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Quatrième de couverture ;

Quatre duos d’auteurs franco-québécois s’unissent pour créer quatre histoires inspirées de la ville de Québec. Un cadeau unique pour le 400e anniversaire de celle qui fut le berceau de la civilisation française en Amérique.

Bon, cette quatrième de couverture m’énerve un peu, dans le sens où, oui, c’est Jacques Cartier en 1534, puis Samuel de Champlain en 1608 qui apportent avec eux la langue, l’autorité royale, le désir de civiliser au nom de la France, mais quand même, depuis, ce n’est plus uniquement de la civilisation française, le Québec ! Parlons plutôt de francophonie, non ? (à moins que je ne sois trop obsédée par le sujet en ce moment ?)

Toujours est-il que l’idée d’associer scénaristes et dessinateurs des deux côtés de l’Atlantique est sympathique et logique puisque Québec accueille un Festival de la BD francophone très apprécié.

Dans De la fondation de Québec, Jimmy Beaulieu et Emile Bravo racontent comment, à force de désespérer de ne pas trouver d’or ou d’autres matières précieuses, les Français délaissent la colonie de Port-Royal (fondée par Jacques Cartier en 1534) et les Micmacs, jusqu’à la fondation par Samuel de Champlain de la ville de Québec, d’après le mot algonquin qui signifie « là où le fleuve se rétrécit ». Le dessin un peu fruste de Beaulieu (ça ressemble au crayonné préparatoire) est accompagné de couleurs fraîches et souligne l’humour fataliste des « Indiens » devant les tergiversations et revirements français.

Le boulon d’or, scénarisé par Pascal Girard et dessiné par Etienne Davodeau, nous emmène sur le chantier du Pont de Québec en 1907, la construction présente un danger qui entraîne un terrible accident qui coûte la vie à 76 personnes le 29 août 1907 et entraîne l’effondrement de la structure. Dans les jours qui précèdent, un apprenti veut se distinguer sur le chantier en essayant de vaincre son vertige (à noter que c’étaient surtout des Mohawks, des autochtones, qui étaient envoyés travailler « en l’air ») et se laisse lancer le défi de serrer un boulon d’or sur la partie la plus élevée du pont en construction. Encore une fois, le dessin et la mise en page de Davodeau servent les émotions du scénario.

La porte Saint-Jean, scénarisé par Philippe Girard, met en scène un jeune étudiant dans un pensionnat jésuite de Québec, en 1955. Vivre et s’acclimater dans l’institution n’est pas évident pour Guy Girard, qui va vite trouver un compagnon d’évasion en la personne de Michel Bellanger. L’escapade va donner du fil à retordre au père Elphège ! J’ai beaucoup aimé le dessin d’Emanuel Moynot, dont les ambiances et les couleurs étaient vraiment très parlantes.

Enfin, Les cousins, sur un scénario de… Jean-Louis Tripp (oui, oui, monsieur Magasin général !) et un dessin de Jean-Sébastien Duberger aux couleurs très originales. Nous sommes le 1e janvier 2008 et nous allons voir comment on sait fêter le Nouvel An à Québec ! Dès les petites heures du matin, on voyage dans toute la famille, on utilise le traîneau pour transporter le plus de monde d’une maison à l’autre et bien sûr au fil de la journée, on s’imbibe au-delà du raisonnable… Tout ça paraît très répétitif jusqu’à la pirouette de fin qui m’a bien fait rire et j’ai goûté le langage parlé de cet épisode.

Cet album ne servira évidemment pas à se faire une idée construite de l’histoire de Québec mais il a le mérite de proposer quatre moments, quatre ambiances, quatre regards sur la ville et ses habitants. C’est aussi l’occasion de retrouver des dessinateurs ou des scénaristes déjà connus, dont les biographies et bibliographies sont rappelées dans une double page en fin d’album. Pour les deux dernières histoires, je n’ai malheureusement pas trouvé de planches à montrer !

Québec un détroit dans le fleuve, ouvrage collectif, Casterman, 2008

Aujourd’hui c’est Mina qui m’accompagne dans cette semaine au Québec en nous présentant le roman Les Sangs, d’Audrée Wilhelmy.

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