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Quatrième de couverture :

« – Apparemment, dit-elle lentement, Thomas ne sera plus en mesure de… vous savez… Je n’aurai peut-être jamais d’enfant.
– Inutile de compter les poulets avant que les oeufs n’éclosent, conseille tante Gwyneth, tout en remplissant sa tasse de café chaud.
– Il y a plus de manières de tuer un chat qu’en le noyant dans la crème, ajoute tante Olwen en faisant tourner les sablés…
Clarissa a l’étrange impression que quelque chose d’immense vient d’être suggéré. Elle regarde les tantes, qui la toisent de leurs yeux luisant d’une étrange et intelligente lueur… »
Clarissa s’ennuie à Londres et sa vie sentimentale est une catastrophe. Thomas est un veuf encore jeune, héritier d’un délicieux manoir Tudor. Le mari idéal, ou presque : il habite avec ses deux vieilles tantes, Olwen et Gwyneth. Elles ont l’air plutôt inoffensives, avec leur jupe en laine et leurs croquenots… Qui oserait soupçonner ces deux adorables vieilles chouettes de manigances diaboliques ?

Comme d’autres lectrices du Mois anglais qui ont choisi ce roman, j’ai été un peu déçue par ce roman de Willa Marsh, le deuxième traduit en français et dont on a sans doute voulu assurer le même succès que Meurtres entre soeurs en lui donnant un titre similaire. Honnêtement c’est un titre trompeur et ce livre est nettement moins pétillant que le premier. (Je dois avouer que je le savais, j’avais déjà lu des avis mitigés et je n’ai donc pas été déçue outre-mesure.)

Pour la thématique « Vieilles dames indignes » de ce jour, on est servi : deux vieilles dames, deux soeurs conspirent et complotent à garder intacte les pouvoirs une vieille demeure galloise, pouvoirs entretenus par toute une lignée de Mortimer et maison habitée par « les vifs et les morts » de la dynastie familiale. On peut dire que la maison est l’héroïne du roman, même si, bien sûr, il faut des personnages humains pour faire vivre l’histoire.

Dans les humains, à part les tantes Olwen et Gwyneth (au service de la Déesse), nous avons Thomas, le propriétaire de la maison, opportunément veuf, sa fille Megan, Clarissa, une Londonienne en mal de mari qui rencontre – opportunément – Thomas et réussit à l’épouser et Georgy, la « meilleure meilleure amie » de Clarissa. Clarissa est terriblement influençable, indécise, paresseuse et Georgy est maligne, audacieuse et sans scrupules, une parfaite manipulatrice.

Oui mais pour jouir pleinement de la maison et/ou pour assurer sa « sécurité », il va falloir à tous ces humains de l’habileté, de l’instinct, de la détermination. Et Georgy ne sera pas la seule à manipuler les autres.

Bon, il faut accepter cette intervention du surnaturel, assez prégnante, il faut accepter des longueurs, qui accompagnent les atermoiements de Clarissa et les manoeuvres des tantes et de Georgy, la fin est peut-être « too much » mais bon, ça se lit pas trop mal, il y a quand même quelques piques typiques de Willa Marsh. A vous de voir. Heureusement que je sais que les deux autres romans traduits sont mieux…

Willa MARSH, Meurtres au manoir, traduit de l’anglais par Eric McComber, Editions Autrement, 2012

L’avis de Mrs Pepys

Rendez-vous avec des vieilles dames indign(é)es aujourd’hui.

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