Quatrième de couverture :

Un vaillant tailleur de peaux avait l’habitude de nager seul dans un verre dont il cherchait le fond. Un jour, il a rencontré Carole, dont le sourire était un redoutable remontant. Elle a eu du souffle pour deux, le temps qu’il reprenne le sien. Carole était comme ça.

 Le couple a fait son nid en ville et attiré une ménagerie d’esseulés, des enfants de gouttière, un compteur d’étoiles, un Italien bossu et un épouvantail qui n’effrayait que lui-même. Dans un quartier où sévissaient la Dépression et l’assèchement des corps, les larmes ont coulé à grands seaux. Puis un petit scaphandrier est arrivé dans leur vie. Le temps était venu de penser à eux aussi.

 Les peaux cassées est un récit poétique tout en nuances de gris où l’espoir verdit dans les endroits les plus inusités et qui prouve à sa drôle de manière qu’en chacun de nous sommeille un jardinier.

Je me souvenais d’un billet d’Anne au sujet de ce livre. Intriguée, j’avais noté ce titre magnifique : Les peaux cassées. La quatrième de couverture tout aussi poétique et laissant présager d’un imaginaire savoureux m’a conquise. C’est donc avec joie et impatience que je me suis plongée dans ce roman de Richard Dallaire.

Je l’ai lu en quelques heures seulement, entrecoupées d’une petite promenade pour profiter d’un beau dimanche. Une fois le livre refermé, mon impression est difficile à définir : j’ai été à la fois charmée par la poésie de cette écriture et décontenancée par la noirceur de ce récit, par ailleurs extrêmement lumineux. Un paradoxe qui me laisse un peu perdue, même si, d’une certaine manière, il me semble refléter assez justement la vie en général et notre monde en particulier (heureusement, nous ne devons pas encore redouter de hordes cannibales quand nous nous promenons dans la rue).

J’ai lu un article dans lequel l’auteur se référait à Boris Vian et c’est vrai qu’il y a un peu d’Ecume des jours dans ce texte. Une femme-poisson récolteuse de larmes qui a le don du réconfort, un réparateur de peaux cassées, des enfants de gouttière… C’est un monde étrange et pourtant étonnamment familier que l’on découvre au fil des pages.

Une lecture étonnante et déstabilisante (en ce qui me concerne).

Les peaux cassées, Richard Dallaire, Alto

Québec en novembre

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