Quatrième de couverture

Elle s’est mise au tango en pensant y trouver un équilibre. Finalement cette activité, qui bien vite devient une passion nécessaire, fait tanguer son existence en en devenant le centre mouvant : toujours le rythme, la proximité des corps, la sueur, les odeurs, la séduction, l’ivresse et la maîtrise. Les journées ne se passent que dans l’attente des soirées.

La narratrice noie sa vie dans les milongas et perd le fil de son existence diurne en même temps que la fascine toujours plus la sauvage intensité de la danse. Jusqu’au jour où l’une des reines de ces nuits argentines disparaît en même temps que son amant, qui semblait tenir à elle brutalement.

Ce premier roman étonnant à l’écriture singulière, tantôt heurtée, tantôt souple et langoureuse, pose le tango en symbole de toutes les tentations et addictions de l’existence. Un texte intense et audacieux, qui s’éprouve comme un corps à corps.

J’avais déjà essayé de lire ce texte, sans succès. Sa réédition en poche (avec une très jolie couverture) conjuguée au mois belge m’a convaincue de faire une nouvelle tentative. En ouvrant le livre au hasard, je suis tombée sur un passage qui m’a beaucoup touchée et m’a encouragée :

Lou comptait les jours où rien ne se passait, où rien ne s’était passé, sans y parvenir, tant ils étaient nombreux et se ressemblaient. Nous sommes plusieurs, à connaître l’angoisse des jours qui passent, comptés, décomptés, lorsque chaque jour qui finit est une chance de moins, lorsque c’est de mort lente que meurt le possible, et qu’insensiblement, il donne dans son contraire qui n’est pas l’impossible mais le rêve, puis la rêverie, puis plus rien. Chaque jour où rien n’arrive nous éloigne du jour où quelque chose pourrait puis aurait pu arriver. Nous rêvons dans l’ombre de nous-mêmes. Ce que nous attendons devient ce qui nous attend. Plus nous avançons, plus la vie nous fuit.

J’ai donc repris ma lecture et, dès les premières phrases, j’ai à nouveau été dérangée par cette écriture heurtée. Je me suis tout de même accrochée et j’ai réussi à aller jusqu’au bout, prenant du plaisir pas moment, reconnaissant la qualité de l’écriture et du texte, mais restant malheureusement toujours le plus souvent à l’écart. Ne parvenant pas à entrer totalement dans cet univers clos de tango. Dérangée, oppressée parfois.

Un bon roman, certes, mais dont je ne suis pas parvenue à apprécier au mieux toutes les qualités.

Caroline De Mulder, Ego Tango, Actes Sud (Babel), 2015

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