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Je me souviens
de poèmes sauvages
peu nombreux
telles des plantes nouées
qui naissent
sous la véranda
je les récite
sans bouger les lèvres
sous l’eau
ma peau a changé
je ne crois pas aux baisers

Des jours entiers
à fouiller
dans les cendres
volantes

J’arrache un poème
sur le dos
de l’inhumanité

La violence
possède aussi
un déguisement
c’est l’esprit
de nouveauté

J’ai cru dormir un instant
un miracle se produisait
je courais
en suivant des pistes de loups
le temps était aussi complexe
que lumineux
mais c’est faux
je ne dors pas
la fatigue
ne m’atteint plus

Élise TURCOTTE, Sombre ménagerie, Éditions du Noroît, Montréal, 2002

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