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Les années guerre par Claise

Quatrième de couverture :

Tout commence à Bruxelles au Vieux Schaerbeek, un café où les clients forment comme une famille. Il y a les Van Steenkiste, des gens plutôt aisés, madame Fernand et son fils, Jean-Marie, un adolescent un peu complexé surnommé le « rouquin », Marcel et Julienne, leurs filles jumelles, Hélène et Marcelle, et les amis de celles-ci, le journaliste Charles Renard, l’avocat David Zimmerman et le professeur Pierre Dessart. De 1936 à 1945, tout ce petit monde va se côtoyer dans une Belgique d’abord neutre, puis plongée dans la guerre – de la campagne des dix-huit jours à l’Occupation et jusqu’à la Libération. Mais certains connaîtront aussi l’Italie de Mussolini, l’Allemagne nazie, le front russe…

Michel Claise est un auteur de romans et de polars mais il est d’abord juge d’instruction à Bruxelles, spécialisé dans la criminalité en col blanc. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à la Foire du livre de Bruxelles sur le stand de Luce Wilquin (sa première éditrice) et c’était un bonheur de parler avec ce monsieur qui vous donne l’impression que vous êtes la personne la plus importante au monde au moment où vous lui parlez alors que vous êtes bien insignifiante face à sa carrière et son intelligence. Enfin je découvre sa plume (plusieurs livres de lui traînent dans ma PAL) avec le début de cette saga belge (trois volumes en sont parus pour le moment) que j’ai dévoré assez rapidement.

Michel Claise a manifestement l’art de raconter des histoires et il s’est bien documenté pour narrer les vies de ses personnages, qui gravitent autour du café Le vieux Schaerbeek.

Marcel et Julienne Leroy, un couple uni, lui comptable revenu de la guerre 14-18 les poumons endommagés, elle couturière élevée socialement par son mariage et très soucieuse des apparences mais finalement mère aimante avant tout. Leurs filles, des jumelles, la belle Hélène qui épousera un prof de latin et de grec idéaliste mais peu doué pour l’action, et l’ensorcelante Marcelle qui cherche la liberté dès l’adolescence et vivra des aventures et des amours à la fois mystérieuses et tapageuses.

Le journaliste Charles Renard qui deviendra chef de réseau dans la Résistance. Les Van Steenkiste qui passeront la guerre bien au chaud grâce à la boucherie familiale qui vend de la viande aux Allemands. L’avocat David Zimmermann qui choisit l’exil en Suisse pour mieux aider, croit-il, ses frères Juifs pourchassés dans toute l’Europe. Le jeune Jean-Marie qui participe à la campagne des dix-huit jours (au bout desquels la Belgique capitule) et qui s’engagera ensuite dans la légion de Degrelle par dépit amoureux…

Autant de personnages qui incarnent différentes manières de vivre la guerre, de choisir comment réagir face à la violence, à l’antisémitisme, et qui vivent leurs histoires avec leurs grandeurs et leurs failles, leurs désirs et leurs peurs intimes. J’ai été très intéressée par le travail de David Zimmermann en Suisse et par ses réactions quand il découvre la réalité des camps, j’ai été émue par le destin de Pierre et passionnée par les jumelles Hélène et Marcelle, cette dernière étant particulièrement attachante dans son parcours ambigu. Michel Claise aime ses personnages, il ne les juge pas, on sent sa connaissance de l’humain à travers eux.

Plusieurs de ces personnages se croisent dans la salle des pas perdus de la gare du Midi à Bruxelles, leurs destins individuels se dessinent sur l’histoire de la Belgique et je les retrouverai avec plaisir dans la suite de leurs aventures après la guerre, dans Les années Paix (qui ne furent pas une partie de plaisir en Belgique).

Michel CLAISE, Les années Guerre (Salle des pas perdus I), Genèse éditions, Collection Poches belges, 2020 (Luce Wilquin, 2007)

Le Mois belge 2021 – Catégorie Esperluète et Impressions nouvelles / Et tout tourne autour de Bruxelles.