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Quatrième de couverture :

Un détective privé enquête à Cambridge sur des affaires criminelles dont le mystère n’a jamais été éclairci. Il doit remonter à des événements antérieurs, souvent très lointains, pour suivre les traces de la mystérieuse « souris bleue ». Les intrigues sont situées dans des milieux sociaux très divers, allant de la classe ouvrière à la gentry. Les drames les plus poignants alternent avec les épisodes désopilants. On retrouve le regard caustique de Kate Atkinson sur notre monde moderne, la télévision et la « néfaste food », entre autres. Anticipations et retours en arrière tiennent le lecteur en haleine. Les maux de notre société, l’amour parental avec ses excès et ses carences sont dépeints avec une étonnante âpreté de ton.

Ce mois anglais est l’occasion de sortir, que dis-je d’exhumer ce roman de Kate Atkinson de ma PAL. Je crois avoir eu l’intention de le lire un peu plus tôt l’année dernière mais la diffusion de la série télévisée sur France 3 m’a fait reporter la lecture. Et je dois avouer que malgré tout, quelques images et quelques souvenirs de ce premier numéro de la série Jackson Brodie ont à la fois aidé (parce que je suis un peu à la masse en ce moment) et pollué ma lecture. Je connaissais déjà Jackson, car évidemment, en toute logique, je me suis un jour précipitée sur Parti tôt, pris mon chien à la bibliothèque, je l’ai adoré sans me rendre compte que Kate Atkinson avait créé un personnage récurrent. C’est donc, je crois, ce personnage de détective privé, ex-soldat, ex-policier, père divorcé de Marlee, gamine délurée et addict au sucre, que j’ai adoré re-découvrir dans cette Souris bleue.

Bien sûr, l’intrigue est intéressante : Jackson vivote un peu aux prises avec une vieille excentrique amoureuse de chats et dans une filature sans intérêt quand soudain, trois affaires de disparition, sur le point d’être classées ou que le hasard ravive, lui tombent sur les bras. La disparition d’Olivia Land, trois ans, le meurtre non résolu de Laura Wyre, dix-huit ans, et la disparition d’une jeune fille malmenée par une histoire familiale chaotique. Kate Atkinson mène habilement ces histoires entrecroisées : des retours en arrière, des passages incessants d’un personnage à l’autre, les doutes quant aux possibilités de quelque résolution que ce soit, les intuitions et les déboires de Jackson, la romancière nous balade avec allégresse dans tous les coins de Cambridge et du Yorkshire, en mettant en scène des personnages savoureux dont on se doute qu’ils ont entre eux bien plus de liens qu’ils ne le croient.

Nous, lecteurs, devinons des choses et prenons plaisir à nous laisser ainsi mener, mais je le répète, c’est surtout cette galerie de personnages, Jackson Brodie en tête, qui était particulièrement intéressante et même touchante dans ce roman : lire les « débuts » de Jackson Brodie, cet écorché vif à l’humour impitoyable avec ses soucis de divorcé, ses inquiétudes de père et surtout son incroyable faculté d’empathie avec ses clients était un vrai plaisir comme seuls les romanciers britanniques savent en procurer ! Le duo des soeurs Amelia – Julia, la vieille sorcière Binky Rain, la cynique Caroline et la troublante Shirley, la petite Marlee et sa mère apparemment si antipathique (enfin, je suis influencée par le regard de Jackson) forment, mine de rien, un tableau kaléidoscopique de la famille anglaise dans tous ses états. Si j’ai apprécié, comme toujours, l’humour de Kate Atkinson, je n’ai pas éclaté de rire comme dans d’autres romans, et j’ai même été très touchée par Theo et Laura Wyre (et oui, par Jackson, si attachant et dont je suis définitivement fan).

L’extrait que je vous propose reflète quand même mon goût de l’humour potache et… la qualité de la traduction !

« Il aurait sû avoir Marlee pendant les deux dernières semaines des vacances scolaires, mais Josie lui avait téléphoné et dit : « Ecoute, des amis de David nous ont proposé un gîte rural en Ardèche pour une semaine et on s’est dit que ce serait bien d’y aller seuls tous les deux.

– Pour pouvoir baiser sans être gênés par la présence de votre enfant ? avait dit Jackson, et Josie lui avait raccroché au nez. Il leur fallut deux autres coups de fil avant de parvenir à avoir un échange à peu près civilisé sur le sujet. Naturellement, David avait une tête à avoir « des amis qui ont un gîte rural en Ardèche ». D’ailleurs tête d’anchois ne rimait-il pas avec gîte ardéchois ? » (p. 268)

Kate ATKINSON, La Souris Bleue, traduit de l’anglais par Isabele Caron, éditions de Fallois, 2004

C’était une LC (en retard) avec Karine et… d’autres ! (à voir sur la page FB du Mois anglais)

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