Présentation de l’éditeur :

Harris Antlers est un metteur en scène dont la célébrité favorise les conquêtes féminines faciles et éphémères. Alors qu’il auditionne à New York pour sa nouvelle pièce, il tombe fou amoureux d’une jeune Anglaise, Viola Windrush. Dès le premier soir, il lui fait livrer une centaine de roses rouges, convaincu qu’aucune femme ne saurait résister à une telle extravagance. Sa passion devient obsessionnelle. Viola n’en prend pas conscience. Elle éconduit légèrement l’amoureux et rentre à Londres. Elle n’imagine pas alors que cette histoire va tourner au cauchemar en entraînant les deux protagonistes dans un labyrinthe de sentiments d’une violence inouïe.

Comme l’année passée j’ai sorti avec plaisir un roman d’Angela Huth de ma PAL pour ce mois anglais. On peut dire qu’il sort de la PAL historique, car il est paru en 2001 et je l’ai en grand format, c’est dire comme c’est dramatique ça fait du bien ! Et dieu que ça m’a fait plaisir de retrouver la dame ! C’est son quatrième roman traduit en français et il fait à mon avis partie des meilleurs, comme Tendres silences, L’invitation à la vie conjugale ou Les filles de Hallows Farm.

Ici Angela Huth met en scène un harceleur et sa victime, Harry Antlers et Viola Windrush, lui metteur en scène laid et sans aucune classe, elle jeune femme du Norfolk aux bonnes manières typiquement anglaises. Evidemment, dans sa folie, Harry va manoeuvrer de telle sorte que Viola croira que c’est elle la méchante, la remplissant de confusion, de culpabilité et d’horreur mélangées.

C’est dit un peu simplement mais, sans nous donner de leçon sur le harcèlement moral, Angela Huth nous en fait comprendre tous les mécanismes rien qu’en rapportant ce qui se passe dans la tête de ce pauvre type mal aimé dans son enfance et en décrivant les actes insensés qu’il pose pour conquérir sa prétendue dulcinée. La romancière crée ainsi un suspense sur l’évolution des événements et sur le dénouement, une tension qui m’a fait craindre le pire pour Viola et qui m’a parfois fait fermer le livre pour souffler un peu !

Angela Huth entremêle le récit principal avec l’histoire touchante d’un veuf, Alfred Baxter, qui vit très mal sa solitude et finit par devenir l’homme à tout faire de Viola dans sa maison de campagne du Norfolk. En décrivant le passé des uns et des autres, elle fait aussi s’interroger le lecteur sur le poids du passé, des traditions familiales, de la bonne éducation dans les réactions face à un harceleur. Harry Antlers est le seul dont l’auteure ne raconte quasiment pas l’enfance et la jeunesse, ce n’est pas un hasard dans la manière dont la romancière construit son intrigue.

Enfin, n’oublions pas le bon bol d’air pris dans une maison de la côte et un jardin typiquement anglais du Norfolk ainsi qu’une bonne dose de flegme et d’humour britannique qui, parfois mêlée à la tenson décrite plus haut, crée quelques scènes jubilatoires (quand j’ai compris ce que Viola avait pris pour un pique-nique de veuves de marins ou quand vous imaginez Harry le pantalon sur les chevilles… humhum, shocking, my dear !)

Je me répète, je classe ce roman parmi les meilleurs que j’aie lus d’Angela Huth, notamment pour la finesse de son analyse psychologique et son sens de l’empathie, et heureusement ma PAL en recèle encore quelques-uns !

Angela HUTH, Folle passion, traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Quai Voltaire, 2001

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Une journée avec Angela Huth en ce Mois anglais (il y a au moins deux titres que je dois me procurer absolument, comment les ai-je laissés passer !)

et une couverture fleurie qui entre dans le défi d’Angeselphie

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