Rendez-vous avec le crime

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Quatrième de couverture :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson ? et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Un petit billet très rapide pour dire à quel point j’ai été séduite par ce Rendez-vous avec le crime qui se passe dans la région des Vallons, dans le Yorkshire, là où habite l’auteure Julia Chapman. Les gens des Vallons sont, dit-elle, sont directs, carrés, voire bruts de décoffrage. Cela nous vaut une galerie de personnages secondaires savoureux autour de Samson et Delilah, les héros. Le mystérieux Samson révélera-t-il un jour le secret de son retour à Bruncliffe ? Delilah trouvera-t-elle enfin le succès et le renflouement de ses finances avec son agence de rencontres ? Je t’aime moi non plus, c’est ainsi que fonctionnent les deux fondateurs, l’un de l’Agence de Recherche des Vallons, l’autre de l’Agence de Rencontres des Vallons. On se doute que la suite de leurs aventures sera palpitante et pleine de rebondissements. J’ai adoré l’humour des dialogues et j’ai hâte de retrouver toute cette petite troupe ainsi que Calimero, le braque de Weimar au rôle non négligeable dans le dénouement de l’énigme, pour l’ambiance, l’humour, la balade dans la campagne anglaise. La série de couvertures fraîches et naïves siéra très bien dans ma bibliothèque…

Julia CHAPMAN, Les détectives du Yorkshire – Rendez-vous avec le crime, traduit de l’anglais par Dominique Haas, collection La Bête noire, Robert Laffont, 2017

Challenge Voisins voisines 2019 – Angleterre

Les notes du jeudi : D-Day (4)

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Pour terminer ce mois consacré à l’anniversaire du Débarquement en Normandie, voici le « morceau de bravoure » anglais : Land of hope and glory, sur l’air de la marche Pump and circumstance n°1 de sir Edward Elgar.

Version de la Last night of the Prms 2012 avec la BBC Symphony Chorus, le BBC Symphony Orchestra dirigé par Jiří Bělohlávek, au Royl ALlert Hall of course.

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J’ai attrapé un chant d’oiseau

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J’ai attrapé un chant d’oiseau
Et je l’ai mis dans ma guitare.
Il en sort un refrain de paix
Qui fait trêve de mes regrets.

J’ai rapporté des verts coteaux
Un peu de leurs parfums sauvages.
J’ai rapporté couleurs de mai
Et les ai mises en un bouquet.

J’ai emporté dans mes voyages
Et ta présence et ton visage.
Et c’est comme un cadeau des cieux
Car étant seul je suis à deux.

Esther Granek, Portraits et chansons sans retouches, 1976

Le dimanche des mères

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Quatrième de couverture :

Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie. 

Le Dimanche des mères. Le 30 mars 1924. Une journée pleine de promesses sous un soleil quasi estival.

Une relation entre deux classes sociales, entre deux personnes que la société a clairement séparées, compartimentées et qui ne peuvent avoir pour projet commun que la relation charnelle, l’interdit, le secret. Lui, l’aristocrate, s’en contente – apparemment – tandis qu’elle, la servante, a soif de connaissance et d’évasion par la lecture, Mais le soin avec lequel Paul Sheringham accueille sa maîtresse, Jane Fairchild, bonne d’un manoir voisin, manifeste peut-être son désir de casser les codes sociaux, alors qu’il doit se rendre à un déjeuner en compagnie de sa fiancée.

Un dimanche empreint à la fois de formalisme et de sensualité quand, son amant parti, Jane se promène nue dans la maison Sheringham.

Un dimanche qui montre le déclin d’un monde, celui de l’aristocratie anglaise dont de nombreux fils sont tombés pendant la Première guerre mondiale et qui, suite à ce conflit, voit baisser son niveau de richesse. Et qui annonce aussi un bouleversement social à travers l’évocation de la vie future de Jane.

Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser à Downton Abbey mais ne vous privez surtout pas de lire Le dimanche des mères, un roman court mais dense.

« Normalement, on ne devait entrer dans les bibliothèques, oui, surtout dans les bibliothèques, qu’après avoir discrètement frappé à la porte, même si, à en juger par celle de Beechwood, il n’y avait personne la plupart du temps. Cependant, même sans personne à l’intérieur, elles pouvaient vous donner l’impression, plutôt désobligeante que vous n’aviez rien à y faire. Une bonne se devait toutefois d’épousseter -et Dieu sait ce que les livres pouvaient accumuler de poussière ! Entrer dans la bibliothèque de Beechwood revenait presque à pénétrer dans les chambres des garçons, au premier étage. L’utilité des bibliothèques, se disait-elle parfois, tenait moins au fait qu’elles contenaient des livres, qu’à celui qu’elles préservaient cette atmosphère sacrée de « prière de ne pas déranger » d’un sanctuaire masculin. »

« Le crépuscule approchait , la lumière se moirait de reflets abricot et le monde voilé de vapeurs vert doré était d’une sublime beauté. »

« Elle deviendrait écrivain et vivrait jusqu’à quatre-vingt-dix-huit ans. Elle verrait deux guerres mondiales, vivrait sous le règne de quatre rois et d’une reine. Et presque deux reines puisqu’elle avait dû être conçue – tout juste – sous le règne de la reine Victoria. «Conçue puis oubliée».
Elle avait dix ans et elle était dans un orphelinat lorsqu’un grand paquebot heurta l’iceberg, faisant quelques orphelins de plus. Elle en avait douze lorsqu’une femme se jeta sous les sabots d’un cheval royal. Elle venait d’en avoir quinze lorsqu’elle travailla quelque temps, un été, dans une grande maison – elle n’avait encore jamais vu semblable palais – où elle appris tout ce qu’il fallait savoir sur les émissions nocturnes.
Elle vivrait assez longtemps pour devenir presque centenaire et pour comprendre qu’elle avait probablement connu, vu – et écrit – suffisamment. Cela lui était égal, disait-elle d’un ton enjoué, si elle ne parvenait pas jusqu’à l’an 2000. C’était deja un miracle qu;elle fût arrivée jusque-la. Le chiffre 19 avait marqué sa vie et dix-neuf ans , c’était un bien bel âge, ajoutait-elle en souriant. »

Graham SWIFT, Le dimanche des mères, traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Gallimard, 2017

Challenge Voisins voisines 2019 – Angleterre

 

Les notes du jeudi : D-Day (3)

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Aujourd’hui, voici des chansons anglaises liées à la guerre 40-45, que l’on a chantées lors des commémorations du 75è anniversaire du Débarquement en Normandie.

We’ll meet again (Ross Parker et Hughie Charles), créée en 1939 par Vera Lynn, est liée à la bataille d’Angleterre et était une des préférées des pilotes de la RAF.

When the lights go on again (All over the world) est aussi une chanson populaire écrite en 1943 par Bennie Benjamin, Sol Marcus et Eddie Seiler. Elle eprime l’espoir de voir la fin de la guerre.

Les deux chansons sont interprétées par Vera Lynn.

L’intérêt de l’enfant

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Quatrième de couverture :

À l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement. 

Ce mois anglais a été l’occasion de sortir de ma PAL un bien beau cadeau : L’intérêt de l’enfant, que j’ai refermé avec le « petit » tressaillement au coeur qui vous gardera le livre en mémoire pour longtemps. Ce roman était d’ailleurs parfaitement adapté à la période puisqu’il se déroule principalement pendant un mois de juin particulièrement frais et humide, un peu comme le nôtre jusqu’ici…

Le personnage de la juge Mayes est magnifique : à travers elle, Ian McEwan nous dresse le portrait d’une juge au sommet de sa carrière professionnelle, d’une femme qui commence à vieillir, d’une épouse absorbée par les affaires familiales qu’elle traite dans son métier et qui a laissé son couple s’étioler, d’une Anglaise chic et cultivée qui maintient ses émotions dans les limites strictes du flegme britannique. Tandis qu’il dessine ce portrait, l’auteur évoque des histoires de famille, des conflits, des questions morales sensibles de la société actuelle, le fonctionnement de la justice et c’est passionnant.

Alors que son mari est parti tenter l’aventure ailleurs, Fiona est confrontée à un cas particulier : celui d’un jeune homme presque majeur qui refuse un traitement par transfusions sanguines au nom de sa foi en Jehovah. Obligée de juger en urgence, Fiona Mayes prend cependant le temps de rencontrer le jeune Adam, ne se doutant pas que leur conversation et le jugement qu’elle va rendre vont bouleverser le cours de leur vie à tous les deux.

Il m’a semblé que Ian McEwan jouait subtilement sur le dedans et le dehors (l’appartement les rues de Londres, la chambre d’hôpital, le tribunal, la tournée de jugements dans différentes villes anglaises, un  petit salon dans un manoir) pour accompagner ces aler-retour entre vie intime, vie privée et vie professionnelle. La poésie anglaise et la musique des lieder allemands parsèment les pages du roman, permettant l’expression des sentiments. C’est sobre et élégant, tendu et profond. La fin est sublime et bouleversante. Ian McEwan est décidément un grand auteur anglais et un auteur universel.

« Dans les années quatre-vingt, un juge aurait encore pu placer l’adolescent sous tutelle judiciaire et le rencontrer au tribunal, à l’hôpital ou chez lui. A l’époque, un idéal plein de noblesse avait par miracle survécu à la modernité, cabossé et rouillé comme une armure. Au nom du monarque, les juges avaient été des siècles durant les gardiens des enfants de la nation. Désormais, les travailleurs sociaux les remplaçaient et rendaient compte de leur mission. Lent et inefficace, l’ancien système préservait le contact humain. Désormais il y avait moins d’attente, et davantage de cases à cocher, de rapports à croire sur parole. La vie des enfants étaient archivée dans la mémoire des ordinateurs, avec exactitude, mais un peu moins de bienveillance. »

« Malgré le tambourinement des gouttes sur son parapluie, elle entendit l’andante harmonieux, la cadence de la marche, tempo rare chez Bach, un beau chant insouciant qui s’élevait au-dessus de la basse continue, ses propres pas accompagnant cette mélodie aérienne et enjouée tandis qu’elle arrivait devant Great Hall. »

« Toute une vie professionnelle passée au-dessus de la mêlée, à défendre puis à juger, à s’autoriser en privé des commentaires condescendants sur la méchanceté et la bassesse des couples en instance de divorce, et voilà qu’elle était condamnée à frayer avec ses semblables, à nager en désespoir de cause dans le sens du courant. »

Ian McEWAN, L’intérêt de l’enfant, traduit de l’anglais par France Camus-Pichon, Gallimard, 2015

 

Loin, dans les bois…

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Loin, dans les bois, j’ai coupé une branche noire,
assoiffé j’ai porté son murmure à mes lèvres :
était-ce donc la voix de la pluie qui pleurait,
une cloche brisée ou un coeur mis en pièces?

Quelque chose qui de si loin m’est apparu,
enfoui dans sa lourdeur, recouvert par la terre,
ce sont cris assourdis par d’immenses automnes,
par la nuit entrouverte, humide des feuillages.

Alors, se réveillant du rêve végétal,
la branche du coudrier a chanté sous ma bouche
et son errante odeur grimpa dans mon esprit

comme si tout d’un coup me cherchaient les racines
abandonnées, la terre perdue, mon enfance,
et je restai, blessé du parfum vagabond.

Pablo NERUDA, La Centaine d’amour, traduit de l’espagnol (Chili) par Jean Marcenac et André Bonhome, Gallimard Poésie, 1995

Les notes du jeudi : D-Day (2)

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Le Débarquement allié en Normandie et la libération de la France n’auraient pu avoir lieu sans la Résistance française, dot voici l’hymne, le Chant des partisans dont la musique a été composée par Anne Marly et les paroles ont été écrites par Joseph Kessel et Maurice Druon.

Voici la version du groupe Les Stentors.

Oyana

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Quatrième de couverture :

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

C’est à l’occasion d’une rencontre à la librairie TuliTu que j’ai ouvert le dernier roman d’Eric Plamondon, le premier de lui que je lis. L’auteur a expliqué son parcours d’écrivain, son angoisse d’écrire son premier roman avant 40 ans, la thématique de sa trilogie (des Américains célèbres à l’ascension fulgurante et à la chute un peu brutale), la genèse du roman Taqawan (qui est dans ma PAL) pour arriver à Oyana.

Oyana est un court roman de 147 pages dont le point de départ est la dissolution de l’ETA proclamée officiellement le 3 mai 2018. Une annonce qui fait en quelque sorte imploser Oyana, qui vit en couple au Québec depuis plus de vingt ans. En réalité, elle est originaire du Pays basque et elle a enfoui ses origines au plus secret. La dissolution de l’ETA ouvre les digues d’une longue lettre qu’elle écrit à son compagnon pendant qu’elle prépare et vit son retour en France. Je n’en dirai pas plus, ce serait « divulgâcher ». Sachez que ce roman parle de combats, de violence, de culpabilité mais aussi d’amour. et de liberté J’ai aimé comment Eric Plamondon diversifie les points de vue et mêle à son récit des documents informatifs (extraits de journaux, de discours officiels) bien intéressants (même si l’auteur avoue lui-même qu’on peut contester la validité de certains de ses apports – eh oui, il est romancier avant tout). Je ne savais pas qu’il y avait tant de liens entre le Pays basque et le Québec.

Cette première lecture et la rencontre avec Eric Plamondon ayant été très agréables, je me réjouis de retrouver celui-ci dans Taqawan (et la trilogie me fait e l’oeil aussi…)

« 8 mai 2018
Pour toi, Xavier 
Je te dois un tas d’explications. Ça risque d’être long. J’essaie depuis plusieurs jours de trouver comment le faire. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de ne pas te demander pardon. Ce que je te demande, c’est d’essayer d’au moins comprendre en dépit des raccourcis inévitables.
Je pourrais te demander de me faire confiance, mais tu le fais déjà depuis vingt ans. Et comment te demander cela alors que je me prépare à t’expliquer que tant de choses étaient fausses? 
Pour que tu comprennes dans quel état d’esprit je me trouve, je n’ai pas jeté mes premiers brouillons. Je veux que tu saches mes tâtonnements, que tu saisisses par ces débuts avortés ce que cela me coûte. » (Première page)

Eric PLAMONDON, Oyana, Quidam éditeur, 2019

Challenge Petit Bac – Littérature québécoise, Prénom

Pressentiment d’Amérique

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Mon enfant, si nous allions en Amérique dont j’ai toujours rêvé
Sur un vaisseau fendant la mer des Antilles
Et accompagné par une nuée de poissons volants dont les ailes nageoires palpitent de lumière
Nous suivront le fleuve Amazone en cherchant sa fée d’île en île
Nous entrerons dans les grands marécages où des forêts sont noyées
Salue les constrictors. Entrons dans les reptilières
Ouïs l’oie oua-oua les singes hurleurs les oiseaux cloches
Vagues du Prororoca, l’immense mascaret
Le dieu de ces immensités, les Andes les pampas
Est dans mon sein aujourd’hui mer végétale.
Millions de grands moutons blonds qui s’entrepoursuivent
Les condors survenant neiges des Cordillères
Ô cahute d’ici nos pauvres reptilières
Quand dira-t-on la guerre de naguère ?

Secteur des Hurlus, septembre 1915

Guillaume APOLLINAIRE, Poèmes à Lou

Festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo