Les notes du jeui : Leonard Bernstein 100 ans (4)

Mots-clés

,

Aujourd’hui je vous propose des extraits de Candide (1956) : évidemment inspiré du conte philosophique de Voltaire mais se plaçant carrément dans le registre du pastiche.

Pas moins de cinq thèmes coexistent dans l’Ouverture,riche de mélodies et de décalages rythmiques. Elle est dirigée par Lenny himself.

Oh happy we décrit les aspirations de Cunégonde et Candide. Toujours avec Bernstein à la direction, voici June Anderson et Jerry Hadley.

Evidemment l’air le plus connu est Glitter and be gay et je ne résiste pas au plaisir de le diffuser une fois de plus. Cunégonde est maintenant courtisane à Paris. Elle se désole d’avoir perdu sa vertu tout en contemplant sa fabuleuse collection de bijou. Un air qui multiplie les hommages à l’Air des bijoux de Gounod et à la Reine de la nuit de Mozart. J’adore le jeu de scène de la soliste (June Anderson) et du chef du London Symphony Orchestra (Bernstein).

Enfin l’air final Make our garden grow, Cultivons notre jardin :

 

Publicités

Une forêt de laine et d’acier

Mots-clés

, , ,

Quatrième de couverture :

« Un parfum de forêt, à l’automne, à la tombée de la nuit. Le vent qui berçait les arbres faisait bruisser les feuilles. Un parfum de forêt, à l’heure précise où le soleil se couche. À ceci près qu’il n’y avait pas la moindre forêt alentour. Devant mes yeux se dressait un grand piano noir. Pas de doute possible : c’était bien un piano, laqué et imposant, au couvercle ouvert. À côté se tenait un homme. Il m’adressa
un regard furtif, sans un mot, avant d’enfoncer une touche du clavier. De la forêt dissimulée dans les entrailles de l’instrument s’élevèrent une nouvelle fois ces effluves de vent dans les feuilles. La soirée s’assombrit un peu plus.
J’avais dix-sept ans. »

« Une forêt de laine et d’acier », ce sont les sons, les résonances, l’accord produit par un piano. C’est l’histoire d’une révélation, d’une vocation, c’est un chemin d’apprentissage, celui de Tomura, adolescent insignifiant, lycéen originaire d’un obscur village de montagne qui, un jour, assiste à l’accordage du piano de son école et voit (ou plutôt entend) un univers s’ouvrir devant lui. Il suit donc des études d’accordeur et poursuit son initiation chez son mentor, monsieur Itadori, sous l’égide de Yanagi. Son chemin est semé d’observations, de découvertes, de rencontres mais aussi de doutes, de questions voire de tentations d’abandonner. Mais le souvenir de la forêt, le souffle du vent dans la montagne, le son moelleux des feuilles sous les pas du promeneur, toutes ces images resteront toujours présentes au coeur de Tomura pour parvenir à ce qu’il imagine la quintessence de son art : cela lui sera confirmé lors d’un retour dans son village, il comprendra que ces éléments naturels qui font partie de son histoire coïncident parfaitement avec ce qu’il a appris pour faire de lui un accordeur digne de ce nom. (C’est magnifique quand quelque chose de l’ordre du rêve, ou de la foi, des aspirations profondes se trouve confirmé dans le quotidien de la vie, non ? Ou quand ce que vous saviez être une vocation grandit, s’épanouit, s’enrichit et se confirme, vous procurant, tel l’accord parfait, une harmonie intérieure que rien ne pourra altérer.)

Accorder un piano, ce n’est pas seulement une question de technique et d’oreille, il faut y associer du goût pour l’histoire des pianos et la fréquentation des grands pianistes mais aussi une attention particulière à l’environnement du piano à accorder et aux attentes de celui qui en joue. Attentes que l’accordeur doit être capable de décrypter, de deviner parfois. Au cours de son apprentissage, Tomura sera particulièrement impressionné par la rencontre de deux jeunes pianistes, Yuni et Kazuné, des jumelles. Tomura, qui se croit insignifiant et peu doué, est attiré par le jeu de la plus discrète des soeurs. Natsu Miyashita, l’auteure, aurait pu tomber dans une certaine facilité avec une histoire d’amour mais elle est bien plus subtile. Même si je connais très peu et très mal la littérature japonaise, j’imagine que la clé du roman réside dans une recherche d’ordre philosophique : la quête de la beauté, de la justesse (justesse de l’accord, être accordé à soi-même), de la vertu, justement exprimée dans la métaphore du mariage à la fin du roman (pas celui de Tomura, c’est plus subtil, disais-je 😉 )

«  »Beauté » comme « justesse » étaient des mots nouveaux pour moi. Jamais je ne m’étais préoccupé de belles choses avant de rencontrer le piano. Non que je n’en connaisse pas; au contraire, j’en étais entouré. Simplement, je n’y prêtais guère attention. Pour preuve : depuis ma rencontre avec l’instrument, je découvrais quantité de pépites parmi mes souvenirs. » (p. 24)

« Un style nostalgique, lumineux, qui s’éclaire discrètement. Un style qui exprime des choses dures et profondes en les adoucissant quelque peu. Un style beau comme un rêve mais indéniablement réaliste. » (p.236)

Natsu MIYASHITA, Une forêt de laine et d’acier, traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon, Collection La Cosmopolite, Stock, 2018

Merci à Marilyne pour cette très belle découverte – Brize a aimé aussi.

Tout ça me donne envie de relancer la lecture de romans en lien avec la musique…

 

Fraternité de la parole

Mots-clés

,

Accours de tous tes membres
aux fenêtres du large

Reçois à ciel ouvert
le sel après les nuits

Dans le goulot des villes
invente les marées

Derrière chaque prunelle
dépiste le voyage

Ecarte les portes rêches
escorte celui qui sombre

Dénonce les mots de plomb
bouleverse les guêpiers

Epèle dans l’argile
les syllabes du rêve

Partout
brise le complot

C’est Aimer
qui importe !

Andrée CHEDID, Fraternité de la parole, Flammarion, 1992

 

Arles, place du Forum, juillet 2018

Les notes du jeudi : Leonard Bernstein 100 ans (3)

Mots-clés

,

La comédie musicale Wonderful Town date de 1953. Mélodies simples, rythmique sophistiquée, on revient au Bernstein optimiste et enthousiaste.

« L’action se déroule durant l’été 1935, à New York, dans le quartier de Greenwich Village. Les deux sœurs Sherwood, Ruth et sa cadette Eileen, s’y installent, débarquant de leur Ohio natal, afin de « conquérir » la ville. La première ambitionne de devenir écrivain ; la seconde désire être danseuse. L’arrivée à New York est dure : logements hors de prix, indifférence générale… Un homme peu scrupuleux leur loue un studio minable et cher. Très vite, les deux sœurs sont confrontées à la réalité : personne ne les attend ! Ruth est reçue par un éditeur de renom qui lui conseille de retourner dans sa province, Eileen se fait draguer par des hommes qui n’en veulent qu’à ses charmes et qui se moquent complètement de son talent de danseuse… Mais au fait, du talent, en ont-elles vraiment ? Pas sûr… » (Synopsis d’après Wikimachin)

Ouverture, par l’Ensemble Birmingham Contemporary Music et sir Simon Rattle

A little bit in Love

100 Easy Ways to Lose a Man

 

Les gens dans l’enveloppe

Mots-clés

, ,

Présentation par l’auteur :

En juin 2012, j’ai acheté sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne savais rien. Les photos me sont arrivées dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe, il y avait des gens à la banalité familière, bouleversante. Je n’imaginais alors pas l’aventure qu’elle me ferait vivre.

J’allais inventer la vie de ces gens puis je partirais à leur recherche. Un soir, j’ai montré l’enveloppe à mon meilleur ami, Alex Beaupain. Il a dit : « On pourrait aussi en faire des chansons. » L’idée semblait folle.

Le livre contient un roman, un album photo, le journal de bord de mon enquête et un disque, interprété par Alex, Camelia Jordana, Clotilde Hesme et Françoise Fabian. Les gens de l’enveloppe ont prêté leur voix à deux reprises de chansons qui ont marqué leur vie.

Les gens dans l’enveloppe est ainsi un objet littéraire moderne et singulier. Faisant œuvre de vies ordinaires, il interroge le rapport entre le romancier et ses personnages. Il est surtout l’histoire d’une rencontre, entre eux et moi.

Isabelle Monnin fait partie de ces quelques auteurs dont j’ai acheté tous les livres ou presque sans jamais les lire ou du moins sans vérifier si leurs écrits me plaisent ou pas. En lien avec ma thématique photo, j’ai donc sorti ce roman (et cette enquête) et je n’ai vraiment pas été déçue, au contraire ce fut une belle surprise.

Je ne répète pas le concept de ce livre, expliqué ci-dessus ; j’ai d’abord apprécié le roman, la sensibilité, l’empathie de l’auteur pour ses deux personnages féminins, l’enfant, la petite fille au pull rayé qu’elle imagine abandonnée par sa mère et laissée avec son père, les deux refermés sur eux-mêmes, sur leur douleur, sur leur affectivité blessée, et la mère qui se sent coincée dans une vie provinciale étriquée. Une histoire de gens simples, de petites gens portée par une belle écriture.

Entre le roman et l’enquête sont insérées une partie des photos qui ont inspiré Isabelle Monnin, ce qui, avec la couverture à rabats et le CD accompagnant l’histoire, témoigne de la qualité de cet objet-livre.

Vient ensuite l’enquête sur les vrais gens de l’enveloppe. Démarche à la fois culottée, improbable et finalement tellement riche d’humanité, de rencontres, d’ouverture. Les coïncidences entre le roman et la vraie vie sont un peu surprenantes, il est vrai. Outre ces rencontres très touchantes entre une romancière et ses « personnages », c’est évidemment tout le processus de création littéraire qui est intéressant à lire, un processus porté par des valeurs humanistes qui font du bien. Merci, Madame Monnin (je savais que j’avais raison d’acheter vos bouquins).

« J’aime que les photos soient floues et mal cadrées. Leur fragilité est leur beauté. Ainsi est attestée leur intimité. On ne les as montrées qu’à très peu de gens, ces photos ratées, ni envoyées à la famille ou encadrées sur le buffet.
En les ratant, le photographe s’immisce dans les photographies, c’est son mouvement que je vois dans le flou, son impatience dans le contre-jour, son trouble dans un cadre mal ajusté ; il dit « Interesse-toi à moi, ne m’oublie pas, je suis là ». » (p. 197)

« Les romans sont des abris où retrouver les disparus. Ecrire, c’est construire leur refuge, assembler des branchages, bâtir des murs, préparer les lits, penser à la liste des courses et aux chansons que l’on chantera après le repas. C’est les attendre au bout du chemin, la nuit est tombée déjà, ils sont en retard. » (p. 203)

« Je crois toute vie vaut la peine d’être racontée, chaque vie est un témoignage de toutes les autres. On racontera une époque, une terre, un petit monde. On racontera la vie des gens dont on ne parle jamais. Elle vaut autant que celle dont on parle-autant et aussi peu. »

Isabelle MONNIN avec Ale BEAUPAIN, Les gens dans l’enveloppe, JC Lattès, 2015

Roman et enquête écrits par Isabelle Monnin
Chansons d’Alex Beaupain

Les notes du jeudi : Leonard Bernstein 100 ans (2)

Mots-clés

,

En 1952, Leonard Bernstein compose Trouble in Tahiti, un opra en un acte à la veine assez caustique. Situé dans une banlieue américaine, cet opéra expose le désenchantement d’un amour entre Dinah et Sam, son mari, qui est plus intéressé par sa carrière et ses loisirs que par sa famille. A la manière d’une publicité de l’époque, Bernstein brosse dans le trio d’ouverture une représentation  idéalisée des familles de la middle-class américaine. Bien que le couple semble se réconcilier à la fin de l’opéra, leur amour semble condamné. 

There’s a law, par Jared Ice

Eux sur la photo

Mots-clés

, , ,

Quatrième de couverture :

Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices: deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. 

Une réponse arrive: Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père. Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire.

Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit.

Ma mini-série sur la photographie était l’occasion de sortir ce livre de ma PAL, où il reposait bien gentiment depuis longtemps (il a eu beaucoup de succès à sa sortie sur les blogs).

Le secret de famille, c’est un thème qui m’intéresse. Il se révèle ici d’une façon à la fois originale et familière : qui ne s’est jamais posé de questions devant les vieux albums-photos familiaux ? C’est par une petite annonce qu’Hélène Hyvert commence sa recherche. S’ensuit alors une correspondance entre elle et Stéphane Crüsten, dont les étapes se marquent par la description de différentes photos : autant de jalons de l’histoire de sa mère à elle et de son père à lui pour lever de plus en plus le vole sur la relation interdite qui a existé entre eux.

Des vieilles photos, des échanges de lettres (mais aussi de courriels), voilà des choses qui peuvent paraître désuètes aujourd’hui. Et de fait, le roman est empli de mélancolie sur ce qui a été, ce qui n’a pas été et aurait pu être, mais aussi plein de résilience sur la manière dont les descendants assument un secret de famille.

Ceci dit, j’ai trouvé ce premier roman un peu trop gentil, même s’il est très bien écrit et rythmé. On pourra encore dire que je suis un chameau sans coeur, mais il m’a manqué un peu de piquant, de sel pour garder une trace durable de cette lecture.

Premières lignes : « La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme. Ils sont tout de blanc vêtus et tiennent une raquette à la main. La jeune femme se trouve au milieu : l’homme qui est à sa droite, assez grand, est penché vers elle, comme s’il était sur le point de lui dire quelque chose. Le deuxième homme, à sa gauche, se tient un peu en retrait, une jambe fléchie, et prend appui sur sa raquette, dans une posture humoristique à la Charlie Chaplin. Tous trois ont l’air d’avoir environ trente ans, mais peu être le plus grand est-il un peu plus âgé. Le paysage en arrière-plan, que masquent en partie les volumes d’une installation sportive, est à la fois alpin et sylvestre : un massif, encore blanc à son sommet, ferme la perspective en imprimant sur la scène une allure irréelle de carte postale.

Tout, dans ce portrait de groupe, respire la légèreté et l’insouciance mondaine. »

Hélène GESTERN, Eux sur la photo, Arléa, 2011

Quelques jours consacrés à la photo

 Art

32 photos de Valentina Kallenbach

Mots-clés

, ,

Quatrième de couverture :

Simon Plessis ne croit plus en l’actualité. Pour ce fondateur des Mercenaires de la Virgule, un collectif de journalistes parisiens, c’est un vrai problème. D’autant que depuis quelque temps, Simon reçoit chaque semaine une mystérieuse photo d’actu sous pli anonyme. Des images des années 90, dues à son amie le Diablotin, une photographe de presse disparue juste avant l’an 2000.
Qui envoie les photos, et pourquoi ? Pendant que la rédaction et les internautes s’emballent, Simon relève le défi et part à la recherche de l’expéditeur. Il rencontre un slammeur ombrageux, un toucan distingué, un Mur qui n’en finit pas de tomber.
Et le temps lui-même, qui n’obéit à personne d’autre qu’au Démon de l’actualité.

Derrière cette couverture aux tons vifs (mais aussi noir et blanc), commence un roman au ton assez désabusé : nous sommes en 2010, la carrière de Simon Plessis végète alors qu’il est l’un des brillants fondateurs d’un site d’actualités, sa vie personnelle est aussi morne que sa vie professionnelle et voilà qu’un expéditeur mystérieux lui envoie des photos prises par sa compagne Valentina Kallenbach, dite le Diablotin, dans les années 1990. La jeune photographe de presse, féministe fantasque, est morte juste avant le tournant de l’an 2000. Les photos sont l’occasion pour Simon de se remettre à écrire des chroniques qui font réagir les internautes. Quand les envois cessent mystérieusement, Simon se met en quête de l’expéditeur, poussé par ses collègues fondateurs.

Dans des chapitres courts, rapides, qui alternent entre les années 1990 et 2010, le narrateur nous repasse toute l’actualité de cette vingtaine d’années et surtout il nous livre une réflexion sur les mécanismes de cette actualité, des sites internet, sur ces faits qui se chassent les uns les autres, faisant couler tant d’encre de la part des journalistes et des lecteurs de tous bords, mais ne laissant aucune prise ou si peu finalement au temps, à la distance, à la réflexion.

Suivre la piste des photos du Diablotin, c’est aussi une manière pour Simon d’enfin comprendre la démarche photographique et de faire le deuil de cette jeune femme si attachante et si originale. C’est cet aspect du roman qui m’a le plus touchée. Je l’ai terminé il y a une semaine et j’avoue que – hélas comme l’actualité immédiate – il ne laissera sans doute pas beaucoup de traces dans ma mémoire de lectrice, même si le sujet de réflexion est très intéressant.

« 2011 a commencé par une épidémie de révolutions dans des endroits où on l’on croyait le peuple incapable de se révolter, suivie d’un tsunami meurtrier et d’une catastrophe nucléaire dans un pays dont on estimait la technologie infaillible. Des transgressions majeures es événements impossibles et pourtant avérés, courant devant nos yeux incrédules sans nous laisser le temps de les apprivoiser. Il n’y a pas de trêve, il n’y a plus de distance. L’actu s’est transformée en invitée envahissante qui parle fort pendant toute la soirée, racontant d’une voix haletante des choses que personne n’aurait imaginées. Même les petits malins n’osent l’interrompre pour placer leurs blagues salaces qui détendent l’atmosphère. » (p. 91)

« Jamais pourtant je ne sens souffler le vent de l’Histoire. L’actualité de ces années-là n’a pas plus de sens pour moi que celle de 2011, hormis celui d’avoir été saisie par le Diablotin. Au mieux, ces images rejoindront l’album-souvenir d’une humanité errante, incapable d’arracher au chaos quelque chose qui ressemblerait à un destin. » (p. 146)

Philippe MOUCHE, 32 photos de Valentina Kallenbach, Gaia, 2015

Quelques jours consacrés à la photographie