconde guerre mondiale, entre collaboration et histoires de familles avec Outre-Mère (à Bruxelles), L’autre Simenon (à Liège notamment) et Nous voulons tous le paradis (du côté d’Hasselt), qui m’a emmenée naturellement vers l’histoire d’une Flamande dans Ana. Ensuite je me suis intéressée à des histoires de maisons avec En toute impunité, Aérer la maison, Villa Philadelphie (à Verviers), J’habite la maison de Louis Scutenaire (à Bruxelles). Je me suis encore baladée à la côte belge et à Bruges, même si l’accent côte belge était plus présent les années précédentes, avec… L’année dernière à Saint-Idesbald, Tremblée et Les masques de la nuit. Le Conseiller du roi se situait en pleine question royale et en Ardenne. Maman Jeanne était en service un peu partout en Belgique. C’est la BD qui m’a fait sortir des frontières avec Les chemins de Compostelle et Revoir Paris.

J’ai présenté des livres de « petites » maisons d’édition que j’aime, un premier roman, j’ai retrouvé des auteurs connus et aimés mais j’en ai découvert d’autres, j’ai essayé de varier les genres… et j’ai eu l’impression que ça passait très vite, j’ai rarement éprouvé un sentiment de « trop juste, trop court, je n’ai aucun billet d’avance, je n’arriverai pas à tout présenter de ce que je veux… » Bref, je suis très contente de cette quatrième édition. Si je me tiens à mon nouveau régime « ne pas se laisser submerger par les contraintes et la pression », il devrait y avoir une nouvelle édition en 2018 pour souffler cinq bougies !

Le Mois belge 2017 : bilan et concours

C’est l’heure du bilan de ce mois belge 2017 mais d’abord l’heure des mercis : merci à tous les participants  de cette quatrième édition, merci pour votre enthousiasme et pour toutes les découvertes faites grâce à vous. C’est ça aussi l’intérêt d’un mois tel que celui-ci : découvrir et partager grâce à l’éclectisme des uns et des autres.

Nous avons lu 48 romans, 16 polars ou thrillers, 6 recueils de nouvelles, 2 contes, 4 romans jeunesse et 3 albums jeunesse, 9 BD et 6 ouvrages de non-fiction. Enfin 5 billets poésie et 7 billets culturels ont été proposés. Il y a eu au moins deux billets par jour, sauf le samedi 22 avril (c’était le jour off et personne ne m’avait rien dit !) : pas mal, n’est-ce pas !

Il faut reconnaître que, dans les auteurs, Georges Simenon et Amélie Nothomb se taillent une place de choix, mais aussi Armel Job et Jacqueline Harpman, nos deux auteurs en rendez-vous les 11 et 18 avril. A ce propos, j’ai une petite question à vous poser, j’aimerais que vous y répondiez dans les commentaires de ce billet : préférez-vous un mois belge sans rendez-vous ou presque, comme cette année, ou souhaitez-vous qu’on les remette au goût du jour ? Et dans ce cas, quels seraient vos rendez-vous de prédilection (par exemple un classique, un Flamand, un auteur féminin, un jeunesse, …) ? (En précisant bien que les rendez-vous ne sont en aucun cas une obligation.)

Comme chaque année, ce mois belge se termine par un petit concours et des livres à gagner : Bruxelles à contrejour, des nouvelles écrites par Catherine Deschepper sur des photos de Martine Henry, offert par Quadrature (Mina et Anne L l’ont présenté ce mois-ci) – L’année dernière à Saint-Idesbald, nouvelles de Jean Jauniaux chez Weyrich (je vous en parlé le 17 avril) – Nuage et eau et Maman Jeanne, une édition spéciale des deux romans de Daniel Charneux, fraîchement sortie chez Espace Nord (je vous ai présenté le second vendredi dernier).

    

Pour gagner un de ces livres, répondez aux questions suivantes… (oui, c’est un melting-pot de géo, de bouffe et de royauté, mais il y a une question éditoriale, c’est culturel, non ?)

  1. Comment s’appellent les enfants du couple royal belge ?

2. Quelle est la devise de la Belgique ?

3. Quel est le point culminant de la Belgique ?

4. Quelle est la longueur en kilomètres de la côte belge ?

5. Combien de costumes possède Manneken Pis ?

6. Qu’est-ce qu’une babelutte ?

7. Citez les six bières trappistes belges.

8. A quel instrument sera consacrée la session 2017 du Concours international Reine Elisabeth de Belgique ?

9. Quels sont les prénoms de messieurs Galler et Marcolini, célèbres chocolatiers ?

10.Quelle maison d’édition belge se consacre exclusivement à la nouvelle ?

Quastion subsidiaire :

Combien y a-t-il de ministres en Belgique ? (Je blague, personne en Belgique ne connaît la réponse !) (J’ai emprunté la plaisanterie à Benjamin Deceuninck qui l’a posée à l’entraîneur des Diables rouges Martinez pour vérifier ses connaissances sur la Belgique)

Une fois que vous avez trouvé les réponses, vous me les envoyez par mail (et uniquement par mail) à l’adresse adtraviata[at]gmail.com et vous me précisez aussi pour quel(s) livre(s) vous jouez.

Vous avez jusqu’au mercredi 10 mai à 20h pour jouer. (Le concours est bien sûr réservé à ceux qui ont publié au moins un billet pendant ce mois belge 2017.)

J’espère que vous serez nombreux à jouer ! Amusez-vous bien et encore merci pour ce chouette mois belge.

Une fois, une seule fois…

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Une fois, une seule fois,

l’eau dans mes paumes, l’ombre du figuier

sur ma maison.

Une fois, une seule fois,

l’eau sur ma langue, l’éclat du soleil

entre mes doigts.

J’aurai vécu, quoi qu’il advienne,

ce moment d’air et de lumière,

cette plénitude de soif.

Liliane WOUTERS, Journal du scribe in Trois visages de l’écrit, Espace Nord, 2016

Hippolyte Boulenger, Approche de l’orage, 1871

Revoir Paris, tomes 1 et 2

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Présentation de l’éditeur :

Kârinh est née sur l’Arche, une colonie spatiale qui abrite des Terriens ayant fui leur planète rongée par les pollutions et le réchauffement climatique. Plusieurs décennies après cet exode, une expédition est envoyée sur Terre afin de déterminer si celle-ci est entre-temps redevenue habitable. Kârinh, qui a toujours rêvé de ce monde qu’elle n’a jamais vu, prend le commandement du Tube, un vieux vaisseau qui transporte une quinzaine de personnes en hibernation. Au terme d’un voyage éprouvant, la jeune femme part, seule, à la découverte de son Paris fantasmé et de ses origines.

Schuiten et Peeters laissent exceptionnellement leurs Cités obscures de côté pour un futur ancré dans le réel, sans pour autant abandonner l’hommage appuyé aux utopistes et visionnaires de la fin du XIXe siècle dont ils se sont fait une spécialité.

Présentation de l’éditeur :

Alors que Kârinh s’en était forgée une opinion idéalisée, sa découverte de la Ville Lumière se révèle vite décevante. Le centre historique de Paris a été enfermé sous un gigantesque dôme de verre. Vidée de ses habitants, la cité est devenue un musée pour touristes fortunés. Mais cet ilôt en apparence sécurisé échappe peu à peu au contrôle de ses créateurs. Les illégaux qui peuplent les nombreux squats de la ville vivent de trafics, tandis que le dôme protecteur est menacé par des attaques extérieures de plus en plus violentes.
Suite et fin du récit d’anticipation de Benoît Peeters et François Schuiten. Les deux auteurs livrent une réflexion pertinente sur le rôle et l’évolution de la ville, magnifiée par des planches en couleur directe particulièrement évocatrices.

Alors que le Mois belge s’achève demain, j’ai volontairement choisi ce titre pour mon dernier billet lecture de cette édition 2017 : il faudra bien progressivement passer à autre chose et retrouver d’autres littératures, d’autres univers…

Mon billet sera bref : j’ai aimé retrouver l’univers de Schuiten et Peeters dans son aspect formel, les planches tellement bien documentées, les architectures, les monuments de Paris, l’évolution du monde en 2156, les couleurs pastel, ces bleus ensorcelants, la technique hyper précise, mais… je n’ai pas bien compris le but de cette histoire en deux tomes et cela ne m’a pas beaucoup touchée (l’un expliquant sans doute l’autre ?) Revoir Paris balance entre récit de SF, à connotation post-apocalyptique, récit d’initiation, guide voyage intergalactique de Paris avec de légers accents steampunk… et ça rendrait le scénario confus s’il ne prenait pas bien son temps. J’ai donc admiré le dessin, j’ai lu l’histoire sans déplaisir mais sans être vraiment accrochée et sans vraiment m’émouvoir pour la quête de Kârinh… Dommage.

Benoît PEETERS (scénario) et François SCHUITEN (dessin), Revoir Paris – Tome 1, Casterman, 2014

Benoît PEETERS (scénario) et François SCHUITEN (dessin), Revoir Paris – Tome 2 La nuit des constellations, Casterman, 2014

(une des premières planches du tome 1)

(une des premières planches du tome 2)

Maman Jeanne

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Présentation de l’éditeur :

Jeanne la femme sans grâce, Jeanne qui a aimé d’un amour interdit, Jeanne qui a donné naissance à l’enfant du péché ne trouvera comme solution à son malheur que l’abandon. Elle s’abandonne elle-même. Elle s’offre à la folie.
L’auteur donne la parole à Jeanne, un siècle après. Rend la vie à celle qui n’a jamais vécu vraiment. Écrit pour la faire exister.

Après Nuage et eau, que j’avais beaucoup aimé, Daniel Charneux a publié ce très court et simple roman, pourtant d’une densité très touchante. C’est le roman d’une femme déshéritée, dépossédée du peu qu’elle a eu, et pendant si peu de temps : une enfant née d’un amour interdit, qu’elle croyait authentique. Une femme du siècle passé, d’avant la guerre de 14, d’abord soumise à son père puis à son premier mari, qui lui a donné trois garçons avant de mourir prématurément et d’obliger Jeanne à se mettre « en service » pour assurer la subsistance de ses enfants. C’est ainsi qu’elle est devenue bonne du curé. Un curé, c’est censé être juste, droit, sincère… Jeanne lui a fait confiance, elle lui a toujours été fidèle, même quand elle a dû quitter le presbytère…

Avec une grande économie de moyens, Daniel Charneux raconte l’histoire de cette femme simple, soumise aux hommes, à la religion, à une époque où les femmes avaient peu de droits et sûrement pas droit à la parole. Une femme dont la vie a été dure, d’ailleurs est-ce une vie, elle ne sait en parler qu’en mettant le mot en italiques. Une femme mise entre parenthèses, une femme effacée, oubliée. Ca m’est difficile d’en dire beaucoup, la fin est bouleversante, ce  roman m’a fait penser à Chercher Sam, de Sophie Bienvenu, ou encore Les Demeurées, de Jeanne Benameur, avec des différences, bien sûr. Il montre aussi l’étendue du talent et des centres d’intérêt de Daniel Charneux, et son regard plein de sensibilité sur le réel.

« Marguerite. Mar-gue-ri-te. Il faut que je l’articule, ce prénom, que je le mâche, que j’en imprègne mes joues, mon palais, pour me rappeler qu’elle a existé, qu’elle a trente-deux ans, qu’elle ne m’a jamais dit « maman ». Camille m’a dit. A son mari, à son fils, jamais elle ne parle de moi. Elle serre les lèvres, elle crispe les mains. Personne ne prononce plus le nom de Jeanne. Jamais. » (p. 19)

Daniel CHARNEUX, Maman Jeanne, Editions Luce Wilquin, 2009

Et un de plus pour les 30 ans des éditions Luce Wilquin

Les notes du jeudi : Interprètes belges (4)

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Pour ce dernier jeudi d’avril, je vous propose de méditer avec Liszt et un jeune pianiste belge, Julien Libeer (il n’a que 30 ans)  qui a été élève de Daniel Blumenthal au Concervatoire de Bruxelles et de Maria Joao Pires à la Chapelle musicale (une haute école de musique voulue par la reine Elisabeth – oui, celle du Concours -, nichée dans la forêt de Soignes, à Argenteuil) dont il est maintenant artiste associé. Il joue souvent de la musique de chambre avec Franck Braley, Augustin Dumay, Camille Thomas ou encore le violoniste belge Lorenzo Gatto avec qui il a enregistré l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven (très remarquée par la critique).

Bénédiction de Dieu dans la solitude, c’est le titre de cette pièce de Liszt ; la vidéo est extraite d’un portrait de Julien Libeer « Technique doesn’t exist », visible sur Youtube.