Loin, dans les bois…

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Loin, dans les bois, j’ai coupé une branche noire,
assoiffé j’ai porté son murmure à mes lèvres :
était-ce donc la voix de la pluie qui pleurait,
une cloche brisée ou un coeur mis en pièces?

Quelque chose qui de si loin m’est apparu,
enfoui dans sa lourdeur, recouvert par la terre,
ce sont cris assourdis par d’immenses automnes,
par la nuit entrouverte, humide des feuillages.

Alors, se réveillant du rêve végétal,
la branche du coudrier a chanté sous ma bouche
et son errante odeur grimpa dans mon esprit

comme si tout d’un coup me cherchaient les racines
abandonnées, la terre perdue, mon enfance,
et je restai, blessé du parfum vagabond.

Pablo NERUDA, La Centaine d’amour, traduit de l’espagnol (Chili) par Jean Marcenac et André Bonhome, Gallimard Poésie, 1995

Les notes du jeudi : D-Day (2)

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Le Débarquement allié en Normandie et la libération de la France n’auraient pu avoir lieu sans la Résistance française, dot voici l’hymne, le Chant des partisans dont la musique a été composée par Anne Marly et les paroles ont été écrites par Joseph Kessel et Maurice Druon.

Voici la version du groupe Les Stentors.

Oyana

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Quatrième de couverture :

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

C’est à l’occasion d’une rencontre à la librairie TuliTu que j’ai ouvert le dernier roman d’Eric Plamondon, le premier de lui que je lis. L’auteur a expliqué son parcours d’écrivain, son angoisse d’écrire son premier roman avant 40 ans, la thématique de sa trilogie (des Américains célèbres à l’ascension fulgurante et à la chute un peu brutale), la genèse du roman Taqawan (qui est dans ma PAL) pour arriver à Oyana.

Oyana est un court roman de 147 pages dont le point de départ est la dissolution de l’ETA proclamée officiellement le 3 mai 2018. Une annonce qui fait en quelque sorte imploser Oyana, qui vit en couple au Québec depuis plus de vingt ans. En réalité, elle est originaire du Pays basque et elle a enfoui ses origines au plus secret. La dissolution de l’ETA ouvre les digues d’une longue lettre qu’elle écrit à son compagnon pendant qu’elle prépare et vit son retour en France. Je n’en dirai pas plus, ce serait « divulgâcher ». Sachez que ce roman parle de combats, de violence, de culpabilité mais aussi d’amour. et de liberté J’ai aimé comment Eric Plamondon diversifie les points de vue et mêle à son récit des documents informatifs (extraits de journaux, de discours officiels) bien intéressants (même si l’auteur avoue lui-même qu’on peut contester la validité de certains de ses apports – eh oui, il est romancier avant tout). Je ne savais pas qu’il y avait tant de liens entre le Pays basque et le Québec.

Cette première lecture et la rencontre avec Eric Plamondon ayant été très agréables, je me réjouis de retrouver celui-ci dans Taqawan (et la trilogie me fait e l’oeil aussi…)

« 8 mai 2018
Pour toi, Xavier 
Je te dois un tas d’explications. Ça risque d’être long. J’essaie depuis plusieurs jours de trouver comment le faire. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de ne pas te demander pardon. Ce que je te demande, c’est d’essayer d’au moins comprendre en dépit des raccourcis inévitables.
Je pourrais te demander de me faire confiance, mais tu le fais déjà depuis vingt ans. Et comment te demander cela alors que je me prépare à t’expliquer que tant de choses étaient fausses? 
Pour que tu comprennes dans quel état d’esprit je me trouve, je n’ai pas jeté mes premiers brouillons. Je veux que tu saches mes tâtonnements, que tu saisisses par ces débuts avortés ce que cela me coûte. » (Première page)

Eric PLAMONDON, Oyana, Quidam éditeur, 2019

Challenge Petit Bac – Littérature québécoise, Prénom

Pressentiment d’Amérique

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Mon enfant, si nous allions en Amérique dont j’ai toujours rêvé
Sur un vaisseau fendant la mer des Antilles
Et accompagné par une nuée de poissons volants dont les ailes nageoires palpitent de lumière
Nous suivront le fleuve Amazone en cherchant sa fée d’île en île
Nous entrerons dans les grands marécages où des forêts sont noyées
Salue les constrictors. Entrons dans les reptilières
Ouïs l’oie oua-oua les singes hurleurs les oiseaux cloches
Vagues du Prororoca, l’immense mascaret
Le dieu de ces immensités, les Andes les pampas
Est dans mon sein aujourd’hui mer végétale.
Millions de grands moutons blonds qui s’entrepoursuivent
Les condors survenant neiges des Cordillères
Ô cahute d’ici nos pauvres reptilières
Quand dira-t-on la guerre de naguère ?

Secteur des Hurlus, septembre 1915

Guillaume APOLLINAIRE, Poèmes à Lou

Festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo

Agatha Raisin enquête – Pour le meilleur et pour le pire

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Quatrième de couverture :

Incroyable mais vrai : James Lacey , le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin !
Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui » , Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… 
Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha au pied de l’autel.
Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour la laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire .

Voilà déjà la cinquième aventure d’Agatha Raisin dans les Cotswolds (du moins la cinquième que je lis) et la vie lui a souri en la menant à la mairie pour épouser son voisin, le beau James Lacey. Mais si vous avez lu le tome 4, vous vous souvenez peut-être qu’Agatha avait été mariée très longtemps auparavant et qu’elle avait quand même un doute sur la mort présumée de Jimmy Raisin. Et de fait… sur une vacherie de son ancien collègue, Roy Silver, Jimmy réapparaît avant que les tourtereaux se disent oui… et il est retrouvé ort étranglé dans un fossé dès le lendemain ! Par dessus le marché, Agatha n’a plus de maison : puisqu’elle allait habiter avec James chez lui, elle a vendu son cottage à une certaine Mrs Hardy. Comme l’ex-couple est le suspect numéro un dans cette affaire, Agatha et Jams vont surmonter leur colère, leur honte pour mener l’enquête (et cohabiter aussi…)

Cette enquête est pleine de rebondissements. En ce début d’automne, elle mène nos deux détectives sur les routes des Cotswolds, jusqu’à un centre de remise en forme où Jimmy Raisin, ex-alcoolo, a séjourné avec une certaine Mrs Gore-Appleton et où il en a profité pour exercer ses talents pour le chantage. C’est là qu’il faut chercher le mobile de son meurtre et de ceux qui ont suivi (oui, oui, on a presque affaire à un serial killer comme le craint Agatha).

Evidemment la solidarité des habitants de Carsely envers Agatha et James, d’abord mise à mal, joue de nouveau à plein, Mrs Bloxby en tête. Il n’y a que Mrs Hardy qui y reste parfaitement insensible (bon, Agatha était comme ça à son arrivée dans le village). L’humour de MC Beaton est lui aussi bien présent. Outre quelques situations rocambolesques et répliques bien senties, l’auteure malmène cette fois Bill Wong, le jeune policier ami d’Agatha, tombé amoureux d’une collègue très ambitieuse qu’Agatha ne tardera pas à détester avec ardeur. Vous la connaissez Agatha, toujours aussi jalouse et ronchon à ses heures, mais dans ce tome elle se dévoile, elle raconte ses origines et elle parvient évidemment à nous toucher.

A bientôt donc, Agatha, j’imagine qu’on va vous retrouver à Chypre, à la poursuite de James 😉

M.C. BEATON, Agatha Raisin enquête – Pour le meilleur et pour le pire, traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier, Albin Michel, 2017

Voisins voisines 2019 – Angleterre

Les notes du jeudi : D-Day (1)

Comme en cette année du 75è anniversaire du Débarquement en Normandie, le 6 juin tombe un jeudi, je consacrerai les notes du jeudi de ce juin 2019 aux musiques de la Libération et de tous ceux et celles qui y ont contribué.

En 1944, c’était un mardi. Ce fut « Le jour le plus long » (musique de Mauriice Jarre et Paul Anka).

Merci à tous ces soldats alliés qui ont changé le cours de l’histoire.

Le manoir d’Alderney

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Quatrième de couverture :

Londres, 1910. Tout accable Philip Sidney, diplomate britannique à l’ambassade de Washington, accusé officiellement de détournement de fonds, officieusement d’avoir agressé la fille d’une famille américaine respectée et dérobé un bijou. Chargé de sa défense, Daniel Pitt doute de son client, du dossier, tressé d’étranges coïncidences, et tout autant de luimême : sa propre soeur est proche de la victime. L’affaire en cache bien une autre et lorsqu’un cadavre vient entraver le procès, le jeune avocat se lance dans une enquête dangereuse, aux rouages labyrinthiques. Une histoire de passions, de vengeance et d’idéaux pervertis, qui, dans l’ombre de la Grande Guerre à venir, le mènera jusque dans la Manche, sur la mystérieuse île d’Alderney…

J’ai loupé plusieurs épisodes de la série consacrée à Charlotte et Thomas Pitt et voilà qu’au début de ce Manoir d’Alderney, je découvre qu’on doit dire « Sir Thomas » puisque ce dernier a été anobli par la reine Victoria, que ses enfants sont de jeunes adultes établis dans la vie, Jemima mariée à un Américain d’origine irlandaise, résidant à Washington et mère de deux petites filles, et Daniel, jeune avocat employé par un grand cabinet londonien. C’est lui, Daniel, qui semble devenir le personnage central de la série puisqu’il a déjà plaidé et résolu une affaire très délicate dans Un innocent à l’Old Bailey.

En cet été 1910, Jemima est venue passer un mois à Londres avec son mari Patrick et ses deux enfants, Cassie et Sophie. Mais il semble que le moment de leur séjour n’est pas tout à fait une coïncidence : en effet, on vient d’accuser publiquement pour détournement de fond un jeune homme employé de l’ambassade britannique à Washington ; officieusement, Philip Sidney est accusé aussi d’avoir agressé et volé une jeune héritière américaine. jetant ainsi l’opprobre sur son propre pays qui a organisé sa fuite grâce à l’immunité diplomatique. Mais alors pourquoi un procès public amplifiant la « gêne », le scandale causé par un Anglais à l’étranger, pour un détournement de fonds qui ne s’élève qu’à quelques centaines de livres ? Cela paraît contradictoire et cela se complique quand Daniel, chargé de défendre le jeune homme, apprend que celui-cil aurait tué un autre employé britannique aux Etats-Unis.

Daniel est confronté à un dilemme : assurer la meilleure défense d’un client qui a pourtant – selon toutes les apparences – commis une agression abjecte et rester fidèleà sa famille, particulièrement à sa soeur et à son beau-frère qu’il connaît mal, tous deux proches de Rebecca Thorwood (la jeune fille agressée).

Comme d’habitude chez Anne Perry, une bonne partie de l’enquête semble piétiner sur place, les détails sont révélés au compte-goutte et accompagnent ls atermoiements moraux des différents personnages, bien compréhensibles pour l’époque mais qui génèrent quand même certaines longueurs. Soudain tout s’anime quand Daniel se rend compte que la mort d’une tante résidant dans les îles anglo-normandes (à Alderney) st sans doute liée à l’agression de Rebecca Thorwood. Et là entre en scène un personnage bien intéressant, Miriam fford Croft, fille du patron de Daniel et médecin légiste de son état. En réalité elle ne peut pas exercer puisqu’elle est une femme mais elle met ses compétences au service de l’affaire au cours d’un weekend bien peu conventionnel sur l’ile d’Alderney. Outre le côté très mouvementé de la révélation finale, cette orientation féministe plus marquée dans les romans d’Anne Perry est bien intéressante. Les épisodes suivants nous approcheront sûrement de la Première guerre mondiale et donneront sûrement des éclairages nouveaux sur la situation des femmes à l’époque. De quoi me donner envie de continuer à la lire malgré ses longueurs 😉

Merci à Babelio et à 10/18 pour cette lecture !

Anne PERRY, Le manoir d’Alderney, traduit de l’anglais par Florence Bertrand, 10/18, 2019

C’est le Mois anglais chez Lou et Titine !

Challenge Voisins Voisines 2019 – Angleterre

Eteinte dans sa tombe…

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Éteinte dans sa tombée
une phrase épanouie
frissonne dans l’aléa
des copeaux qui se dispersent

l’armature du tonneau
se tend à crever la panse
du gueux assoiffé de mots

l’intérieur du vin ouvert
comme un théâtre de consonnes
tangue dans les vertèbres

le hoquet est sublimé
par la secousse de l’air
sous la voûte du cellier

il reste à jeter au feu
les douelles du tonneau
et la griffe du poème

Jacques DUPIN, Discorde, éditions P.O.L., 2017

Jacques Dupin a notamment été l’ami d’Alberto Giacometti à qui une expo est consacrée au LAM, Musée d’Art moderne de Lille Métropole jusqu’au 11 juin.

Alberto Giacometti, L’homme qui marche

Les notes du jeudi : A l’italienne (5) Giacomo Puccini

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Pour terminer ces notes italiennes, impossible de ne pas passer par l’opéra. J’ai choisi un air célébrissime de Puccini (1858-1924).

Un bel dì, vedremo, extrait de Madame Butterfly, est chanté à l’acte II. Cio-Cio-San (son vrai nom, en japonais « Mademoiselle Papillon ») s’adresse à sa servante Suzuki et imagine le jour heureux où le lieutenant B. F. Pinkerton reviendra enfin des États-Unis. Voici une version chantée par Renata Tebaldi.

 

L’hiver du commissaire Ricciardi

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Présentation de l’éditeur:

En cette fin de mois de mars 1931, un vent glacial souffle sur Naples. Le théâtre royal San Carlo s’apprête à donner Cavalleria Rusticana et Paillasse avec le célèbre ténor Arnaldo Vezzi, artiste de renommée mondiale et ami du Duce. Mais le chanteur est retrouvé sans vie dans sa loge, la gorge tranchée par un fragment acéré de son miroir brisé.

L’affaire est confiée au commissaire Ricciardi, peu apprécié par ses supérieurs en raison de son caractère et de ses méthodes atypiques, mais reconnu comme un enquêteur de valeur. Ce que peu de gens savent, c’est que le commissaire est un homme tourmenté. Traumatisé par la vision d’un cadavre dans l’enfance, il est hanté par des visions dès qu’il est confronté à la mort violente ; l « voit », comme inscrit sur une pellicule, les derniers instants des êtres qui passent de vie à trépas et va jusqu’à éprouver leur souffrance…

Le cadre : la ville de Naples en 1931. Naples, ville divisée entre quartiers aisés et quartiers populaires, pauvres, très pauvres, dont le enfants jouent pieds nus dans le caniveau avec un ballon de chiffons en plein hiver. 1931, l’an 9 du fascisme en Italie.

Une enquête dans le milieu de l’opéra, au théâtre San Carlo où l’on joue successivement Cavalleria rusticana et Paillasse, deux oeuvres assez courtes où la jalousie mord le coeur des personnages et où la réalité se confond avec la fiction. Vous comprendrez tout de cet univers grâce à Dom Pierino. La victime, le ténor Arnaldo Vezzi, à la voix d’or et au caractère de cochon, tout le monde ou presque aurait aimé la voir morte.

Et puis surtout le personnage principal, l’enquêteur, le commissaire Ricciardi, entouré de fantômes, hypersensible aux derniers instants des victimes de mort violente qui le hantent jusqu’à ce qu’il ait résolu l’énigme, n’a trouvé d’autre moyen de calmer un peu ses voix que d’entrer dans la police alors qu’il pourrait mener une existence dorée. Il promène ses yeux verts et sa mélancolie dans tous les quartiers de Naples en compagnie de son fidèle brigadier Maione, le seul qui ose travailler avec lui. Et bien sûr, en ces temps troublés, Ricciardi ne se laisse influencer par personne, ignore les menaces voilées liées au pouvoir, il reste honnête et humain de bout en bout. Il y a bien un petit « défaut » dans la cuirasse du solitaire : une fenêtre ouverte sur la nuit et sur une petite main gauche qui brode en face de chez lui.

Le premier tome de cette série est déjà un grand coup de coeur, surtout pour le commissaire Ricciardi, et je la continuerais rien que pour savoir si un jour il va traverser la rue, mais je suis curieuse aussi de continuer à découvrir Naples avec lui et surtout observer l’évolution de l’époque qui, je l’imagine, ne risque pas de s’améliorer.

A très bientôt, Commissaire Ricciardi !

« Outre l’attention qu’il portait naturellement à son prochain, la pratique sacerdotale avait développé en lui une aptitude particulière à reconnaître les sentiments qui se cachaient derrière les expressions, au-delà des paroles dictées par les circonstances; le petit prêtre avait appris à tenir deux conversations simultanément, l’une avec la bouche et l’autre avec les yeux. En offrant son aide à qui en avait besoin et ne trouvait pas la force de la demander.
Les yeux verts du commissaire, ces merveilleux yeux verts : une fenêtre ouverte sur une tempête. »

‘La frontière : via Toledo. Immeubles anciens, muets sur la rue, mais déjà bruyants sur l’arrière, les fenêtres ouvertes sur les ruelles, les premiers chants des ménagères. Les portes des églises, aux façades coincées entre d’autres bâtiments, s’ouvraient aux fidèles qui venaient recommander leur journée à Dieu. Sur les larges dalles qui pavaient la rue roulaient les premiers omnibus. »

« La vérité n’est pas toujours telle qu’on l’imagine. Et même, elle ne l’est presque jamais. Elle est un peu comme la lumière étrange de ces lampadaires, tu vois, Livia : elle éclaire un coup à droite, un coup à gauche. Jamais tout ensemble. Alors on doit deviner ce qu’on ne voit pas. On doit le deviner à une parole dite ou non dite, à une trace, à une empreinte. À un signe minuscule, parfois. »

Maurizio DE GIOVANNI, L’hiver du commissaire Ricciardi, traduit de l’italien par Odile Rousseau, Rivages Noir, 2011

Le Mois italien chez Martine

Challenge Petit Bac – Littérature générale – Métier

Voisins Voisines 2019 – Italie