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Présentation de l’éditeur :

En partant de La Panne en allant jusqu’à Knokke, Marc Pasteger nous invite à remonter le fil des siècles.

Les rencontres avec des personnages du passé valent toujours le détour. La princesse Marie-José, fille du roi Albert Ier et de la reine Élisabeth, passé ses vacances à La Panne Durant la guerre 1914-1918. Alexandre Dumas ne parvient pas à apercevoir l’océan pris dans le brouillard. Émile Verhaeren trompe son épouse avec la femme d’un ami. Avant de devenir chef de la police à Paris, Vidocq participe à des trafics à Ostende. Le ballon de Guy de Maupassant s’écrase à côté de Knokke.

Siska fait de ses gaufres une institution tandis que les premiers adeptes des bains de mer sont parfois aussi des voyeurs ! Quant à certains pêcheurs, ils jurent avoir vu des vaisseaux fantômes, ou bien des sirènes…

La couverture de ce livre, signée James Ensor, a attiré mon oeil à la bibliothèque il y quelques semaines, et bien sûr, je ne pouvais que m’y plonger pour ce mois belge.

J’ai pris plaisir à lire ces récits, tantôt petites anecdotes, tantôt épisodes importants dans l’histoire de personnalités, et toutes véridiques (c’est-à-dire vérifiées par des sources diverses pour les faits historiques, ou rapportées, mises par écrit pour les légendes et autres faits hagiographiques).

Marc Pasteger a choisi de nous promener à la côte avec ordre et méthode, d’Ouest en Est : de La Panne à Knokke, en passant par « la reine des plages », Ostende mais aussi par des stations plus petites, moins célèbres ou moins fréquentées comme Le Coq, Wenduine, Mariakerke ou Damme. Aucune station balnéaire n’est oubliée, mais c’est Ostende et Knokke qui se taillent la part du lion des Flandres dans ce livre de 265 pages environ.

Ce cadre géographique posé, l’auteur se plaît à mêler les époques, les personnages, les anecdotes amusantes ou dramatiques, les légendes, les histoires mettant en scène une personne vraiment liée au lieu comme Godelieve la sainte de Gistel ou de petits épisodes où un personnage célèbre s’est trouvé à la Côte presque par hasard, comme Rimbaud et Verlaine voulant passer en Angleterre au départ d’Ostende dans leur virée de 1872.

Les personnalités de tous pays se retrouvent à la Côte : bien évidemment les premiers rois de Belgique, puisque le premier roi choisi par les Belges, Léopold Ier, arrivant d’Angleterre, pose le pied sur le sol belge à La Panne ; Léopold II est pour toujours lié au développement d’Ostende dont il dessine les plans du Thermae Palace tandis qu’il installe non loin du Chalet royal sa dernière maîtresse, qu’il finira par épouser secrètement après la mort de la reine Marie-Henriette (là, j’ai appris quelque chose qui m’a vraiment surprise !) Mais il n’y a pas que les rois et reines, belges ou étrangers, d’autres célébrités belges ou étrangères, de tous les univers foulent le sol de la côte : des écrivains comme Stefan Zweig, grand admirateur d’Emile Verhaeren, Victor Hugo, Alexandre Dumas, des chanteurs tels que Jacques Brel et Barbara (venus à Blankenberge pour le tournage d’un court métrage signé… Brel),  Soeur Sourire, Edith Piaf ou Maurice Chevallier, la future exploratrice Alexandra David-Neel, alors très jeune, les peintres Félicien Rops et bien sûr James Ensor, indéfectiblement lié à Ostende, ou encore le musicien Eugène Ysaye.

D’autres textes racontent les plaisirs et les activités maritimes : les premiers bains de mer (et les costumes de bain si… seyants), la construction du port de Damme, l’expédition du Mercator ramenant de Molokaï les restes du Père Damien… sans oublier les casinos d’Ostende et de Knokke. Roger Nellens, petit-fils du fondateur du Casino de Knokke, compta parmi ses amis Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle, qui créa une maison parfaitement habitable dans le jardin de sa villa !

La Côte belge est sans doute un lieu où Flamands et Wallons se retrouvent, se côtoient, vivent ensemble, même si ce n’est que le temps d’un séjour de vacances et je dois dire que de nombreuses anecdotes m’ont rappelé les lieux des vacances familiales de mon enfance, ce qui a donné un côté à la fois affectif et instructif à ma lecture. Et, petit clin d’oeil, finalement, ce n’est pas qu’une mode contemporaine que d’aimer la Belgique, de nombreuses personnalités étrangères l’ont fait il y a bien longtemps !

Bref, qu’il vente ou qu’il pleuve (comme souvent dans le plat pays), ces récits se dégustent – aussi au grand soleil – comme une babelutte (sorte de caramel originaire de Furnes dans le Westhoek et vendu dans toutes les boutiques de la côte) ou comme une gaufre de Siska (recette secrète transmise de génération en génération à Knokke) et ils sont ma foi fort plaisants !

Marc PASTEGER, Les plus belles histoires de la Côte belge, Racine, 2013

Je suis curieuse des Histoires insolites sur Bruxelles qui paraîtront en juin prochain.

Louis Artan de Saint-Martin, Un village de pêcheurs dans les dunes

A noter, l’expo « La mer Salut d’honneur Jan Hoet » au Musée d’Art moderne d’Ostende, jusqu’au 19 avril, une expo qui présente un choix d’oeuvres très éclectiques consacrées à la mer (Eugène Boudin, Picasso, James Ensor, …) ainsi qu’un parcours d’artistes en ville, de la gare à la plage en passant par le Thermae Palace.

Dans ce Mois belge, c’est le deuxième ouvrage de la série « Côte belge » que je partage avec Mina, qui vous présente aujourd’hui Hôtel de la mer sensuelle d’Evelyne Wilwerth.

C’est aussi un titre parfait pour le Projet Non-Fiction de Marilyne.

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