Les blablas du lundi (34) : Et en février ?

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En février, je vais lire dans deux directions bien différentes mais pas si éloignées géographiquement.

D’abord je vais enfin essayer de participer au African American History Month chez Enna, un mois consacré à la place, aux combats, aux difficultés, aux réussites, bref à la viie des Noirs américains. Toutes les explications et le calendrier proposé sont ici

Je ne respecterai sûrement pas le calendrier mais j’ai au moins trois lectures possibles dans mes piles : enfin lire La couleur des sentiments de Kathryn Stockett (un pavé qui plus est), Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier (un roman jeunesse) et la même histoire vue sous l’angle de la non-fiction avec Little Rock, 1957 de Thomas Snégaroff. 

Les notes du jeudi se mettront « in the mood » avec du jazz et du gospel.

Ensuite je participerai aussi au Mois latino-américain organisé par Ingamnic et Goran : il suffit de descendre un peu plus au sud ! Et de lire au moins un titre pour valider sa participation. 

J’aimerais lire au moins La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres (un Zulma de Porto-Rico) et si j’en ai le temps, Luz ou le temps sauvage d’Elsa Osorio (qui traîne dans ma PAL depuis…) et… (à l’heure où j’écris ce billet, je ne suis pas encore bien décidée, je me laisse un peu de liberté pour lire encore des titres en rapport avec l’hiver.)

Et vous, avez-vous des projets particuliers pour ce mois le plus court de l’année ?

Bon mois de février à tous et à toutes !

La Géante

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Quatrième de couverture :

Noële a toujours vécu au pied de la Géante, la montagne immuable qui impose son rythme, fournit les fagots pour l’hiver, bleuet, bourrache, gentiane pour les tisanes et les onguents. Elle est un peu sorcière, a appris les plantes et la nature sauvage grâce à la Tante qui les a recueillis, elle et son frère Rimbaud qui ne parle pas mais chante avec le petit-duc. Elle sait qu’on ne peut rien attendre du ciel, et n’a plus levé les yeux vers le soleil depuis longtemps. Repliée dans cet endroit loin de tout, elle mène une existence rugueuse comme un pierrier. 

Soudain surgit dans sa vie l’histoire de deux inconnus. Elle découvre par effraction ce que peut être le désir, le manque, l’amour qui porte ou qui encombre. Elle s’ouvre au pouvoir des mots.

La Géante, c’est une montagne que Laurence Vilaine nous invite à découvrir, à parcourir, de sentier en sentier à travers la forêt ou sur les pentes escarpées, une mère montagne secourable où on peut trouver les fagots de bois, les fruits sauvages et les herbes qui vous nourriront, vous chaufferont, vous guériront, mais aussi une montagne qui peut se montrer rude et peu accueillante si vous ne connaissez pas ses secrets. Une montagne au nom féminin où vont se croiser deux femmes : Noële (oui, avec un seul L), qui y est arrivée enfant, qui y vit depuis longtemps, qui connaît presque tous ses coins et recoins grâce à l’initiation de la Tante, une femme dont l’existence est marquée par l’exil, la mort, l’âpre réalité de cette existence en altitude ; Carmen, « la femme qui monte », l’étrangère, l’inconnue qui vient frapper de ses poings et de pioche le sol glacé du village de Noële. Un lien inconnu de Carmen unit les deux femmes : les lettres que Carmen n’a cessé d’envoyer à Maxim, un journaliste venu se réfugier dans la Maison Froide, en face de chez Noële. Lui qui aime tant les mots, les lettres, lus, écrits, a éveillé quelque chose chez celle qui parle très peu.

Laurence Vilaine, que je découvre enfin avec La Géante, nous conte cette histoire avec poésie et simplicité, avec pureté, oserais-je dire, rien que de nécessaire pour entrer avec délicatesse dans la vie de Noële, dans la nuit de Maxim, dans l’attente de Carmen et dans la douceur de Rimbaud. Un caillou, une fleur têtue, un fagot de bois, un peu d’eau fraîche, vous n’aurez besoin que de l’essentiel pour apprécier ce petit bijou littéraire.

« Jamais la Géante n’a connu de cri de la sorte, jamais dans ses gorges, dans ses bois, dans ses grottes, jamais de ses milliards d’années d’existence ou bien ce cri peut-être venait-il de là, de ces milliards d’années-là jusqu’à cet instant, un long cri de guerre, celui-là même peut-être qui fait trembler les entrailles de la Terre, se dresser les montagnes et rugir les océans – le cri des hommes contre la mort. »

« Ça sent la terre profonde dans le bois, j’ai pensé aux bêtes sauvages, et aux femmes et aux hommes qui un jour sûrement sont passés là, des années, des siècles avant moi, je me suis dit que le bois n’avait pas voulu d’eux, ni de leurs ponts, ni de leurs chapelles, que la nature est plus forte que les humains qui passent leur vie à chercher leur place. »

« Je ne sais pas le cœur qui s’affole quand il espère ou combien le désespoir le resserre, je n’ai jamais perdu l’appétit à cause de la joie ou de la tristesse, je mange parce que la pendule dit que c’est l’heure, j’obéis à des aiguilles qui me rappellent le coucher et au jour qui, par la fente des volets, me somme de me lever. Quand mes jambes flageolent, c’est à cause des kilomètres et de la fatigue, mais jamais elles n’ont tremblé d’impatience ou de plaisir. Elles ne savent pas ce qu’est courir vers le bonheur, elles ignorent même ce qu’est l’attendre – ce sont les lettres, soir après soir, qui m’ont appris la voix qui tremble. »

Laurence VILAINE, La Géante, Zulma, 2020

Un Zulma par mois

Défi Un hiver au chalet, catégorie Promenade en raquettes (un roman où la nature tient une grande place)

Les notes du jeudi : Vive les vents, vive les vents (4) Francis Poulenc

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Pour terminer ce mois de janvier, en compagnie des instruments à vent, je vous propose d’écouter cette Sonate pour piano et clarinette (un instrument dont jouait mon grand-père paternel et que j’aime beaucoup) de Francis Poulenc (1899-1963). Cette oeuvre a été « composée en 1962 et créée le  au Carnegie Hall de New York, lors d’un concert à la mémoire de Poulenc lui-même, décédé brutalement d’une crise cardiaque quelques semaines auparavant. Poulenc meurt avant que la pièce ne soit publiée. Les éditeurs ont essayé en vain de deviner quelques notes, nuances ou articulations manquantes. » (Source : Wikipedia)

Joë Christophe (clarinette) et Vincent Mussat (piano) interprètent cette Sonate en trois mouvements : I. Allegro tristamente, II. Romanza et III. Allegro con fuoco. C’est un extrait du concert Générations France Musique, le Live, enregistré le 05 octobre 2019.

Brexit Romance

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Quatrième de couverture :

Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » !

Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev.

Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen.

Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau – et au coeur !

Après Le coeur de l’Angleterre, et contrairement à tous mes plans de lecture (haha !), la lecture de Brexit Romance s’est naturellement imposée. Une lecture jeunesse, le point de vue d’une autrice française vivant depuis plusieurs années en Angleterre, un titre à la fois accrocheur et mystérieux, ça s’imposait, non ? Et je n’ai pas été déçue ! Déjà rien que parce que, dans le roman de Jonathan Coe, il y a une Coriandre et ici, une Cannelle 😉

Ceci dit, c’est très compliqué de parler de ce roman qui mêle comédie romantique, opéra tumultueux et humour so british ! La galerie de personnages est savoureuse, de la fraîche Marguerite, jeune soprano amoureuse d’une certaine image de l’Angleterre à la Jane Austen à l’entreprenante Justine créatrice de cette improbable start-up et accro aux réseaux sociaux en passant par le jeune lord Cosmo Carraway proche de l’extrême-droite anglaise et par Pierre Kamenev, le mentor de Marguerite, psychorigide nourri aux théories marxistes. Tout ce beau monde, et bien d’autres personnages secondaires tout aussi ébouriffants, va se retrouver à Londres (et ensuite dans la campagne anglaise, of course, au « nord de Londres ») dans un ballet de relations « vrai ou faux amour » dont il sera bien difficile de dénouer les intrigues. En quatre actes, Clémentine Beauvais nous fait passer de la banlieue au coeur de Londres, de ruptures en rencontres, de casse-tête amoureux en vrai procès à la Cour, des escalators vertigineux du métro à une virée en camionnette à glaces poussive, en n’oubliant jamais de prendre des photos et d’inonder de messages Facemachin et autre Instatruc. Sans oublier non plus d’ajouter un animal de compagnie, le mignon « Jeremy Corbyn ». Et à travers cette folle équipée pleine d’humour, l’auteure réussit à nous faire comprendre des problèmes très sérieux de l’Angleterre actuelle et du Brexit. Du grand art, servi notamment par des dialogues affutés et une langue qui se joue des bizarreries de l’anglais et du français (et des quiproquos) avec une délicieuse impertinence. Elle est balèze, Clémentine Beauvais, vraiment balèze, my love 😉

« Il est de notoriété publique que toute jeune personne Britannique en possession de ses capacités cérébrales doit, à la suite du Brexit, être à la recherche d’un passeport européen. Mais ironiquement, l’Europe est quant à elle pleine de jeunes personnes souhaitant venir résider en Grande-Bretagne, afin d’acquérir notre langue et de profiter de notre marché du travail. Ces deux désirs se rencontrant créent une situation favorable à l’établissement d’un contrat octroyant à l’un des conjoints le précieux document administratif, et à l’autre l’opportunité de séjourner dans le pays pendant plusieurs années. »

« Kamenev n’était âgé que de vingt-six ans, et il estimait que c’est état de fait était déplorable ; il s’évertuait à compenser en portant, en toute saison, des chaussures en cuir, des livres reliés cuir, une montre en cuir, et un air de dur à cuire. Le vouvoiement était son accessoire préféré. Il le brandissait au nez des gens comme on déploie brusquement un parapluie. »

« We’ve got to take the tube, I’m afraid ». Ah, ok ! c’est juste qu’on va devoir prendre le métro, traduisit Marguerite, ‘et elle a peur. – Elle a peur ? répéta Kamenev. ‘Bah ouais, avec les terroristes et tout’, hypothétisa Marguerite. »

« Je rentre en France ! Et vous vous démerdez avec votre Brexit à la con. Je m’en balec. »
Justine n’était pas trop sûre de ce que voulait dire « je m’en balec », mais elle dit très vite :
« Ne t’en balec pas, Cannelle, attends ! »

«  »Tellement de trac ! J’ai des papillons dans l’estomac, dit Matt. Enfin, l’équivalent français. C’est quoi, en français,  » J’ai des papillons dans l’estomac » ? demanda-t-il à Cannelle.
 » J’ai la gerbe ? tenta celle-ci. »

« Il faut que je vous explique le plan d’attaque, parce que c’est compliqué ces choses-là et ça demande de la stratégie. On va faire la feinte dite de Natacha- Bolkonsky. Vous savez qui c’est ?
 » Une joueuse de tennis ?
« Presque. Ce sont deux personnages de Guerre et Paix. »
« Ah ? « 
« Et donc , ils se fiancent, MAIS ils attendent une année avant de se marier. »
« Pourquoi? »
 » Ecoutez, vous le lirez et vous le découvrirez vous même, je ne vais pas vous le spoiler, c’est un bouquin très sympa. »

Clémentine BEAUVAIS, Brexit Romance, Sarbacane, 2017

Défi Un hiver au chalet catégorie Bonhomme de neige ! (un roman jeunesse) 

Les notes du jeudi : Vive les vents, vive les vents… (3) Darius Milhaud

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Aujourd’hui entrons dans la musique du 20è siècle avec le Divertissement pour instruments à vent op. 299b de Darius Milhaud (1892-1974). C’est une oeuvre en trois mouvements bien différents dans leur atmosphère (1. Balancé 2. Dramatique 3. Joyeux) destinée à un quintette d’instruments à vent. Elle est jouée ici par l’Ensemble Athena : Richard McNichol, flûte, David Theodore, hautbois, Roger Fallows, clarinette, Robert Jordan, basson, John Butterworth, cor anglais.

Le coeur de l’Angleterre

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Quatrième de couverture :

Comment en est-on arrivé là? C’est la question que se pose Jonathan Coe dans ce roman brillant qui chronique avec une ironie mordante l’histoire politique de l’Angleterre des années 2010. Du premier gouvernement de coalition en Grande-Bretagne aux émeutes de Londres en 2011, de la fièvre joyeuse et collective des jeux Olympiques de 2012 au couperet du référendum sur le Brexit, Le cœur de l’Angleterre explore avec humour et mélancolie les désillusions publiques et privées d’une nation en crise.
Dans cette période trouble où les destins individuels et collectifs basculent, les membres de la famille Trotter reprennent du service. Benjamin a maintenant cinquante ans et s’engage dans une improbable carrière littéraire, sa sœur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter, son vieux père Colin n’aspire qu’à voter en faveur d’une sortie de l’Europe et sa nièce Sophie se demande si le Brexit est une cause valable de divorce.
Au fil de cette méditation douce-amère sur les relations humaines, la perte et le passage inexorable du temps, le chantre incontesté de l’Angleterre questionne avec malice les grandes sources de crispation contemporaines : le nationalisme, l’austérité, le politiquement correct et les identités.

J’ai lu ce livre entre fin décembre et début janvier, juste au moment où Boris Johnson se réjouissait haut et fort de l’accord qu’il avait obtenu de l’Union européenne et de la sortie définitive du Royaume-Uni hors de cette Union. Pendant ce temps, sûrement, beaucoup se désolaient de ce Brexit, même si on le sait, on ne peut plus revenir en arrière. Depuis j’ai vu un documentaire sur le Premier ministre britannique, assez accablant sur l’intelligence mêlée d’opportunisme et de cynisme de cet homme et sur les conséquences de la sortie de la Grande-Bretagne. A vrai dire, comme Jonathan Coe l’expliquait en 2019 à la sortie de son livre en français, il y a longtemps que l’action d’une certaine classe politique et d’autres causes ont entraîné la GB dans cet engrenage infernal (du point de vue d’un auteur clairement anti-Brexit). Il a parlé de la génération Thatcher dans Bienvenue au club et Le cercle fermé qui mettaient déjà en scène les protagonistes du Coeur de l’Angleterre (et que j’ai envie de relire maintenant !). Dans ce dernier roman traduit en français, il permet de comprendre relativement facilement comment les Britanniques des années 2010, héritière des années 80, en sont arrivés à se déchirer et à se diviser profondément sur la question du Brexit qu’un homme politique (David Cameron) a agitée à leur nez à des fins électoralistes et comment le résultat du référendum a obligé la classe politique à bricoler une sortie de l’Europe à laquelle, dirait-on, personne ne s’attendait. 

A travers le destin des Trotter, frère et soeur, Benjamin et Lois, qui tentent de vivre la meilleure vie possible loin de l’agitation du monde, de leur père qui ne comprend plus ce monde dans lequel il vit, de Doug, éditorialiste politique, de Sophie, la nièce de Benjamin, universitaire qui se marie avec un homme totalement différent, Jonathan Coe nous fait saisir les mille et une nuances de la sensibilité britannique (nuances cruellement absentes dans la réflexion politique, faut-il le souligner) et les cassures de la société anglaise : fossé entre générations, fracture sociale criante que rien ne semble pouvoir réparer, divergences intellectuelles irréconciliables. L’auteur brosse un portrait sans concession, mais avec l’art du rythme et de la construction, une finesse psychologique et un sens de l’humour que j’adore définitivement ! Les conversations ubuesques entre Doug et son informateur, une certaine scène dans une penderie constituent des perles romanesques inoubliables !

Je ne vous en dirai pas plus sur ce coup de coeur qui commençait bien l’année, c’est toujours difficile de parler d’un livre tellement riche et tellement apprécié.

De nombreuses citations sur Babelio

Jonathan COE, Le coeur de l’Angleterre, traduit de l’anglais par Josée Kamoun, Gallimard, 2019

Challenge Petit Bac 2021 : Lieu

 

Les notes du jeudi : Vive les vents, vive les vents… (2) Charles Gounod

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Pour ce deuxème rendez-vous avec les instruments à vent, je vous propose d’écouter une oeuvre que j’ai découverte par hasard : la petite Symphonie pour vents de Charles Gounod (1818-1893). C’est en réalité un nonette (pour neuf instruments) écrit en 1885. Ce sont des musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France qui l’interprètent. Bonne écoute ! 

Et un clin d’oeil involontaire à Georges Pernoud et à son sourire quand il nous souhaitait à la fin de Thalassa : « Bon vent ! »

 

Les Pas perdus du Paradis

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Quatrième de couverture :

Nathan a seize ans. Un cerveau un peu trop encombrant, des amis triés sur le volet, des parents qui se disputent tout le temps, une grand-mère un peu dingue et une amoureuse qui a fui l’Erythrée. Nathan a seize ans et son univers s’écroule, un soir de pluie (les drames arrivent toujours les soirs de pluie), quand il apprend tout à la fois que Saïma a décidé de partir en « Youké » et que les fantaisies de sa grand-mère vont la condamner à la séniorie. L’une n’a plus d’endroit où loger, l’autre ne peut plus vivre seule dans sa petite maison de la rue du Paradis. La solution semble toute trouvée…

Catherine Deschepper a déjà écrit deux recueils de nouvelles publiés chez Quadrature, Un kiwi dans le cendrier et Bruxelles à contrejour et voilà qu’elle a trouvé un petit éditeur français pour publier son premier roman destiné aux grands ados. Je pense que celui-ci peut même carrément plaire aux adultes par les thématiques qu’il aborde.

Le narrateur est donc Nathan, seize ans, confronté à la détresse d’une famille venue d’Erythrée et qui a traversé l’enfer pour arriver en France (petit détail, je ne sais pourquoi, je me sentais plus en Belgique qu’en France en lisant ce roman). Il est tombé amoureux de Saïma, la fille aînée. Un jour, la mère et la petite soeur de Saïma sont arrêtées par la police et retenues en centre fermé. La jeune fille, qui a échappé par miracle à l’arrestation, veut réaliser le rêve de sa mère : atteindre le Royaume-Uni, le « Youké ». Et pour la cacher, en attendant le grand départ, Nathan (et ses potes, très importants dans l’histoire) trouvent la solution qu’ils pensent géniale : faire habiter Saïma chez Mamynou, la grand-mère de Nathan, dont l’esprit commence à divaguer joyeusement (ou dangereusement, selon le point de vue) depuis quelque temps et que les parents du garçon envisagent très sérieusement de placer. 

Deux thèmes assez lourds donc, l’exil et la maladie d’Alzheimer auxquels se greffent les amours adolescentes et l’amitié. Sur quatre saisons, Nathan et ses amis, Saïma vont grandir, la vraie vie va les presser d’avancer, d’évoluer, d’inventer des lendemains qu’on espère meilleurs. « C’est ça la vie ! » comme aiment à le répéter Saïma et Mamynou. Les adultes vont eux aussi apprendre de cette expérience inédite. Certes Mamynou m’a paru vraiment très à l’ouest dans ses délires et ces jeunes gens portent vraiment beaucoup sur leurs épaules, la fin m’a paru un peu abrupte mais la finesse psychologique que j’avais tant appréciée dans Un kiwi dans le cendrier, le traitement moderne des thèmes sont intéressants. Le roman est plein d’humour et d’espoir finalement, sous la plume élégante de Catherine Deschepper.

Catherine DESCHEPPER, Les Pas perdus du Paradis, Editions de Beauvilliers, 2020

P.S. J’espère que ce joli premier roman sera suivi d’autres textes qui seront mieux mis en valeur par cet éditeur (ou un autre, mais oui ?) : ne vous laissez pas arrêter par cette couverture très austère…

L’avis d’Argali

Challenge Petit Bac 2021 : Adjectif

Les notes du jeudi : Vive les vents, vive les vents… (1) Ludwig van Beethoven

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Petit raccord un peu forcé avec le thème de l’hiver et la chanson « Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver ! », voici le thème de janvier : les instruments à vent !

Commençons avec une oeuvre très peu jouée de Beethoven (1770-1827), son Quintette pour piano et instruments à vent (hautbois, clarinette, cor, basson et piano) opus 16 en mi majeur, composé en 1796 et créé en 1797.

Les interprètes : Jeffrey Nau au piano et l’Ensemble Stanislas : Pierre Colombain (hautbois) Philippe Moinet (clarinette) Pierre Riffault (cor) Nicolas Tacchi (basson).

Les blablas du lundi (33) : Je lis donc je suis… De 2020 à 2021

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Nous voilà en 2021 ! Mais revenons d’abord un peu sur 2020 en livres. Cela fait deux trois ans que je me livre au tag récapitulatif de l’année écoulée en répondant à ces questions… de manière parfois surréaliste 😉

Décris-toi : La femme qui fuit

Comment te sens-tu actuellement ? Today we live

Décris où tu vis actuellement : Dans la maison de l’autre

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ? Les sortilèges du Cap Cod

Ton moyen de transport préféré :
L’attaque du Calcutta-Darjeeling

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est ? Ludwig van Beethoven

Toi et tes amis, vous êtes ? De sang royal

Comment est le temps ? Etés anglais

Quel est ton moment préféré de la journée ? Oiseau de nuit

Qu’est la vie pour toi ? Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux

Ta peur ? L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir

Quel est le conseil que tu as à donner ? Songe à la douceur

La pensée du jour : Il est juste que les forts soient frappés

Comment aimerais-tu mourir ? Mourir la nuit

Les conditions actuelles de ton âme ? Là-haut tout est calme

Ton rêve ? Un pique-nique presque parfait

 

Et sinon voici mes trois romans préférés de l’année (sur 70 titres lus) :

Etés anglais (La saga des Cazalet tome 1) d’Elizabeth Jane Howard

Le chant des plaines de Kent Haruf

La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette

J’ai beaucoup aimé aussi :

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais

L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee

Le dernier hiver du Cid de Jérôme Garcin

Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero

Back-up de Paul Colize

La Théo des fleuves de Jean-Marc Turine

L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges de Davide Morosinotto

Ce qui était perdu de Catherine O’Flynn

Dans la maison de l’autre de Rhidian Brook

Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux de Kate Atkinson

L’Annonce de Marie-Hélène Lafon

Là-haut tout est calme de Gerbrand Bakker

Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates

 

Quelques projets pour 2021 :

Continuer le défi Un hiver au chalet jusqu’au 21 mars

En février : Participer au mois latino-américain chez Ingamnic et Goran et au African-American History Month chez Enna

En mars : Un petite semaine thématique Francophonie

En avril : Le Mois belge évidemment

D’autres mois thématiques auxquels je participerai sans doute : Le Mois anglais en juin, Le Pavé de l’été, Le Mois américain en septembre, Québec en novembre.

Pour toute l’année je me suis réinscrite au Petit Bac d’Enna (voir l’onglet Quelques défis et challenges).

Et depuis plusieurs mois me trotte dans la tête l’idée de lire un Zulma par mois (sauf en avril, parce que priorité au Mois belge et que je ne pense pas que Zulma ait publié du Belge). Si jamais ça tente quelqu’un, pour se motiver mutuellement…

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression d’être un peu trop gourmande, non ?? Peu importe, vive 2021 en livres !