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Présentation de l’éditeur :

Louis Scutenaire est un de nos grands écrivains surréalistes belges. Ses amis, René Magritte, d’origine picarde comme lui, Paul Nougé, Marcel Mariën et beaucoup d’autres, étaient des familiers de la « Luzerne ».
Bien plus qu’une nouvelle biographie du poète, le roman ouvre un dialogue à travers le temps entre les occupants successifs de la maison schaerbeekoise.
On y découvre tour à tour la tendresse abrupte, l’impertinence débonnaire d’un personnage hors du commun et la complicité discrète dont l’auteure entoure l’évocation alternée de deux quotidiens entremêlés.

Cela fera trente ans le 15 août prochain que Louis Scutenaire est mort. Je ne le savais pas, c’est (presque) le hasard qui m’a fait choisir ce livre mais je suis contente de célébrer cet anniversaire ainsi. Signalons aussi que son grand ami, René Magritte, est mort le 15 août (la même date) 1967, un autre anniversaire qui se célèbre en Belgique cette année.

Il faut avouer que Scutenaire est bien moins connu que Magritte dans notre plat pays. Pascale Toussaint habite vraiment la maison que Louis Scutenaire et sa compagne Irène Hamoir habitaient à Schaerbeek, elle et son mari ont eu un coup de coeur pour « la Luzerne » et l’ont achetée aux enchères. Elle est située en face d’un hôpital psychiatrique, le Titeca. C’est là que Scut et sa femme ont entassé (surtout lui) les souvenirs d’une vie, des collections de livres, de journaux, de tableaux, d’objets chinés aux puces, au marché de la place du Jeu de balle. C’est là que le couple recevait les amis surréalistes belges, Paul Nougé, Marcel Mariën, Magritte bien sûr dont ils ont acquis des dizaines de toiles (beaucoup n’étaient pas du tout les « standards » les pus connus du peintre lessinois.) Ils s’amusaient à faire des farces, ils jouaient des saynètes filmées par Louis, ils imaginaient les titres des toiles de Magritte… Scut s’est mis à écrire pendant la guerre 40-45, une sorte de journal de bord qui sera publié plus tard (grâce à Paul Eluard) : Mes Inscriptions sont son oeuvre la plus connue (chaque titre de chapitre du roman est une Inscription) mais il a aussi écrit de nombreux poèmes. Il répugnait à se faire publier, n’aimait pas les cérémonies officielles, fuyait les personnalités, il vivait grâce à un emploi de fonctionnaire au ministère de l’intérieur où, le plus souvent, il dormait, écrivait ou… regardait par la fenêtre. Un personnage fantasque et attachant que Pascale Toussaint contribue à faire connaître en racontant sa vie et de multiples anecdotes savoureuses qu’elle entremêle (sans chercher de coïncidences forcées) avec le quotidien de sa propre famille. C’est peut-être un peu léger comme roman puisqu’il y a une grande part de biographie de Louis Scutenaire, le style est très simple, mais il y a l’avantage de la découverte de ce personnage haut en couleurs (et de sa femme). Et c’est un premier roman !

Une biographie de l’artiste ici.

Pascale TOUSSAINT, J’habite la maisonde Louis Scutenaire, Collection Plumes du Coq, Weyrich, 2013

Les éditions Weyrich ont quinze ans cette année !

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