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Quatrième de couverture :

Un esprit hanterait-il le salon du n° 221 à Baker Street ? Motivée par un funeste pressentiment, lady Conan Doyle, la veuve de l’écrivain, sollicite l’aide de deux détectives débutants, Andrew Singleton et James Trelawney. Et quand ils comprennent que les meurtres à la une des journaux imitent ceux commis par Jack l’Éventreur, Dracula, Mr. Hyde et Dorian Gray, nos jeunes enquêteurs sont entraînés dans une aventure qu’ils ne sont pas près d’oublier.

Un hymne enflammé à la littérature victorienne et à ses monstres sacrés !

C’est drôle comme les « produits dérivés » de Sherlock Holmes sont limite plus intéressants et attirants que l’original. Sans doute est-ce dû au fait que ce personnage a tellement séduit ses lecteurs à son époque que les gens l’ont limite pris pour un véritable être de chair et d’os, un héros qui correspondait sans doute vraiment à son époque, à tel point que, quand Conan Doyle a décidé de le faire mourir aux chutes de Reichenbach, des milliers de fans ont protesté dans le monde entier et l’auteur a été obligé de le « ressusciter » dans une aventure précédant sa mort, Le Chien des Baskerville.

Fabrice Bourland est sans conteste un admirateur de Sherlock Holmes, mais aussi de la littérature victorienne, du gothique anglais déployé notamment par Sheridan Le Fanu, Mary Shelley et autres Bram Stoker. Il connaît très bien cette période de l’histoire londonienne et anglaise de la fin du 19e siècle, marquée par Jack l’Eventreur ; il s’est aussi sérieusement documenté sur toute la carrière de Sir Conan Doyle et sur son goût prononcé pour le spiritisme. Et sans doute croit-il dur comme fer à l’existence réelle de Sherlock puisque, dans la première aventure, en 1932, de son propre couple de détectives, James Trelawney et Andrew Singleton, la veuve de Conan Doyle fait appel à eux parce qu’un esprit malfaisant perturbe les occupants du 221b Baker Street et que ce « chambard » semble associé à une vague de meurtres qui touchent Londres, faisant à nouveau penser aux crimes de l’Eventreur. Malgré leurs réticences, nos deux compères s’adjoignent les services d’un médecin spirite et réussissent à entrer en communication avec le fantôme de Sherlock Holmes : c’est bien lui qui se manifeste dans son ancien appartement et qui, ce faisant, souhaite rester le plus vivant possible dans la mémoire de ses admirateurs (indécrottable égocentrisme de ce bon vieux Sherlock). Malheureusement, en se montrant ainsi, il a réveillé d’autres esprits, bien moins honnêtes que lui. Les vivants et les fantômes vont devoir unir toutes leurs forces pour éviter un carnage.

Evidemment, on peut rester de marbre devant une aventure qui fait ainsi la part belle au spiritisme et qui affirme même que des personnages de fiction peuvent revenir du royaume des morts pour agir dans le monde des vivants. Mais il faut avouer que l’auteur prend un malin plaisir à mettre en scène tous ces héros de la littérature anglaise, personnellement j’ai appris plein de choses grâce aux recherches et aux connaissances du narrateur Andrew Singleton, et puis la description des séances de spiritisme vaut son pesant de cacahuètes, à la fois très sérieuse et légèrement ironique, jugez-en plutôt : « …le Dr Hamilton avait réussi à photographier le visage de l’écrivain britannique, souriant et serein, dans une coulée d’ectoplasme s’échappant du nez du médium Mary Marshall. » (p. 238)

En fait, dans son style et ses thèmes, Fabrice Bourland rend un fervent hommage à ses héros et à une époque. Quatre autres aventures de Singleton et Trelawney sont parues, ancrées dans les années 1930 à Londres et dans des références plus anciennes de la culture anglaise, il n’est pas interdit de penser que je m’y intéresserai sans doute plus tard…

Fabrice BOURLAND, Le fantôme de Baker Street, 10/18, 2008

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