Mots-clefs

, , , ,

Quatrième de couverture :

En épousant Barney, Belle a offusqué ses parents, trop conservateurs pour cautionner l’union de leur fille avec le maréchal-ferrant du village. Un petit Timothy naît deux ans plus tard et comble sa mère. Mais la félicité conjugale prend fin : Barney tombe amoureux, et il n’a d’autre choix que de s’enfuir. Belle se réfugie dans l’amour de son fils. Ces jours heureux s’assombrissent lorsque Tim s’éprend d’une jeune fille et que sa mère connaît pour la première fois la passion avec un homme nettement plus jeune qu’elle…

Angela Huth signe un roman sensible et décrit merveilleusement, comme le dit Balzac, « cette bataille dans le coeur des mères qu’elles sentent instinctivement les effets de la grande émancipation de l’amour et qu’elles comprennent tout ce que ce sentiment va leur emporter ».

Il y avait bien longtemps que je n’avais lu de roman d’Angela Huth, ce Mois anglais est décidément une belle occasion de sortir (aussi) des livres qui traînent dans ma PAL !

J’ai retrouvé avec plaisir le goût d’Angela Huth pour des « histoires de femmes » et la profondeur de son exploration psychologique. Ici, le personnage principal est Belle, qui s’est construite en opposition (assez feutrée quand même) avec ses parents et s’est ensuite glissée dans une vie conjugale confortable. Elle qui est fille unique n’a qu’un fils et ne voit pas arriver l’infidélité de son mari. L’histoire va donc nous conter la relation de Belle avec son fils Tim, qui grandit et quitte petit à petit le nid, d’abord pour une solide amitié avec un garçon du village, Hamish, puis pour son premier amour adolescent, les vacances en Europe avec Hamish avant d’entrer à l’université et enfin le premier vrai amour de jeunesse. Il faut reconnaître à Belle que c’est son éducation et son art du dialogue qui permettent à Tim de grandir, de s’épanouir, de prendre peu à peu son envol. Mais l’envers du décor est surprenant : que de fois Belle ne prend-elle pas sur elle pour laisser partir le garçon alors qu’elle souffre le martyre devant cette émancipation, rongée qu’elle est par la jalousie. Une jalousie, une haine-amour qui embrasse aussi bien l’ami de Tim que ses petites amies (enfin dans ce cas, c’est davantage la haine seule qui domine).

C’est donc un roman sur l’amour maternel et l’amour filial, sur l’amour conjugal et extra-conjugal, sur l’amitié aussi, puisque Belle va entamer une liaison avec le neveu de son vieil ami Richard, Wyndham, bien plus jeune qu’elle, et que l’on suit en arrière-plan le couple formé par le père de Tim et sa nouvelle compagne. Un roman sur la jalousie, bien sûr. Un noeud de relations complexes qui se développe sur la toile de fond d’un village anglais non loin de Bristol (tiens, comme Rachel Waring), où Belle va jouer un joli rôle social. Mais les noeuds vont aussi évoluer de manière douloureuse… et un brin ébahissante !

Je dois avouer que, à l’image de l’ambivalence des sentiments qui traversent Belle, j’ai ressenti à la fois empathie et incompréhension envers elle. Comme Wyndham et même comme Roxanna, elle n’a pas que de bons côtés, notre héroïne… Bien sûr, cette dualité est le fruit de l’art romanesque d’Angela Huth, mais il me faut avouer que je me suis un peu lassée à la fin, dans les quatre-vingt dernières pages (le roman en fait 418), l’intrigue aurait pu être plus resserrée. Cela n’enlève rien au talent d’Angela Huth à emmener son lecteur et à fouiller l’étude psychologique : nul besoin d’être mère de famille pour se reconnaître à travers certains sentiments et émotions de Belle et à se laisser questionner ou heurter par la romancière. Bon, ce ne sera pas mon préféré d’elle (je e souviens d’avoir beaucoup aimé Tendres silences et L’invitation à la vie conjugale, sans parler de mon coup de coeur pour Les filles de Hallows Farm) mais il paraît que Quand rentrent les marins est très bon. Ca tombe bien, il est dans ma PAL…

Angela HUTH, Un fils exemplaire, traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Quai Voltaire, 2006 et Folio, 2008

Logo Mois anglais 2015 1

Publicités