A qui se fier ?

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Quatrième de couverture :

« Elise s’était contentée d’un sourire affectueux. Son grand avait toujours été ainsi : il se méfiait de tout et de tout le monde, et qu’est-ce que cela lui rapportait au bout du compte ? Des aigreurs d’estomac ou des migraines. Maux dont elle-même, heureuse nature, était le plus souvent dispensée. »

Qui sommes-nous ? Qui sont ceux qui nous entourent et que nous croyons connaître ? Nous portons un masque et les autres aussi. Mais ces masques ne sont-ils pas tout aussi vrais que ce qu’ils prétendent dissimuler ?

Plusieurs nouvelles de ce recueil ont été publiées auparavant dans des éditions collectives ou en plaquette individuelle. Du coup, j’imagine qu’il y a eu une belle collaboration entre l’auteure et l’éditeur pour nous proposer ensemble ces douze nouvelles qui, effectivement, ont toutes pour thème la trahison des apparences, les masques que l’on peut se fabriquer ou ceux auxquels croient nos proches, nos amis, nos relations. Elles ont toutes aussi un petit lien avec la ville de Liège mais il n’est pas du tout nécessaire de connaître celle-ci pour les apprécier.

Que ce soit une prof ancienne engagée humanitaire (Nous, c’est pas pareil), un ado cachottier (A qui se fier ?), une jeune couple en vacances au Portugal (Cent cinquante grammes de Christophe Colomb), un papa chargé de ramener des livres de la bibliothèque (Contre une armée de Vikings) ou encore une mère célibataire (Le coeur allègre pour d’autres péchés) pour n’en citer que quelques-uns, tous ces personnages ont quelque chose à cacher ou se croient indétectables au détecteur à mensonges ou se voient atteints par des révélations surprenantes (ou le tout à la fois). Et ce ne sont pas des situations extraordinaires : c’est un quotidien apparemment assez banal qu’observe Agnès Dumont. En quelques lignes, grâce à des détails bien ficelés, elle campe une ambiance, dessine un personnage et… l’ombre de ses doutes. Vous aurez remarqué que certains titres de nouvelles sont assez savoureux : certains sont empruntés à des citations ou à un titre de chanson, tous notés en épigraphe, et traduisent l’humour discret d’Agnès Dumont, présent dans toutes les nouvelles et un poil vachard.

« Il ne se sentait pas le courage de l’appeler sur le champ. D’entendre sa douce voix lui égrener des paroles de réconfort. C’était à lui de la réconforter, merde ! Cette seule pensée amena un nouveau martèlement sur le volant. Avant qu’il ne mette le contact et enclenche la première. Quelle que soit l’ampleur du drame dans sa vie, il y avait toujours, semblait-il, un moment où il enclenchait la première, où il repartait comme si de rien n’était. Ce constat finit de l’accabler. » (p. 33, Au mépris des sémaphores)

Quand je relis mon avis sur un recueil précédent (Demain, je franchis la frontière), je me rends compte à quel point j’ai préféré celui-ci et ça tombe bien, ma foi ! Ce livre, offert par Quadrature, sera à gagner à la fin du Mois belge… 😉

Agnès DUMONT, A qui se fier ?, Quadrature, 2018

RDV Nouvelles ce lundi

Une participation à La bonne nouvelle du lundi

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Qu’est-ce que je fais ici ?

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Qu’est-ce que je fais ici ?
J’appelle.
J’appelle.
J’appelle.
Je ne sais qui j’appelle.
Qui j’appelle ne sait pas.
J’appelle quelqu’un de faible,
quelqu’un de brisé,
quelqu’un de fier que rien n’a pu briser.
J’appelle.
J’appelle quelqu’un de là-bas,
quelqu’un au loin perdu,
quelqu’un d’un autre monde.
(C’était donc tout mensonge, ma solidité ?)
J’appelle.
Devant cet instrument si clair,
ce n’est pas comme ce serait avec ma voix sourde.
Devant cet instrument chantant qui ne me juge pas,
qui ne m’observe pas,
perdant toute honte, j’appelle,
j’appelle,
j’appelle du fond de la tombe de mon enfance
qui boude et se contracte encore,
du fond de mon désert présent,
j’appelle,
j’appelle.
L’appel m’étonne moi-même.
Quoique ce soit tard, j’appelle.
Pour crever mon plafond sans doute surtout
j’appelle.

Henri MICHAUX (1899-1984), Passages,L’Imaginaire, Gallimard, 1998

Poème trouvé chez Schabrières

Un parfum d’amertume

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Quatrième de couverture :

« Le cadavre gisait dans une mare de sang. »
Antoine Lagarde déteste ce genre de cliché, mais il lui faut l’admettre : celui de son père gît à ses pieds, dans une mare de sang. Un père veuf, cafardeux, hypocondriaque, mais sans histoire. Du moins le croyait-il avant de découvrir sur les lieux du crime un indice négligé par la police : une simple carte à jouer, un valet de pique, ou plutôt le premier jalon qui mènera ce bussinessman bien sous tous rapports, fin nez et homme à femmes, dans un jeu de pistes sanglant dont il ignore les règles.

Ce roman est le tout premier écrit par Paul Colize, autoédité d’abord en 2003 sous forme dactylographiée et sous le titre Quatre valets et une dame puis publié en 2010 aux éditions Krakoen sous le titre Le valet de coeur. Son éditrice actuelle ne souhaitant pas laisser croupir ce roman, Paul Colize a remanié le texte pour le voir publié en poche chez Pocket avec un titre qui rend justice au nez particulièrement développé de son personnage principal : Un parfum d’amertume. Chacun des titres a un lien évident avec le roman et c’est assez intéressant, cette succession d’éditions et de titres.

C’est drôle, j’ai facilement imaginé Paul Colize  dans la peau d’Antoine Lagarde : l’auteur est grand, mince, les yeux bleus, une grande classe à mon humble avis et un humour narquois quand on le rencontre en dédicace. Bon, la comparaison s’arrête là évidemment : Antoine est directeur d’une agence de consultants, divorcé, la garde de son fils Jérôme est l’objet de batailles feutrées mais acérées avec son ex-femme. Et le voilà confronté au meurtre sanglant de son père. Un seul indice oublié par la police, qui n’a aucune piste : une carte à jouer, le valet de pique, marqué de quelques lettres mystérieuses. D’autres cartes suivront et d’autres crimes, qui se révéleront faire partie d’une machination dont Antoine est le centre. Son goût pour les femmes va le mettre en contact avec une journaliste sulfureuse qui le mettra sur des pistes très intéressantes… de plus en plus périlleuses… (et quelques scènes torrides). Je n’irai pas plus loin, je ne vous mettrai évidemment pas complètement au parfum 😉

J’ai apprécié le rythme du récit, les chapitres courts s’enchaînent rapidement, révélant leur lot d’indices, de questions, de doutes, de peurs, de fausses pistes aussi. Tout cela est dépaysant puisque nous voyageons de Paris à Bruxelles, en passant par Strasbourg, la Slovénie et Caracas. A priori je ne trouverais pas Antoine Lagarde très sympa si je le rencontrais dans la vraie vie mais comme il est le narrateur de ce roman et qu’il ne cache aucun de ses états d’âme, qu’il les raconte même avec une pointe de cynisme tout à fait délectable tout en gardant sa sensibilité, je l’ai forcément apprécié. Pour un premier roman, il faut avouer que c’est bluffant de maîtrise…

Et voilà, j’ai enfin  lu Paul Colize !

« En général, dans les romans policiers, le héros mène l’enquête, page après page. Il fait les recoupements, à force de logique, de déductions, de méthode.
Dans mon cas, c’est l’inverse. Je reçois les indices sur un plateau. Il ne me reste plus qu’à suivre les pistes, comme le Petit Poucet. »

« Un grouillement de piétons gesticule sous la pluie. L’air respire le kérosène et la végétation humide. Caracas est une station-service construite dans une serre. »

Paul COLIZE, Un parfum d’amertume, Pocket, 2016

 RDV Paul Colize    

Les notes du jeudi : Anniversaires belges (1) Ensemble Oxalys

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En ce cinquième Mois belge, je vous proposerai des anniversaires divers dans le monde musical belge.

Aujourd’hui fêtons les 25 ans de l’Ensemble Oxalys, un groupe né d’un projet d’étudiants du Conservatoire de Bruxelles en 1993. Les neuf fondateurs sont encore presque tous présents aujourd’hui. Oxalys est un ensemble à géométrie variable, marqué par l’éclectisme (de Haydn et Mozart à la musique contemporaine), où il n’y a pas de chef et où chacun s’exprime dans sa propre langues.

Voici Oxalys dans des mélodies de Joseph Jongen (compositeur et organiste belge 1873-1953) et dans Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy (dont on a aussi célébré l’anniversaire de sa mort il y a 100 ans le 25 mars 1918).

Le site d’Oxalys

Apprendre à lire

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Quatrième de couverture :

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition  : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires  : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

Sébastien Ministru, auteur et acteur de théâtre, chroniqueur de radio, ajoute une corde à son arc en écrivant ce premier roman, sans doute un peu inspiré de ses origines sardes et de son vécu personnel, mais qui est bien une fiction. Son idée d’introduire un personnage de jeune prostitué pour apprendre à lire au père du narrateur est pour le moins originale. Il me faut avouer que j’ai bien aimé ce roman mais que je ne sais trop comment en parler…

J’ai aimé comment, au fur et à mesure que le vieil homme apprend à déchiffrer les mots, les phrases, son histoire et celle de son fils remontent à la surface alors que les deux hommes se sont éloignés l’un de l’autre par la difficulté, voire l’impossibilité de communiquer, par les non-dits, par le ressentiment. Ces souvenirs sont touchants, bien que ni le père ni le fils ne soient spécialement sympathiques : le vieux est acariâtre, indélicat, le fils est souvent cynique. C’est l’introduction du troisième personnage, le jeune homme qui se prostitue pour améliorer ses fins de mois tout en poursuivant ses études d’instituteur, qui fait évidemment bouger les lignes. Parallèlement le couple que forment Antoine (le narrateur)  et Alex évolue lui aussi. On sent bien l’influence du théâtre, milieu « naturel » de Sébastien Ministru, à travers ce procédé du triangle de personnages et à travers les dialogues incisifs. Mais il s’agit bien d’un roman, mené jusqu’à une fin qui le clôt élégamment. Il m’a manqué un peu d’émotion pour être vraiment emportée par ce premier roman mais ne manquez pas cette lecture fine et lucide, sans concessions.

« Sa vie et ses premières années passées à avoir peur seul dans la montagne n’avaient forcément rien d’héroïque, rien qui mérite qu’on puise la matière à construire un roman. Au plus profond de moi, je pensais que mon père ne pouvait pas intéresser les livres. »

Sébastien MINISTRU, Apprendre à lire, Collection Le courage, Grasset, 2018

C’est une lecture commune avec Marilyne – et mon quatrième billet qui commence par A 😉 Lisez aussi l’avis de Laeti.

   

 

 

A la recherche de Marie

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Quatrième de couverture :

Mariée depuis six ans à Jean, Marie considère son existence comme heureuse. Et pourtant… le bonheur n’est-il qu’une douce routine baignée d’ennui et de vide ? Marie prend soin de Jean comme si elle était sa mère, Jean lui parle comme à une enfant. Est-elle encore femme ? Oui, elle l’est tout à coup, pour un autre qui enflamme son désir, un tout jeune homme qui lui a demandé “Vous aimez l’aventure ?” et qui lui laisse son numéro de téléphone. Marie, cette eau qui dort, rêve de tempêtes. Marie la patiente, la silencieuse, ouvre les yeux et se rend disponible au monde. Histoire d’un voyage introspectif et d’un retour à la lumière, A la recherche de Marie évoque les tourments de l’âme et du coeur avec une sensualité fraîche pleine de pudeur. Dans une langue épurée, légère et précise, Madeleine Bourdouxhe célèbre l’écoute intime et l’émancipation des prisons bâties par la tradition, la famille, l’habitude – et par soi-même.

Pour ce rendez-vous classique belge, je retrouve la plume de ma chère Madeleine Bourdouxhe dans un roman intime, délicat et épuré.

Le lecteur accompagne cette jeune femme de ses vacances à la plage à ses longues promenades dans Paris en passant par des parenthèses en train. La remise en question de Marie, son retour à elle-même telle qu’elle était à 17-18 ans, à une certaine forme de virginité,  passe par le déplacement, le mouvement, métaphore du voyage intime. A travers la quête de Marie, se dessine l’histoire d’une femme façonnée par son éducation, par son milieu, par l’image qu’elle renvoie aux autres, son mari, ses parents, sa soeur, ses relations, image dont tout le monde croit qu’elle est la vraie Marie mais qui, finalement, ne correspond en rien aux désirs de Marie : désirs du corps, de l’esprit, désir de vie, de souffle.  

Ce roman, c’est l’histoire très simple (en apparence)  d’une conquête, celle de la liberté intérieure d’une jeune femme qui parvient à accueillir avec calme toutes les relations qui s’offrent à elle, qui leur donne leur juste place et s’ajuste donc à elles, que ce soit amour, amitié, amitié amoureuse, amour des parents, de la soeur… Elle réussit ainsi à préserver son jardin secret, ses désirs profonds, tout en gardant un coeur vibrant, ouvert.

C’est, me semble-t-il, une forme d’ascèse de la relation que nous conte Madeleine Bourdouxhe et elle le fait d’une plume délicate, précise et raffinée. La finesse de ce portrait de femme tout en retenue, où les paysages accompagnent les émotions humaines, m’a une fois de plus séduite. Il me faudra désormais m’intéresser aux nouvelles de l’auteure, puisque j’ai maintenant lu tous ses romans…

« Octobre fut beau, d’une température égale, chacun e ses jours éclairé d’un soleil pâle. Il y avait dans l’air une mort paisible, sans heurt : les arbres de Paris se défeuillaient doucement.

Il n’y avait en Marie ni enthousiasme, ni haine, ni détresse. Pas d’indifférence non plus. Mais plutôt comme une paix farouche. Si elle éprouvait un désir, c’était celui d’être un homme qui marche sur une route, couche et mange au hasard, s’assied sur un ta de pierres et coupe son pain avec un canif. Si elle éprouvait une joie, c’était l’étrange et  dure jouissance de la disponibilité. Elle marchait d’un pas sûr, les yeux lucides, la tête haute – beaucoup trop haute. Et la saisons de l’année mourait trop tendrement pour la saison du coeur, qui, au souvenir d’une nuit, se marquait d’une fulguration, clarté trop crue, presque froide. » (p. 75)

Madeleine BOURDOUXHE, A la recherche de Marie, Actes Sud, 2009

Le roman a été publié pour la première fois en 1943, ce qui en fait donc bien un classique pour le rendez-vous de ce jour.

A propos de Madeleine Bourdouxhe (sur le site d’Actes Sud qui fête ses 40 ans cette année) :

Née à Liège en 1906, Madeleine Bourdouxhe a fait des études de philosophie à Bruxelles. Résistante lors de la Seconde Guerre mondiale, elle refusa de publier ses nou velles chez les éditeurs parisiens contrôlés par les Allemands. Secrétaire perpétuelle de la Libre Académie de Belgique à partir de 1964, elle est décédée en 1996. Actes Sud a publié deux autres de ses livres : le roman La Femme de Gilles (2004), traduit dans le monde entier et adapté au cinéma par Frédéric Fonteyne, et le recueil de nouvelles Les Jours de la femme Louise (Babel n° 950).

  

Adrienne ne m’a pas écrit

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Quatrième de couverture :

Je ne vous ai vue qu’une seule fois, Adrienne, au hasard d’une rencontre mondaine après l’un de mes concerts. […] Non, je ne me souviens pas vraiment de votre visage.
De votre voix, oui.
Je me souviens que vous n’êtes pas très jeune, pas très belle, mais il me semble que personne, jamais, n’a compris ma musique comme vous l’aviez comprise, ce soir-là.

Des vies meurtries
La puissance de la musique
Un amour purement épistolaire qui se concrétisera enfin par-delà les peurs et les pudeurs.

Il est pianiste, il joue dans les salles du monde entier. Il est marié, son fils a disparu, le chagrin a dévasté son couple. Elle est retraitée de l’enseignement, veuve, elle mène une vis simple, elle a un fils parti vivre aux Etats-Unis. La vie ne les a épargnés ni l’un ni l’autre. Ils ne se sont rencontrés qu’une fois, à l’issue d’un concert à Berne. mais ils se rejoignent désormais tous les jours par les mots, par les mails échangés et une compréhension réciproque unique qui se mue en un sentiment qu’ils sont incapables de nommer. Alors elle a quitté sa maison près de la frontière française et elle est partie marcher seule sur les sentiers de la Côte d’Opale, alors qu’il va venir jouer à Bruxelles et qu’il espère enfin la rencontrer à nouveau.

Je me rends compte que ce résumé peut paraître nunuche mais je vous assure qu’il n’en est rien. Parce que c’est Michelle Fourez qui écrit et qu’elle le fait avec sa délicatesse coutumière, sa finesse, sa simplicité et son bon sens campagnard. Elle se glisse tour à tour dans la tête, dans le coeur d’Adrienne et de Friedrich, les aidant à révéler petit à petit les douleurs de leur vie, leurs doutes, leurs désirs. Sa plume est douce, fraîche, nourrie de références poétiques et romanesques, musicales aussi puisque Friedrich joue Rachmaninov, Prokofiev et qu’Adrienne s’essaye au piano en amateur (une autre forme d’amour). J’ai l’impression que Michelle Fourez a semé de nombreux petits cailloux personnels dans ce court roman rempli de mots, de musique, de mer, de résilience, de re-connaissance, et même d’un petit chat qui clôt le livre avec tendresse.

Je suis heureuse de commencer ce Mois belge par un coup de coeur.

« Quelques phrases qui disent combien Adrienne (et donc Michelle Fourez) aime la vie dans ce qu’elle a de simple et beau :

« J’ouvre la fenêtre donnant sur le jardin, je rends grâce à la vie d’être là, face à la beauté du monde. » (p. 27)

« Je me lave les cheveux, me douche longuement, bois l’eau tiède à même le pommeau de la douche. Je ris. Je donne en offrande à la vie la fatigue de ce jour, la beauté des chemins parcourus, le chant de l’alouette. » (p. 46)

« Etrangement, mon sac ne me pèse pas. Je marche l’âme légère, le pas léger. La mer est proche et tranquille. Alouettes, bruants des roseaux, paons du jour. 

Et c’est la joie qui me saisit, une joie inattendue. Je marche vers les vagues par des chemins solitaires o chaque pas est un bonheur, une jouissance.

Soudain, le foisonnement rouge d’un champ de coquelicots. » (p. 54)

« J’ai juste envie que la maison ‘enveloppe, envie du silence de la maison, envie que le chat heureux de mon retour frôle mes chevilles, me mordille les jambes. » (p. 67)

Michelle FOUREZ, Adrienne ne m’a pas écrit, Editions Luce Wilquin, 2015

 Prénom  

Anne au village

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Anne cherchait les escargots

au creux des buis

Elle savait l’ondée furtive

les voiliers tentés de fleurir

l’odeur aiguë de la jeune herbe

Elle savait qu’à la cuisine

grand-mère pétrissait la pâte

qui deviendrait le rayonnant gâteau

Elle savait le ciel de Pâques

en train de raviver son bleu

Et les cloches, les cloches, les cloches

qui saluaient l’invitée

Anne-Marie KEGELS, Almanach de la Poésie, Editions Ouvrières, Dessain et Tolra

Petit poème pour un jour de Pâques, pour honorer ce rendez-vous Poésie du Mois belge qui commence aujourd’hui et pour que ce billet corresponde aux trois premiers livres que je vous présente cette semaine et qui commencent tous par la lettre A 😉

Le Mois belge 2018 : le billet récapitulatif

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C’est ici, dans les commentaires,  que vous pouvez déposer, dès ce 1e avril, vos liens tout au long de ce mois belge… surtout si vous n’avez pas de compte Facebook. Si vous en avez un, je préfère que vous les déposiez sur le document FB épinglé en tête de page.

Bon Mois belge !

Comme l’année dernière, je reprends vos liens en les classant par genres et par ordre alphabétique d’auteurs (pour éviter le bête copié-collé du document FB).

Romans

New Yorh, 24h chrono, de Nicolas Ancion – Argali

De Cendres et de Fumées de Philippe Blasband – Anne

A la recherche de Marie, de Madeleine Bourdouxhe – Anne

La femme de Gilles de Madeleine Bourdouxhe – lcath

Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci – Larie, Marilyne

Eviter les péages de Jérôme Colin – Danny

Le champ de bataille, de Jérôme Colin – Danny

Ring Est d’Isabelle Corlier – Nathalie

Robinson de Laurent Demoulin – Lili, Nathalie

Fromage de Willem Elsschot – Fanja

Mon voisin, c’est quelqu’un de Vincent Engel – Argali

Adrienne ne m’a pas écrit, de Michelle Fourez – Anne

Le couteau de Jenufa de Xavier Hanotte – Keisha

En toute impunité, de Jacqueline Harpman – Ellettres

Une femme que j’aimais, d’Armel Job – Florence

Le Jour du chien de Caroline Lamarche – Anne

Les passagers du siècle de Viktor Lazlo – Nathalie

Apprendre à Lire de Sébastien Ministru – Marilyne, Anne

Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb – Lou

Les Déraisons de Odile d’Oultremont – Anne L

Excusez les fautes du copiste de Grégoire Polet – Eimelle

L’affaire Mayerling de Bernard Quiriny – Kathel

Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur, de Patrick Roegiers – Danny

Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran d’Eric-Emmanuel Schmitt – Carnet de lecture

Le petit Saint de Georges Simenon – Kathel

Un monde sur mesure de Nathalie Skowronek – Nathalie

Pitié pour le mal Bernard Tirtiaux – lcath

 

Polars, romans noirs, thrillers

La quatrième forme de Satan de Pieter Aspe – Anne

Le carré de la vengeance de Pieter Aspe – Keisha

Concerto pour quatre mains de Paul Colize – Marilyne

Un long moment de silence de Paul Colize – Fanja

Un parfum d’amertume de Paul Colize – Anne L, Anne

Le chien jaune de Georges Simenon – Anne L

Pietr le Letton de Georges Simenon – Argali

Touriste de Bananes de Georges Simenon – Larie

 

Nouvelles

Belgiques, Luc Baba – Argali

En love mineur de Dominique Costermans – Anne L

Le goût de la limace de Zoé Derleyn – Nathalie

A qui se fier ? d’Agnès Dumont – Anne

Et tous serons surpris, Monique Persoons – Laeti

 

Contes

 

Théâtre

La solitude du mammouth, de Geneviève Damas – Florence

 

Romans jeunesse

Je t’enverrai des fleurs de Damas de Frank Andriat – Anne

Le violon de la rue Lauriston, Claude Raucy – Argali

 

Albums jeunesse

Papillon d’un jour de Christian Merveille – Anne L

Rose cochon de Clémence Sabbagh et Françoise Rogier – Laeti

 

Bandes dessinées

Panthère de Brecht Evens – Marilyne

Le Chat de Philippe Geluck – Danny

Le Tour de Belgique de Monsieur Iou – Argali, Fanja

Les aventures de Poussin 1er, d’Eric-Emmanuel Schmitt et Janry – Carnet de lecture

Les chemins de Compostelle, tome 2 – L’ankou, le diable et la novice, de Jean-Claude Servais – Anne

Le ciel au dessus de Bruxelles, de Bernard Yslaire – Purplevelvet

 

Non Fiction

Le Fléau de David Van Reybrouck – Nadège

 

Poésie

En voyant naître cet enfant…, poème de Julos Beaucarne – Claudialucia

Poèmes de Maurice Carême – Claudialucia

Quand le coeur écoute, poème de Guido Gezelle – mrs pepys

Anne au village, poème de Anne-Marie Kegels – Anne

Désincarcération, recueil de Charline Lambert – Lili

Pen Duick, poème de Marc Menu – Anne L

Qu’est-ce que je fais ici ?, poème d’Henri Michaux – Anne

Deux poèmes de Lucien Noullez – Anne

La Chair du poème, recueil de Colette Nys-Mazure – Marilyne

For intérieur, recueil de Thierry Werts – Argali, Nathalie

 

Billets culturels

Cinéma

InSyriated, film de Philippe Van Leeuw – Anne

Cuisine

Un cramique pour le goûter – Bidib

Peinture

 

Musique

Je veux tes yeux, chanson d’Angèle – Aifelle

Les 30 ans du Choeur de chambre de Namur – Anne

Les 25 ans de l’ensemble Oxalys – Anne

Les 40 ans de la mort de Jacques Brel – Anne

 

Les notes du jeudi : Un peu de spiritualité (5) Gospel

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C’est par le Jeudi Saint que nous terminons les notes des jeudis de ce mois de mars 2018. Aussi je vous propose ce gospel Go down, Moses, bien en accord avec le sens de la Pâque juive d’abord (célébrée en mémoire de la libération du peuple hébreu, conduit hors d’Egypte par Moïse), de la Pâques chrétienne ensuite(la libération de la mort par le sacrifice du Christ et sa Résurrection). Let my people go !

Je vous souhaite déjà de belles fêtes de Pâques !