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Présentation de l’éditeur :

La Mystérieuse Affaire de Styles (1920) : Qui avait intérêt à assassiner Mrs Ingelthorp, la richissime propriétaire du domaine de Styles? Pratiquement tous ceux qui l’entouraient. Qui est le coupable idéal ? Le second et jeune mari de la victime… Le premier roman d’Agatha Christie.

C’est le capitaine Hastings, blessé à la guerre et en permission prolongée pour se retaper, qui nous raconte cette toute première enquête d’Hercule Poirot. Alors que lui-même se rêve en fin détective et succombe déjà au carme de toute belle femme qui passe à sa portée, Hastings est bien obligé de reconnaître la supériorité du petit Belge, réfugié en Angleterre pendant cette première guerre mondiale, qui parviendra à force de patience et d’heures d’observation et de cogitation, à trouver qui a empoisonné la vieille Mrs Inglethorp. Son tout nouveau mari, mal vu de toute sa maisonnée sauf d’elle ? Ses beaux-fils, John et Lawrence, qui auraient pu hériter davantage de leur père décédé ? Mary, la mystérieuse femme de John ? Le docteur Bauerstein, grand expert en poisons ? Ou encore Cynthia, sa protégée, ou pourquoi pas Miss Howard, sa dévouée secrétaire écartée par le nouveau mari ?  Poirot aura vraiment fort à faire pour dénouer l’intrigue et éviter une condamnation injuste.

J’ai déjà oublié tous les détails, les indices, les petites phrases qui mettent Poirot sur la voie, tant l’écheveau est serré et tant, évidemment, il distille ses informations au compte-goutte, ménageant ainsi le suspense avec art et laissant notre capitaine Hastings de narrateur bien mortifié parfois. J’imagine qu’à l’époque où Agatha Christie publie ce premier roman, cette manière d’intégrer le lecteur et de le le faire réfléchir à l’enquête était tout à fait originale.

J’avoue que je ne savais pas que Poirot fût déjà retraité de la Sûreté belge quand il arrive en Angleterre. Qu’il fasse partie du flot de réfugiés belges de 14-18, oui, mais je le croyais un peu plus jeune et déjà détective privé. Je me souviens avoir vu un documentaire sur les coulisses de la série télévisée avec David Suchet, où celui-ci vient en Belgique et visite Ellezelles, le lieu de naissance présumé du célèbre petit homme, et Bruxelles, où est conservé l’acte de naissance (authentique, of course) de ce cher Hercule. Celui-ci est dès sa première enquête tel qu’en lui-même, maniaque, tatillon, vantard, mais aussi plein de prévenance et de délicatesse au bon moment. Et évidemment, sa mémoire phénoménale et ses qualités d’observation lui font résoudre un cas vraiment très complexe. Sa méthode déductive est déjà très développée : comme il le dit, il a une théorie à propos des affaires criminelles qu’il examine et « aucun détail ne doit être négligé. S’il ne cadre pas avec la théorie, alors c’est elle qui est fautive! » C’est cela qui est parfois (souvent ?) irritant pour tous ceux qui l’observent : comment ce diable d’homme peut-il élaborer des théories toujours payantes et y faire entrer autant de détails comme autant de pièces du puzzle ? Ce qu’il démontre toujours à la fin devant son public rassemblé et le verdict est imparable.

Je me demande aussi si sa courtoisie naturelle n’est pas un moyen pour Agatha Christie, à travers son personnage, de mettre les femmes en valeur, déjà à cette époque (mais parfois j’ai des doutes en lisant certaines réflexions du cher homme). En tout cas, j’ai apprécié cette lecture (j’ai dévoré des Agatha Christie quand j’avais quinze-seize ans, mais je n’en ai aucun souvenir, on peut donc dire que mes relectures récentes sont de nouvelles découvertes.)

« Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l’image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu’il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu’il aurait souffert davantage d’un grain de poussière sur ses vêtements que d’une blessure par balle… Il avait été en son temps, l’un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d’un flair prodigieux, il s’était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque. » (p. 34-35)

Agatha CHRISTIE, La mystérieuse affaire de Styles, traduit de l’anglais par Thierry Arson, Le Livre de poche (première édition originale en 1920)

Dernière participation au Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda ! Et un British Mystery de plus.

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