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Quatrième de couverture :

Depuis qu’il a débarqué au port d’Harwich en 1937, Jack Rosenblum, un mètre cinquante-cinq de ténacité pure, entend devenir un véritable gentleman britannique. Durant quinze ans, ne ménageant ni sa peine ni son temps, il a rédigé un guide exhaustif des us et coutumes de son pays d’adoption. Il sait que la marmelade s’achète chez Fortnum & Mason ; il connaît par cœur les noms de tous les rois d’Angleterre, considère le bulletin météo de la BBC comme le moment phare de sa journée et ne parle plus allemand, sauf pour proférer des jurons.
Malgré toute sa bonne volonté, son désir de se fondre parmi les sujets de Sa Royale Majesté se heurte à des obstacles. Notamment à la force d’inertie de son épouse Sadie, qui refuse obstinément de renier leurs origines, de tirer un trait sur leurs traditions, la recette de la Baumtorte, leurs amis d’autrefois, et ce monde juif allemand, anéanti, qui était le leur. 
Jack reste pourtant persuadé d’avoir trouvé sa patrie. Pour que se réalise son rêve d’assimilation, il lui reste une seule épreuve à surmonter : devenir membre d’un club de golf à Londres. On ne veut pas de lui ? Qu’à cela ne tienne, il quittera la capitale pour s’installer à la campagne, entre les cochons et les jacinthes, et entreprendra de construire son propre green sur la colline de Bulbarrow…

Voici un roman à classer dans la catégorie de ceux qui font du bien ! Pourquoi ?

Parce que Jack et Sadie Rosenblum sont deux personnages attachants, pas toujours sympathiques mais le chemin qu’ils parcourent tout au long du roman force l’admiration. Tiens, un peu comme un parcours de golf avec ses différents obstacles et les bunkers où on finit ensablé mais aussi les jolies lignes droites où la balle roule idéalement vers le trou (le numéro 5, le préféré de Jack) sur un gazon anglais parfaitement entretenu.

Parce que le rêve de Jack de devenir un parfait citoyen britannique est un peu pathétique mais ses listes nous offrent tant d’anecdotes cocasses qui nous donnent le sourire (et même le fou-rire en ce qui me concerne… ah ce fameux cochon laineux du Dorset…) qu’on ne peut pas lui en vouloir très longtemps. Même si ce désir d’assimilation à tout prix occulte complètement son passé allemand, une sorte de déni de ce qui est arrivé aux Juifs allemands qui n’a d’égale que la douloureuse nostalgie de Sadie. Mais son opiniâtreté à franchir tous les obstacles pour construire son golf, son instinct à rebondir sans cesse, son optimisme à toute épreuve, même contre un antisémitisme rampant dans l’Angleterre des années 1950, méritent le respect.

Parce que c’est un roman sur l’amitié, oh pas une amitié classique : celle qui démarre d’abord par l’observation goguenarde de Jack par Jack Basset et Curtis, notamment, de vrais hommes du Dorset qui connaissent les légendes du village qui remontent à la nuit des temps et qui ne boivent pas que du jus de pomme ! Les vrais Anglais, ceux du Dorset, qui finiront par adopter Jack « Rose-in-Bloom » avec une belle solidarité tandis que les dames de Pursebury Ash se laisseront charmer par les gâteaux de Sadie et son idée de couronner la reine du village le jour où Elizabeth II sera couronnée Reine d’Angleterre.

Parce que c’est un roman sur les charmes de la campagne anglaise au fil des saisons, une campagne qui, comme la Baumtorte, met du baume sur les chagrins, apprivoise les souvenirs et finit par réunir Jack et Sadie au terme d’une périlleuse expédition hivernale.

Parce que Natasha Solomons s’est inspirée de ses grands-parents pour écrire ce roman et que cela le rend d’autant plus touchant.

Voilà quelques raisons qui me font donc classer ce roman dans la catégorie « roman qui fait du bien », qui nous dit qu’il faut toujours croire en ses rêves. Je suis vraiment ravie de l’avoir sorti de ma PAL en ce Mois anglais que je termine ainsi de bien belle façon !

Natasha SOLOMONS, Jack Rosenblum rêve en anglais, traduit de l’anglais par Nathalie Peronny, Calmann-Lévy, 2011 (et aussi au Livre de poche)

L’avis de Kathel, de Keisha et d’Hélène

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