Dix âmes, pas plus

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Dix âmes, pas plus par Jónasson

Quatrième de couverture :

Recherche professeur au bout du mondeVoici une petite annonce qui découragerait toute personne saine d’esprit. Pas Una. La jeune femme quitte Reykjavík pour Skálar, l’un des villages les plus reculés d’Islande, qui ne compte que dix habitants. Malgré l’hostilité des villageois. Malgré l’isolement vertigineux.

Là-bas, Una entend des voix et le son fantomatique d’une berceuse. Et bientôt, une mort brutale survient. Quels secrets cache ce village ? Jusqu’où iront ses habitants pour les protéger ?

C’est la première fois que je lis Ragnar Jonasson, entendu lors d’un précédent Quais du polar à Lyon (et bien entendu, le premier de ses livres parus en français traîne dans ma PAL). Il me faut avouer que j’ai été un peu déuçe par cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à un roman policier avec une enquête et qu’il s’agit en réalité d’un thriller qui joue sur l’ambiance de ce petit village du bout du monde, tout au nord de l’Islande, Skalar, où débarque Una, une jeune femme mal dans sa peau, qui a saisi l’occasion de quitter Reikjavik en espérant changer le cours de sa vie. Une habitante du village a obtenu d’engager une institutrice pour les deux petites filles du village.

Dès son arrivée, Una est diversement accueillie par les dix derniers habitants de ce village où il ne neige quasiment jamais mais qui est particulièrement froid et sombre : Salka, la mère d’Edda, qui la loge et a obtenu son engagement, l’accueille chaleureusement de même que Thor, un ouvrier agricole mais les autres habitants se montrent assez hostiles. Très vite, la jeune femme sent la présence d’une enfant qui hanterait les lieux. On comprendra petit à petit pourquoi Una n’a pas vraiment trouvé sa place dans la vie.

C’est un peu compliqué de raconter ce qui se passe dans ce livre, parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose jusqu’à la mort inexpliquée qui frappe le village et parce qu’une grande partie des pages consiste à suivre les états d’âme d’Una, sans cesse partagée entre la volonté de rester malgré l’hostilité ambiante et le désir de repartir au plus vite quand ce n’est pas l’angoisse qu’elle noie dans le vin rouge. l’action principale est entrecoupée de quelques pages où nous suivons la peur d’une autre jeune femme accusée à tort de meurtre sans pouvoir se défendre. Vous vous doutez que les deux intrigues vont se rejoindre à la fin, une fin beaucoup plus rapide, où le comportement d’Una, toujours tiraillée, ou plutôt ses décisions m’ont paru assez incompréhensibles. Et le lecteur peut se demander ce qu’il advient réellement d’Una une fois la dernière page tournée.

Avis assez mitigé donc pour un livre dont l’atmosphère est plutôt plombante. Malgré tout, merci aux éditions de la Martinière et à Babelio pour cette lecture.

« Il fallait supporter l’hiver, l’obscurité, le froid, le climat hostile. Ce vent humide, souvent très violent. Pas d’endroit où s’abriter. Et lorsque la neige venait s’y ajoutait, c’était un véritable enfer. Vous le découvrirez bien assez tôt. »

« Una se réveilla en sursaut. Elle ouvrit les yeux. Plongée dans l’obscurité, elle ne voyait rien. Incapable de se rappeler où elle se trouvait, elle avait la sensation d’être perdue, allongée sur un lit inconnu. Son corps se raidit dans un soudain accès de panique. Elle frissonna, puis comprit qu’elle avait jeté sa couette par terre dans son sommeil. Il faisait un froid glacial dans sa chambre. Elle se redressa doucement. Prise d’un léger vertige, elle se ressaisit rapidement et se souvint tout à coup d’où elle était. »

Ragnar JONASSON, Dix âmes, pas plus, traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaun, Editions de la Martinière, 2022

Petit Bac 2022 – Chiffre 1

Kathel a bien plus aimé que moi.

Le renard des grèves

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Les enquêtes de Mary Lester, tome 22 : Le renard des grèves 1/2 par Failler
Les enquêtes de Mary Lester, tome 23 : Le renard des grèves 2/2 par Failler

Quatrième de couverture (tome 1) :

Dans un petit port du nord Finistère, depuis plus de quinze ans, un mystérieux malfaiteur sabote les bateaux mouillés sur l’estran. Amarres coupées, trous percés dans les coques, orins engagés dans les hélices, tous les coups sont utilisés pour détruire les bateaux. La rumeur a désigné le coupable de ces exactions : Fanch Brendaouez dit  » le Renard « . Ce vieil original a tout pour faire un bouc émissaire parfait dernier descendant d’une ethnie redoutée de la population paysanne, les goémoniers, il se plaît à provoquer, par sa vêture, par son non-conformisme aussi.
Mary Lester est priée de mener une enquête discrète et de mettre hors d’état de nuire ce fameux  » Renard « . Cependant, ses investigations ne la mènent pas au coupable désigné. Elle retrouve sur son chemin une vieille connaissance, le sinistre Charraz. Et quand Charraz est là, les coups tordus ne sont pas loin de pleuvoir.

Nous sommes à Kerlaouen, dans le Finistère Nord, une région aux paysages sauvages, à la côté hérissée de nombreux rochers, un pays entre terre et mer, entre cultivateurs et marins. Un pays complexe et secret.

Mary Lester y est donc envoyée pour enquêter discrètement sur une série de sabotages qui touchent des bateau de retraités principalement mais aussi celui de Gweltaz Conan, l’un des derniers marins pêcheurs du coin. Mary, qui utilise sa couverture de photographe, rencontre ce pêcheur et gagne sa confiance lors d’une partie de pêche en mer un peu mouvementée ; elle fait aussi la connaissance de Fanch Brendaouez, fier descendant de goémoniers et pêcheur lui-même. La capitaine se rend vite compte qu’une vieille rancune bien tenace « unité les deux hommes. Mais s’ils se font fait quelques coups bas, ce n’est rien au regard des manipulations du maître Charraz, qui contrôle tout et tout le monde et profite de sa notoriété pour agir en toute impunité.

L’enquête de Mary Lester sera longue et difficile, elle se heurtera au poids des secrets, des non-dits, à des tentatives d’intimidation. Malgré l’aide de son fidèle lieutenant Fortin, Mary semble plongée dans une impasse et va jusqu’à jeter le gant. En apparence seulement… Elle mettra au jour des exactions particulièrement retorses dans ce pays au silences meurtriers.

J’ai donc lu une nouvelle enquête de Mary Lester, après La croix des veuves, lu en vacances. Merci au collègue qui m’a prêté ces deux tomes et a contribué à mon besoin de lectures faciles pendant les dernières vacances de Noël. J’ai apprécié les portraits humains brossés par Jean Failler. Ca m’a donné envie d’explorer le Finistère-Nord…

Jean FAILLER, Le renard des grèves – tomes 1 et 2, Editions du Palémon, 2003

Petit Bac 2022 – Animal 1

Lucie Aubrac résistante

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Lucie Aubrac, résistante

Quatrième de couverture :

« Je voudrais vous parler d’une femme exceptionnelle qui, pendant la guerre, a fait preuve d’une force de caractère et d’un courage hors du commun. Elle s’appelait Lucie Aubrac. C’était ma femme. »
Septembre 1939. Après l’invasion de la Pologne par les troupes de Hitler, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. Lucie est professeure d’histoire et Raymond Samuel ingénieur.
Ensemble, ils vont s’engager dans la Résistance et lutter contre le nazisme ; ensemble ils combattront pour la liberté des hommes. Leur amour sera leur force.

Pour faire écho à Moi, Malala, j’ai sorti de la PAL un autre livre destiné aux jeunes lecteurs (ados) sur une femme remarquable et j’y ai appris beaucoup, une fois de plus ! De Lucie Aubrac, je ne connaissais que l’évasion audacieuse qu’elle organise pour son mari Raymond, arrêté en même temps que Jean Moulin à Caluire en juin 1943.

Dans ce livre, Philippe Nessmann se met justement dans la peau de Raymond Samuel, ingénieur des Ponts et Chaussées, pour raconter le destin de Lucie Bernard, d’origine modeste, professeure agrégée d’histoire, qu’il rencontre à Strasbourg en 1938 alors qu’il rentre d’un an aux Etats-Unis et qu’elle envisage de demander une bourse pour y aller elle aussi pendant une année. Ils sympathisent très vite, Lucie obtient sa bourse et est prête à embarquer pour les USA quand la guerre est déclarée en 1939. Elle renonce à partir et se débrouille pour revenir à Strasbourg, zone interdite aux civils (l’Alsace étant considérée comme la région qu’Hitler envahira quand il se décidera à combattre) et retrouver Raymond. Autant lui est pondéré, réfléchi, autant elle est vive, audacieuse, sportive et très intelligente.

Après la débâcle de l’armée française et l’armistice signé par Pétain en juin 1940, Raymond est fait prisonnier avec son régiment à Sarrebourg. Une première fois, Lucie le fera évader de ce camp de prisonniers avant qu’on le transfère en Allemagne. Le couple s’installe en zone sud, à Lyon, et, sous l’impulsion d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, s’engage très rapidement dans la Résistance. Au début leur rôle consiste surtout à diffuser des tracts et des journaux clandestins ; plus tard, Raymond deviendra avec Lucie le fondateur et le chef du réseau Libération-Sud, qui n’avait pas de branche armée. Fin 1942, suite à la victoire alliée en Afrique du nord, les Allemands occupent la zone libre de France, l’action de la Résistance devient d’autant plus risquée. Lucie est utile dans « un domaine dans lequel ses qualités firent particulièrement merveille : par son dynamisme, son tempérament bagarreur, son aptitude à monter des coups et son optimisme qui lui laissait croire que rien n’était impossible, elle devint une spécialiste des évasions. » Elle le sera une deuxième fois pour son mari quand celui-ci est arrêté le 15 mars 1943. Je ne vous raconte pas les détails si vous voulez découvrir cette histoire, mais sachez que Lucie va faire preuve d’une audace incroyable pour délivrer Raymond, et cela marche ! Le couple prendra quelques jours de vacances avec leur petit garçon Jean-Pierre avant de rentrer à Lyon, de reprendre ses activités militantes, de fusionner les mouvements de la zone sud à l’initiative de Jean Moulin et, alors que des têtes du mouvement tombent à Paris, d’organiser une réunion secrète – dont un des points serait de nommer Raymond inspecteur de la zone nord à Paris – chez le docteur Dugoujon à Caluire. On connaît la suite : sans doute sur dénonciation, l’arrestation de Jean Moulin, de Raymond Aubrac et de plusieurs autres, la détention au fort de Montluc (que j’ai eu l’occasion de visiter), les interrogatoires musclés… Lucie apprendra rapidement – de la bouche de Klaus Barbie lui-même – que Raymond a été identifié comme « terroriste » et sera exécuté. Avec un courage et un soin incroyables, elle organise et réussit la troisième évasion de son mari lors d’un des transferts entre la prison de Montluc et l’Ecole de Santé (là où étaient interrogés les résistants). Suivront plusieurs semaines de cache, de survie dans la montagne avant l’exfiltration en Angleterre, alors qu’elle est presque sur le point d’accoucher de leur deuxième enfant. Jusqu’à la libération de la France et de Paris…

Quelle personne extraordinaire que cette Lucie ! Sa personnalité solaire, équilibrée, courageuse, audacieuse, ses valeurs de liberté et de résistance, l’amour tellement fort qui unissait son couple, voilà ce que l’on peut retenir sans doute de cette femme. Le couple gardera le nom d’Aubrac après la guerre. Plusieurs écoles de France portent désormais son nom. A chaque début de chapitre, le contexte historique est précisé, avec la situation des combats, des zones nord et sud, l’évolution et la répression de la résistance. A la fin du livre des photos complètent le récit bien documenté de Philippe Nessmann.

Philippe NESSMANN, Lucie Aubrac résistante, Flammarion jeunesse, 2014

Petit Bac 2022 – Prénom 1

Moi, Malala

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Moi, Malala

Quatrième de couverture :

Je n’étais pas triste. Je n’avais pas peur. Je pensais juste : « Peu importe ce à quoi je ressemble : je suis vivante. » J’éprouvais de la reconnaissance. Peut-être l’ancienne Malala aurait-elle pleuré. Mais quand vous avez presque perdu la vie, un visage grotesque dans un miroir est la preuve que vous êtes toujours ici, sur cette terre.

Dans le bus scolaire qui la ramène de l’école le 9 octobre 2012, Malala est abattue à bout portant par les talibans. Transportée et opérée en urgence en Angleterre, elle sera sauvée. Elle vit depuis avec toute sa famille à Birmingham. Par sa lutte pour l’éducation, et en particulier celle des filles, Malala veut transformer le monde.

Tout le monde connaît l’existence et l’histoire de Malala. Je l’ai choisie pour diverses raisons : sa biographie fait l’objet d’un exercice dans un de mes bouquins de prof de français et je trouvais intéressant de lire son histoire développée ; durant ces vacances de Noël, il ne me fallait vraiment rien de compliqué à lire et c’était donc l’occasion de sortir ce livre de la PAL, d’autant que je proposerai l’exercice dans quelques semaines ; il y a un signe de ponctuation dans le titre pour le Petit Bac 2022 ; et surtout, surtout, après lecture et en pensant à la rencontre avec Frank Andriat en novembre dernier, c’est super important de voir comment plusieurs personnes, une toute jeune fille en particulier, refuse de se laisser retourner le cerveau et agit courageusement pour les droits des enfants, des jeunes, des filles à l’éducation.

Si le livre n’est pas compliqué, il se laisse lire avec intérêt : je ne vais pas vous retranscrire l’histoire complexe du Pakistan et des pays voisins depuis la décolonisation de l’Inde en 1948 – cette histoire est d’ailleurs retracée à la fin du livre -, Malala y naît en 1997, premier enfant d’un couple de Pachtounes qui vivent dans la vallée du Swat, au nord du pays, près de la frontière afghane. Si sa mère ne sait pas lire et est profondément religieuse, elle collabore sans problème au travail de son mari, directeur d’école, esprit libre et ouvert qui a toujours encouragé sa fille à s’exprimer librement et s’est toujours opposé aux Talibans quand ceux-ci ont pris le contrôle de la vallée du Swat. Très jeune, Malala a connu le déplacement de population, l’exil, la guerre civile (qui ne dit pas son nom), la peur des bombardements et des attentats. Mais elle aime tellement l’école qu’elle surmonte ses peurs et ne craint pas de s’exprimer à chaque occasion, sur un blog hébergé par la BBC, qui fera connaître la situation des filles au monde occidental, à la radio ou à la télévision. Sa foi musulmane, simple et profonde à la fois, lui permet de garder confiance.

Les menaces de mort la rattraperont un jour d’octobre 2012 lorsqu’un taliban tire sur elle, la blessant grièvement à la tête et blessant deux de ses amies. C’est la présence d’esprit d’un médecin pakistanais et la présence au Pakistan de médecins anglais en mission humanitaire qui vont sauver la jeune fille de quinze ans : elle sera transférée et opérée à Birmingham, elle subira plusieurs autres opérations au cours de sa convalescence et sa famille, ses parents et ses deux petits frères, qui l’empêchent toujours de prendre la grosse tête, pourront la rejoindre en Angleterre. C’est le prix à payer : impossible pour la famille de retourner vivre au Pakistan. Malgré cette douleur, Malala continue à militer pour les droits des filles à l’éducation, elle est – entre autres – attentive à ce qui se passe en Afghanistan, en Syrie, en Palestine, dans tous les lieux où les conflits écrasent les droits des enfants, et plus encore ceux des filles.

C’est un beau témoignage à faire lire aux ados, garçons et filles, ne serait-ce que pour comprendre la chance qu’on a d’aller à l’école (je sais, ça fait morale simplette mais tant pis). Des cartes géographiques, une histoire du Pakistan, un glossaire et des photos enrichissent et agrémentent la lecture.

« Quand un garçon naît au Pakistan, c’est l’occasion de grandes réjouissances. On tire des coups de feu en l’air. On dépose des cadeaux dans le berceau du bébé. Et on inscrit le prénom du garçon dans l’arbre généalogique de la famille. Mais quand c’est une fille, personne ne vient rendre visite aux parents, et les femmes éprouvent simplement de la sympathie pour la mère.
Mon père n’accordait aucune attention à ces coutumes. J’ai vu mon prénom – écrit à l’encre bleue brillante – juste là, au milieu des prénoms masculins de notre arbre généalogique. Le premier prénom féminin en trois cents ans !
Toute mon enfance, il m’a chanté une chanson sur ma fameuse homonyme pachtoune :  » O Malalai de Mainwand, fredonnait-il, lève-toi encore pour faire comprendre le chant de l’honneur aux Pachtounes, Tes paroles poétiques font se retourner les mondes. Je t’en prie, lève-toi encore une fois. »

« Le terrorisme c’est la peur tout autour de soi. C’est aller se coucher le soir sans savoir quelles horreurs le lendemain matin apportera. C’est se réfugier avec sa famille dans la pièce centrale parce qu’on a décidé d’un commun accord que c’est l’endroit le plus sûr où se tenir. C’est descendre sa propre rue sans savoir à qui on peut faire confiance.
Le terrorisme, c’est la crainte, quand votre père passe la porte pour sortir le matin, de ne pas le voir revenir le soir…..
Pendant la seule année 2008, les talibans ont fait exploser deux cents écoles. »

Malala YOUSAFZAI et Patricia McCORMICK, Moi, Malala, traduit de l’anglais par Michel Laporte, Le Livre de poche Jeunesse, 2016

Petit Bac 2022 – Ponctuation 1

Les notes du jeudi : De la valse (1) Frédéric Chopin

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Après les valses de Vienne entendues au traditionnel concert de Nouvel An, je vous propose de rester dans ce tempo pendant quelques jeudis, ça nous aidera à garder la pêche face au temps gris.

Frédéric Chopin en a composé beaucoup pour le piano, voici la Grande valse brillante en mi bémol majeur op. 18, composée en 1833 et interprétée par Natalie Schwamova.

Bienvenue à High Rising

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Bienvenue à High Rising

Présentation de l’éditeur :

L’auteure à succès Laura Morland et son turbulent fils Tony ont décidé d’aller passer les fêtes de fin d’année dans leur maison de campagne. Mais l’ami et voisin de Laura, George Knox, a embauché une secrétaire sournoise qui a décidé de se marier avec son employeur, perturbant ainsi le fragile équilibre du village.
Laura pourra-t-elle sauver George des griffes de Miss Grey et aider sa fille, Miss Sibyl Knox, à se fiancer avec celui qu’elle aime ?

Nous sommes en 1930. Laura Morland, veuve très jeune, s’est prise en main pour assurer son autonomie et l’éducation de ses quatre garçons. Elle a réussi : en écrivant de bonnes romances, elle gagne très bien sa vie, en n’étant pas dupe de son statut littéraire, elle a plusieurs bons amis, notamment dans le village de sa maison de vacances, High Rising, où elle emmène pour les vacances de Noël Tony, son dernier fils, pensionnaire polisson fou de trains miniatures. Laura découvre que son vieil ami George Knox, historien, veuf lui aussi, est sous la coupe de Miss Grey, sa jolie secrétaire, et que Sybil, la fille de George, ne parvient pas pas à s’affirmer devant « le succube ». Avec l’aide d’autres habitants du village, Laura va comploter à coups de potins, de manoeuvres raffinées, de tasses de thé pour que les choses s’arrangent.

Voilà un délicieux bonbon anglais à consommer sans modération si vous aimez la campagne anglaise, les intrigues de village, les petites jalousies entre amis… et les trains miniatures. Bienvenue à High Rising est le premier grand succès d’Angela Thirkell, publié en 1931. Vous y croiserez une servante aux usages un peu cavaliers, un médecin amoureux transi, un écrivain grandiloquent, une célibataire aux petits soins pour sa mère grabataire… Il ne s’y passe rien de rocambolesque, de bruyant, d’haletant… mais les amateurs succomberont au charme du village et de ses habitants et à l’humour bien trempé de son auteure.

« – Si vous écrivez vraiment un roman, j’aimerais beaucoup le lire quand vous l’aurez terminé.
– Vous risquez de ne pas l’apprécier, l’avait prévenu Laura de sa voix suave. Il n’a rien d’intellectuel. L’écriture est pour moi un gagne-pain. Voyez-vous, de son vivant, mon mari était un boulet. Naturellement, il m’est encore moins utile à présent qu’il est mort, même s’il me coûte moins cher. Mais l’idée m’est venue que, si je parvenais à commettre de bons mauvais romans, je pourrais peut-être financer les études de mon fils.
– De bons mauvais romans ?
– Oui. Des romans médiocres, mais bons dans leur genre : des romans de seconde zone. C’est tout ce dont je suis capable, lui avait-elle expliqué avec le plus grand sérieux. »

« – Quel soulagement de vous entendre hésiter sur les pronoms relatifs, George. Il m’arrive si souvent de douter ! Et quelle plaie que la ponctuation ! Le meilleur moyen de s’exprimer clairement est de souligner quatre fois un mot sur deux, comme la reine Victoria. »

Angela THIRKELL, Bienvenue à High Rising, traduit de l’anglais par Elisabeth Luc, 10/18, 2019 (Charleston, 2018)

Défi Un hiver au chalet Catégorie Soir d’hiver (une couverture enneigée)

Petit Bac 2022 : Lieu 1

10/18 fête ses 60 ans en 2022

Les blablas du lundi (38) : Je lis donc je suis, Bilan 2021 et toute cette sorte de choses pour 2022…

Si je ne vous l’ai pas encore dit sur un réseau ou l’autre, je vous souhaite une bonne année, envers et contre tout ! Et surtout plein de belles lectures nourrissantes, dépaysantes, divertissantes… comme il vous plaira !

Commençons par un regard sur les lectures de 2021, avec le fameux tag « Je lis donc je suis ». J’adore proposer des réponses improbables grâce aux titres de l’année…

Décris où tu vis actuellement : La Maison d’été

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ? Les pas perdus du Paradis

Ton moyen de transport préféré : Des trains pas comme les autres

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est ? La Géante

Toi et tes amis, vous êtes ? Le Ladies Football Club

Comment est le temps ? L’hiver de pluie

Quel est ton moment préféré de la journée ? Comme tous les après-midi

Qu’est la vie pour toi ? L’alphabet du destin

Ta peur ? Brûler brûler brûler

Quel est le conseil que tu as à donner ? Ce soir, on dort dans les arbres

La pensée du jour : Le désespoir est un péché

Comment aimerais-tu mourir ? Une mort pas très catholique

Les conditions actuelles de ton âme ? Je reste ici

Ton rêve ? Savoir-vivre


En 2021 j’ai lu 94 livres dont trois BD : 1 Algérie – 16 Angleterre – 1 Autriche – 29 Belgique – 3 Etats-Unis – 18 France – 1 Haïti – 1 Ile Maurice – 1 Inde – 1 Iran – 1 Islande – 7 Italie – 1 Liban – 1 Nigéria – 1 Porto Rico – 7 Québec – 1 Suisse (Hongrie) – 1 Tunisie – 1 Venezuela

Même si près d’un tiers de mes lectures sont belges, j’ai fait un joli petit tour du monde et j’espère bien continuer en 2022. J’ai sorti 66 livres de ma PAL (autant dire que je vide l’océan à la petite cuiller) et lu 21 livres achetés dans l’année, le reste étant des SP, prêts ou cadeaux.

Mes préférés de 2021, dans l’ordre où je les ai lus :

Le coeur de l’Angleterre, Jonathan Coe

La Géante, Laurence Vilaine

Trouver l’enfant, Rene Denfeld

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Lorsque la vie déraille, Frank Andriat

Il fait bleu sous les tombes, Caroline Valentiny

Je reste ici, Marco Balzano

L’été avant la guerre, Helen Simonson

L’Hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie

Chroniques d’une échappée belle, Luc Baba

L’alphabet du destin, Liliane Schraûwen


Quels sont les projets pour 2022 ?

Allez, on vise les 100 livres au moins !

En 2021 j’ai essayé de lire un Zulma par mois (il semblerait que leur anniversaire soit plutôt en 2022 mais ce n’est pas grave). J’ai envie de sortir des Picquier de ma PAL mais ce projet attendra car… Tadam !

En 2022, Les Passions de Chinouk et Readlookhear organisent un challenge littéraire spécial Editions Gallmeister.

Chaque mois sera consacré à un thème et on peut aussi jumeler les thèmes avec les 50 états des USA.

Janvier : C’est la vie / Février : Nature writing / Mars : Roman noir / Avril : Girl power / Mai : Il était une fois dans l’ouest / Juin : Chasse et pêche / Juillet : Adaptation ciné- TV / Août : Hors US / Septembre : Un mois avec un auteur / Octobre : Direction le Montana / Novembre : on mène l’enquête / Décembre : On sort du cadre / Joker : Amérindiens

Avant je rêvais d’un Gallmeister en septembre, cette année je vais tenter un Gallmeister par mois. Et tenter de compléter ma liste de 50 états, 50 lectures.

J’ai rempilé pour le Petit Bac 2022, en espérant compléter une ligne belge et une ligne Agatha Christie en plus d’une (au moins) ligne générale.

Jusqu’au 1er mars, je participe (très moyennement) au Défi Un hiver au chalet.

Bien évidemment le Mois belge reviendra en avril et j’espère participer modestement à quelques mois thématiques comme le Mois latino en février, l’African American Month en février, le Mois italien en mai, le Mois anglais en juin et le Mois africain en octobre.

J’aimerais faire un peu de place à la non-fiction (ce ne sera pas tout à fait un voeu pieu car j’ai deux billets prévus en janvier – mais il me faut y penser toute l’année).

Une fois par mois, il y aura un rendez-vous Poésie avec Marilyne.

Et puis on verra… Pas trop de pression quand même huhuhu…

En bref… on ne va pas s’ennuyer ! Je me souhaite donc une bonne année entre les pages des livres et sur ce blog !

Les notes du jeudi : l’Epiphanie avec Bach

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Ce premier jeudi de janvier tombe tout pile le 6 janvier, la date que l’on associe à l’Epiphanie et à la visite des mages à Bethléem. Bac a écrit quatre cantates pour cette fête. Voici la BWV 65 Sie werden aus Saba alle kommen (Ils viendront tous de Saba), composée à Leipzig en 1724. Voici de nouveau la Société hollandaise Bach conduite par Hans-Christoph Rademann, avec Daniel Johannsen, ténor et Matthew Brook, basse.

Comme résonne la vie

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Pour commencer cette nouvelle année, j’inaugure un nouveau rendez-vous mensuel autour de la poésie avec ma copine Marilyne. Chaque premier mercredi du mois (sauf exceptions tout à fait plausibles), nous vous présenterons de la poésie : un texte, un auteur, un recueil… avec des liens avec d’autres formes artistiques. Ca me fait plaisir qu’on se rejoigne sur ce projet, car s’il y a longtemps que je n’ai plus présenté de poésie ici, j’en lis et j’en achète régulièrement. (Mais je ne vous présenterai pas spécialement des nouveautés…)

En ce mois de janvier, je vous invite à découvrir la poétesse québécoise Hélène Dorion, née en 1958, à travers ce recueil Comme résonne la vie, dont voici le poème inaugural :

Comme résonne étrangement la vie
que tu vois se lever, au milieu du brouillard
de l’enfant que tu étais, hier encore
à la table où ton père, où ta mère
fouillaient le quotidien, sarclaient
la terre, arrachaient les herbes égarées
parmi les tulipes hautes
qui flottent encore dans le jardin comme
des étoffes, et mesurent les vents à venir.

Alors, comme résonne étrangement la vie
derrière la tempête qui broie ton corps
d’enfant, jette des marées de solitude
sur tes rêves, crois-tu, un mouvement
de lumière gagne sur la brume
peu à peu tu défriches la forêt
du passé, vois le chemin
où naissent et glissent
dans la terre les fragiles espérances.

Tu entends soudain la pulsation du monde
déjà tu touches sa beauté inattendue.
Dans ta bouche fondent les nuages
des ans de lutte et de nuées noires
où tu cherchais le passage
vers l’autre saison

et comme résonne étrangement l’aube
à l’horizon, enfin résonne ta vie.

A travers ses poèmes, Hélène Dorion dit le voyage personnel, l’histoire humaine, souvent marqués de grands vents et d’hivers froids, mais toujours reliés à la nature, une ancre qui permet de ne pas se noyer dans les grands fonds, de comprendre le chemin, de se révéler au bout de la nuit. Plusieurs poèmes sont écrits tantôt en tu, tantôt en je, creusant le mystère de notre présence au monde.

Horizons 2

Tout ce qu’il faut de lumière, tout
ce qu’il faut d’ombre pour tenir au faîte
de soi-même, être libre, crois-tu, être vraie
pour autant que cela veuille toujours dire
quelque chose, aujourd’hui que soufflent
sur tes pas les vents durs
ta main s’agrippe où persiste l’éclaircie.

C’est en haut, tout en haut qu’est ta vie
tu entres par le feu, tu sais
désormais le mensonge, désormais la trahison, l’orage
a secoué le navire, arraché les mâts, le choc
t’a projetée si loin — soudain tu n’entends
ni ne vois d’horizon, ne touches
ni l’amour ni l’oubli de l’amour.

Mais la rive, tu devines une rive au milieu de nulle part
une voix creuse et affouille l’obscurité
le temps bientôt remuera de nouveau
— chaque heure contient ta destinée.

(p. 38)

Quelques textes disent aussi la richesse des mots, des poèmes sur lesquels on peut compter pour creuser la fragilité et s’accrocher aux branches solides ou aux frêles bourgeons.

Les mots dans la bouche
d’un livre qui les abrite et les confie
à l’or et au plomb, tu ouvres
la porte du jardin d’encre
et de papier, jardin de roses et de soie.

Une phrase recompose l’espace
en détache le passé incertain
comme une empreinte rejoint ce qu’il efface
il est temps de rendre les mots
à ce qui les tient à l’abri

comme un nid fragile
au bout de la branche, de les recueillir
qu’ils épuisent le manque
et couvrent chaque chose
de leur souffle, disent
la matière lumineuse
qu’ils ramènent vers nous.

(p. 52)

Impossible de ne pas sourire et noter l’un des derniers poèmes du lire, p. 63 :

Tu aurais lu tous les livres sur les rayons
les nouveaux comme les anciens, les grands
et petits formats, ceux qui traînent
depuis des mois, entamés
ou pas même ouverts, ceux
d’auteurs complices

Tu aurais lu les plus sombres
les légers, les illisibles et même ceux
qui cassent comme
glaces du fleuve, t’inventent un estuaire
ceux qui bousculent
t’abandonnent au milieu ou te poussent
du haut d’une falaise vers ton dénouement
ceux qui creusent, touchent ton cœur
remuent encore, une fois rangés
sur le rayons, ceux

qui ont mis ta vie sens dessus dessous
et ne se referment pas, tournent encore
autour de toi, ceux qui s’accumulent
sur la table du sommeil
que tu croyais connaître
par cœur, n’entrent pas
dans la poche des heures, courbent
l’échine, ont l’épine à l’envers, restent
sur le dos de la couverture
cachent leur vrai visage, ceux qui
à la fin, te diront que la vie tient aussi
aux histoires qui la racontent,
aux mots qui surgissent par la fenêtre
à ce qu’ils éclairent
dans la forêt de tes pas.

Pour accompagner ce billet, comme il est souvent question d’hiver et d’arbres dans ce recueil, je vous propose de contempler ce tableau de Camille Pissarro, Paysage enneigé à Eragny avec un pommier. Et pourquoi pas, d’écouter L’hiver des Quatre saisons de Vivaldi ?

Paysage enneigé à Eragny avec un pommier

Hélène DORION, Comme résonne la vie, éditions Bruno Doucey, 2018

Marilyne vous présente Petit éloge de la poésie de Jean-Pierre Siméon.

Défi Un hiver au chalet – Catégorie Ah ! comme la neige a neigé ! (un recueil de poésie)

Et j’inaugure avec ce titre le Petit Bac 2022 – Verbe 1.