Les notes du jeudi : En forêt (6) Ottorino Respighi

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Ce n’est peut-être pas tout à fait une forêt mais voici une dernière oeuvre qui parle d’arbres : Pini di Roma, un poème symphonique d’Ottorino Respighi (1879-1936).

Le Sofia Philharmonic eest dirigé par Ljubka Biagioni (une femme, c’est pour ça que j’ai choisi cette version !)

Les notes du jeudi : En forêt (5) Bedrich Smetana

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Je croyais avoir trouvé plusieurs choses mais en cherchant un peu (et aussi grâce au hasard des programmations à la radio), j’ai encore trouvé deux idées qui traitent des arbres en musique. Dans La Moldau de Smetana (182-1884), le quatrième mouvement est intitulé « Par les bois et les prés de Bohême ». Bien sûr, je vous « l’offre » en entier. Rafael Kubelik dirige le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunk.

Le chant des plaines

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Quatrième de couverture :

Kent Haruf nous entraîne au coeur de cette Amérique profonde que l’on ne connaît pas assez. Nous sommes dans un bled perdu du Colorado. Entre le bruissement des éoliennes et le piétinement des troupeaux, des destins se croisent. Une lycéenne demiindienne de dix-sept ans enceinte d’un garçon parti sans laisser d’adresse est jetée à la rue par sa mère. Un prof du lycée du coin tente de s’en sortir avec deux gamins sur les bras après la fuite de sa femme dépressive. Ce petit monde se retrouve dans la ferme des McPheron, deux vieux célibataires aux mains calleuses mais au coeur en or… Dans l’attention minutieuse qu’il porte à ses personnages et à leur vie quotidienne, tout en émotion contenue, Haruf n’est pas sans faire songer au grand Richard Yates. On n’oubliera pas de sitôt la poussière soulevée par les vieux pick-up sillonnant les grandes plaines.

Au début, j’étais un peu perplexe : tant de détails sur de tout petits gestes du quotidien me semblaient répétitifs… Mais assez vite, je me suis laissé prendre à la grâce sans fard des personnages de Kent Haruf. Je crois que c’est à partir du moment où Tom Guthrie va aider les frères McPheron à la ferme avec ses enfants que je me suis laissé charmer (et pourtant le vieux Raymond ne devait pas sentir très bon et cette vache rousse était bien effrayante). Et puis, vous savez, quand le coeur frémit dans la poitrine parce que ces vieux frères ont le coeur tellement bon, quand vous avez envie de crier à Victoria « Mais non, tu ne vas pas faire ça !! », quand vous avez envie de serrer Ike et Bobby dans vos bras tant ls sont courageux, ces deux petits frères… Vous savez, quand le frisson du coup de coeur s’installe peu à peu et ne vous lâche plus…

La quatrième de couverture en dit pas mal pour rattraper mon billet aux impressions décousues (et enthousiastes). Il y a, dans ce roman, des formes de perte, de solitude, mais aussi de résilience sublime de simplicité. Il y a deux vieux frères et deux jeunes frères, tous très attachants, et qui vivent une forme d’initiation (bien la preuve qu’on peut apprendre et qu’on peut être ouvert d’esprit à tout âge, même au fin fond de l’Amérique). Il y a deux beaux personnages de femmes aussi, la jeune Victoria Roubideaux et Maggie Jones, des femmes qui parviennent à tracer leur route dans ce milieu assez traditionnel. Ces rencontres intergénérationnelles sont empreintes d’authenticité et de douceur, malgré une violence toujours prête à surgir.

Il paraît que Kent Haruf a repris ses personnages et a écrit deux romans encore dans le cadre de cette petite ville du fin fond du Colorado. J’aimerais les retrouver et vibrer à nouveau avec eux, grâce à eux. J’aime définitivement bien cette collection Pavillons de Robert Laffont.

« Dehors, le vent s’était levé plus fort que dans l’après-midi. Ils l’entendaient pleurer au coin de la maison, gémir et souffler dans les arbres nus. La neige sèche était soulevée par les bourrasques et passait devant les fenêtres en tourbillons soudains, traversant le jardin gelé sous la lumière de la ferme qui pendait à un pylône de téléphone sur l’arrière. La neige filait et accélérait dans la lumière bleutée. A l’intérieur, tout était tranquille. »

« Et ainsi, les deux frères McPheron se mirent à discuter bétail, abattoir et bouvillons de choix, génisses et veaux de lait, expliquant tout cela aussi, et entre eux trois, ils discutèrent à fond de toutes ces choses, jusque tard dans la soirée. Parlant. Conversant. S’aventurant un peu dans d’autres sujets assez divers. Les deux vieux bonshommes et la fille de dix-sept ans assis devant la table de la salle à manger en pleine campagne après la fin du dîner, et après avoir nettoyé la table, tandis que dehors, au-delà des murs de la maison et des fenêtres sans rideaux, un vent du nord bleu et froid commençait à souffler une nouvelle série de bourrasques hivernales sur les hautes plaines. »

Kent HARUF, Le chant des plaines, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Benjamin Legrand, Pavillons Poche, Robert Laffont, 2014

Etat du Colorado (50 états, 50 romans)

Les notes du jeudi : En forêt (4) Gabriel Dupont

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De Gabriel Dupont (Français, 1878-1914), voici le deuxième mouvement de son Esquisse symphonique en trois mouvements Jour d’été. Ce mouvement lent s’intitule Sous-bois. Le voici interprété par l’Orchestre royal philharmonique de Liège dirigé par le regretté chef belge Patrick Davin, qui vient de mourir brutalement en septembre dernier.

La famille Middlestein

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Quatrième de couverture :

Comment survivre à sa famille?

Bienvenue chez les Middlestein, une famille au bord de la crise de nerfs depuis qu’Edie, la mère, risque d’y passer si elle ne prend pas au sérieux ses problèmes d’obésité. Le pompon? Le père la guitte pour découvrir à soixante ans les affres du speed dating. Une trahison impardonnable pour leur célibataire de fille, un rebondissement que voudrait bien oublier le fils en fumant son joint quotidien, si sa femme ne s’était pas mis en tête de sauver Edie à grand renfort de Pilates et de Weight Watchers. Une question taraude toutefois les Middlestein : et s’ils étaient tous un peu responsables du sort d’Edie ?

Bienvenue chez les Middlestein, une famille juive d’une banlieue de Chicago dont le personnage central est (comme dans toute bonne famille juive) Edie, la mère qui est vraiment très grosse (ce qu’on appelle de l’obésité morbide) et qui se fout comme d’une guigne (ou presque) des conseils des médecins, des recommandations de sa fille Robin et de sa belle-fllle Rachelle, « une pudibonde obsessionnelle et coincée » (du moins sous le regard de son beau-père Richard Middlestein), et des anxiétés de ses petits-enfants. Mais quand son mari Richard la quitte, entre deux opérations chirurgicales, toute la famille éclate et même Edie, qui s’est toujours bien cachée et caparaçonnée sous sa couche de graisse, vacille.

Jami Attenberg passe d’un personnage à l’autre et d’une époque à l’autre (elle joue pas mal de l’effet de prolepse) dans l’histoire de cette famille née de l’exil pour en comprendre tous les membres, leurs ambitions, leurs rêves, leurs angoisses, leur rapport au corps et au désir et bien sûr, à la nourriture. Une famille pas ultra-religieuse mais qui célèbre les grandes fêtes juives qui marquent aussi son identité (et qui sont aussi de fameuses occasions de célébrer la nourriture).

C’est un chouette roman sur l’amour et la bouffe, un roman tout en contrastes, comme ses personnages bien typés, racontés – comme le dit la quatrième de couverture – avec tendresse et humour par Jami Attenberg. Un roman qui trouve son apogée dans le final, où l’amant d’Edie lui cuisine amoureusement des nouilles et un plat de canard chinois qui contraste avec toutes les nourritures industrielles qu’Edie a consommées pendant longtemps pour combler le manque d’amour dont elle souffrait. Je pense que je me souviendrai de cette femme forte dans tous les sens du terme.

Jami ATTENBERG, La famille Middlestein, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Reignier-Guerre, 10/18, 2015 (Les Escales, 2014)

Le très chouette billet de Kathel

Dernière participation au Mois américain 2020 et l’occasion d’associer un titre à l’Etat de l’Illinois (50 états, 50 romans, vous savez, ce vieux défi que je complète une fois tous les cinq ans)

A propos de Pre

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Quatrième de couverture :

Pete Miller, un jogger vieillissant, a été l’ami de Steve Prefontaine, une légende du demi-fond américain. Arrivé à l’âge de la retraite, il décide de raconter – avec pour toile de fond la participation des Nifty Tortoises, son équipe de vétérans, au célèbre Hood to Coast Relay et l’histoire des États-Unis des années cinquante à nos jours –, l’épopée sportive de celui que ses supporters surnommaient « Pre ». Un athlète qui professait une haute opinion de son sport : « Selon Steve, l’important n’était pas la victoire, mais la manière. Gagner une course en la gérant, restant prudemment derrière pour démarrer dans le dernier tour, c’était bon pour les poules mouillées, pour les comptables. Ce n’était pas ainsi que lui, Steve Prefontaine, voyait la course. “Et comment la vois-tu, la course, toi, Plouc, avait demandé Bowerman ? – Comme une œuvre d’art, coach ! Une œuvre d’art.” ».

Ce n’est pas la première fois que Daniel Charneux s’inspire d’un personnage bien réel pour écrire un de ses romans : dans Nuage et eau, il nous racontait l’histoire du moine bouddhiste Ryôkan. Ici c’est de l’athlète américain Steve Prefontaine (1951-1975) qu’il raconte le parcours : un coureur doué, obstiné, spécialisé dans les distances de 1500 à 10 000 mètres, qui a « profité » de ses études universitaires pour s’entraîner sérieusement et se faire connaître déjà au-delà de son état natal l’Oregon et des Etats-Unis et qui se préparait aux J.O. de Montréal quand il perdit brutalement la vie dans un accident de voiture. C’était un athlète particulier, qui préférait le style et le panache à la tactique  : faire la course en tête du début à la fin, c’était son idée, comme prouver qu’un coureur issu d’un milieu modeste pouvait se hisser au rang des grands (au prix d’un courage et d’un travail acharnés).

Daniel Charneux fait raconter ce destin par Pete Miller, un narrateur lui-même très amateur de jogging qui a été l’ami de celui qu’on appelait Pre. Veuf, vieillissant, Pete se souvient de celui qui a détenu de nombreux records des Etats-Unis au temps où il courait, mais aussi de sa propre femme morte d’un cancer et d’une course de relais ambitieuse à laquelle il a participé avec tout un groupe de copains quelques mois auparavant.

C’est donc un roman qui parle de course à pieds, de performances, d’ambition mais aussi d’amitié, de deuil, de résilience, de mémoire. Le tout dans la langue fluide et élégante de Daniel Charneux. Bon, je n’ai pas été aussi séduite que le moine Ryôkan (je ne suis définitivement pas sportive) mais j’ai passé un bon moment en compagnie de Steve et de Pre. En toile de fond, l’Amérique des droits civiques, de la guerre au Vietnam, les Jeux olympiques de Munich en 1972 avec l’attentat palestinien, entre autres. De plus, le profane comme moi apprendra quelques anecdotes intéressantes sur l’entraînement et l’équipement des coureurs à pieds.

Merci à Gérard Adam et aux éditions M.E.O. !

Daniel CHARNEUX, A propos de Pre, éditions M.E.O., 2020

Comme tout se passe dans l’Oregon, je peux inscrire ce roman dans le Mois américain.

Les notes du jeudi : En forêt (2) Franz Schubert

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Je reviens au thème de la forêt (je me suis un peu laissé déborder la semaine passée et n’ai rien posté). Voici aujourd’hui un lied assez célèbre de Franz Schubert sur des paroles de Goethe, Erlkönig – Le roi des aulnes, par Dietrich Fischer-Dieskau accompagné de Gerald Moore et une version en théâtre d’ombres, par un ténor, Daniel Norman et Sholto Kynoch au piano.

Le camp des morts

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Quatrième de couverture :

Lorsque le corps de Mari Baroja est découvert à la maison de retraite de Durant, le shérif Walt Longmire se trouve embarqué dans une enquête qui le ramène cinquante ans en arrière. Il plonge alors dans le passé déchirant de cette femme et dans celui de son mentor, le légendaire shérif Connally. Tandis que résonne l’histoire douloureuse de la victime, d’autres meurtres viennent jalonner l’enquête. Aidé par son ami de toujours, l’Indien Henri Standing Bear, le shérif mélancolique et désabusé se lance à la poursuite de l’assassin à travers les Hautes Plaines enneigées.

Quelle joie de retrouver le shérif Walt Longmire ! En fait, cette deuxième « aventure » démarre peu de temps après la fin de Little Bird, où – attention, je spoile – s’est terminée par une terrible marche en montagne, accompagnée des Vieux Cheyennes, et par la mort d’une femme que Walt s’était mis à aimer profondément. Il est encore meurtri par ce deuil et il dort toujours dans une cellule au bureau, avec le chien de Vonnie qu’il a adopté, parce que sa maison a le toit percé. Eh oui, l’hiver n’a pas lâché prise, au contraire, au moment où on l’appelle au Foyer des Personnes dépendantes (quel nom !) pour enquêter sur la mort de Mari Baroja. Une mort qui semble tout à fait naturelle mais Lucian Connally, le vieux shérif à l’ancienne et ami de Walt, insiste pour que celui-ci mène une enquête criminelle, car il avait des liens très particuliers avec la défunte. Celle-ci est d’origine basque (je savais déjà grâce à Oyana qu’il y avait des descendants basques au Québec, eh bien il y en a aussi au Wyoming) et justement, un candidat basque se présente pour rejoindre l’équipe du shérif (Vic et Ruby seront vite sous le charme et Santiago Saizarbitoria se révélera excellent au cours de l’enquête). Il faut un certain temps avant que le décès soit effectivement qualifié de criminel (empoisonnement) et alt va se plonger dans le passé douloureux de la défunte pour tenter de comprendre qui l’a assassinée, et pas seulement (d’autres meurtres et tentatives de meurtres vont suivre). Il sera question d’amours contrariées, de violences conjugales, d’enfants illégitimes, de profits juteux liés à l’exploitation du méthane.

Comme toujours, Walt pourra compter sur le soutien indéfectible de son ami Henry Standing Bear, de son adjointe Vic au langage fleuri, de la fidèle Ruby, de son nouvel adjoint – baptisé Sancho – aussi efficace que poli et discret (ça change de Vic 😉 ) et même de sa fille Cady, débarquée de Philadelphie. On aura encore droit à une nuit d’enfer dans la neige et la glace (mais c’est tellement prenant) et à un dénouement inattendu. L’humour et l’immense humanité du shérif Longmire, l’amitié, la fidélité, les grands espaces du Wyoming sont toujours au rendez-vous et qu’est-ce que ça fait bien de connaître un héros aussi attachant ! J’en ai encore pas mal à découvrir sur lui et il y a même encore quelques titres à traduire, quelle chance !!

Beaucoup de citations sur la page Babelio du livre

Craig JOHNSON, Le camp des morts, traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister Totem, 2012 (Gallmeister, 2010)

Le Mois américain

Pumpkin Autumn Challenge –Automne frissonnant – Les supplices de la belladone (livre à la couverture noire)

Pas faite pour

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Quatrième de couverture :

Cécile, obscure professeur de violon, plaquée par un compagnon qui réussit mieux qu’elle dans la musique, est une jeune femme frustrée, aigrie, manquant de confiance en elle. Ses amies lui offrent pour son trente-cinquième anniversaire un abonnement à une salle de sport qui va donner à sa vie un tour inattendu.
L’amitié d’une monitrice va l’amener à mettre ses préjugés de côté et lui faire découvrir un univers pour lequel elle ne s’imaginait pas faite.
La rencontre d’un abonné de la salle va bousculer son image d’elle-même et la déposer – peut-être – à l’aube d’une autre existence..

Véronique Adam signe ici un premier roman nourri de sa propre expérience : elle-même est violoniste de formation et a joué dans différentes tournées et événements télévisés puis elle s’est passionnée pour le fitness dont elle a fait son nouveau métier et où elle s’est illustrée au plan sportif. Je crois que j’ai choisi ce livre parce que, comme l’héroïne Cécile au début du roman, je me sens aussi éloignée du fitness et de toute autre envie sportive qu’elle. Mais le cadeau offert par ses amies va finir par prendre beaucoup de place dans sa vie et par carrément la transformer. Elle va gagner en confiance en elle, son regard sur les autres va changer en positif et elle va même rencontrer l’amour, pas le grand amour de toute une vie mais une relation suffisamment forte pour participer à sa métamorphose.

C’est un roman qui peut paraître feel good mais qui illustre bien la vie des jeunes femmes actuelles, leur vie trépidante et pourtant lassante, leurs amitiés, leurs amours qu’elles n’hésitent pas à remettre en question pour un mieux (ou pas – l’ex-compagne de Danny semble rester dans un modèle assez traditionnel étouffant… pour l’homme). Il est intéressant aussi pour l’ouverture d’esprit renouvelée de Cécile grâce à sa coach Véro (tiens, tiens, la coach s’appelle Véronique 😉 non,non, les adeptes du fitness ne pensent pas qu’à leurs muscles.)

Une année de vie racontée avec fluidité par Véronique Adam.

Un grand merci à Gérard Adam et aux éditions M.E.O.

Véronique ADAM, Pas faite pour, Editions M.E.O., 2020

#belgiqueterrelitteraire

Pumpkin Autumn Challenge –Automne Douceur de vivre – Siroter un chocolat chaud sous les saules (feel good)